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3° Colopexie. — On voulut faire mieux et c’est alors que Wollmer, Roux de Brignoles tentèrent, pour amener une guérison entière et définitive, de faire des colopexies. Ils pensaient en effet que la portion de l’anse dilatée écrase la portion inférieure de l'intestin normal ; que de plus cette anse considérablement dilatée a tendance à se couder et à se tordre et qu’il suflit de soulever et de déplisser l’anse ditatée pour voir le cours des matières se rétablir. C’est alors qu’ils eurent l’idée de fixer l’intestin, l’un à la fosseiliaque, l’autre au niveau de l’angle côlique ; enfin Schwartz suture le côlon transverse à la paroi. Cette méthode donne, entre les mains de ces auteurs, des résultats satisfaisants puisque Wolmer revoit son malade douze ans après et que la guérison s’est maintenue et Schwartz, trois ans après, el son malade ne présente plus de troubles. Le seul incon-
vénient sur lequelinsiste Duval,c’est de laisser sur le tube digestif un segment dilaté de mobilité compromise,
Disons toutefois que, malgré cet inconvénient, la colopexie est une opération qui, chez les obstrués, rendra de grands services car elle ne comporte pas beaucoup de risques et elle donne des guérisons durables.
4 Coloplicature. — Cette opération consiste à passer des fils tout le long de l’anse dilatée et à réduire ainsi la lumière du canal. Cette méthode, sur laquelle a beaucoup insisté Pozzi, donne de bons résultats,et nous ne saurions trop la conseiller, à con-
dition toutefois dela compléter par une colotomie, car elle n’agit que sur la distension et n’a aucune action sur l’obstruction colique.
5° Colotomie. — La colotomie pratiquée par Brook, Hawkins et Tuffier a pour but d'extraire du côlon un fécalome et de faire une suture intestinale secondaire avec rétrécissement de la dilatation.
Cette méthode qui nous semble parfaite puisqu'elle s'adresse à toutes les modifications qu’a subies l'intestin au cours du mégacôlon, semblait devoir répondre à tous les desiderata, Malheureusement son application ne fut pas si heureuse que ce que semblait devoir faire espérer la théorie. En effet, elle comporte de gros aléas et,soit que sa technique ait été mal observée par les auteurs qui l'ont employée, toujours est-il que sur 5 cas elle a donné » morts. Brook guérit son malade mais la guérison pour être entretenue exigea un massage quotidien et un purgatif hebdomadaire. Tuflier après avoir extirpé le fécalome, constata une amélioration passagère, mais passagère seulement etqu il fut obligé de compléter par une enléro-anastomose. Blanc fut plus heureux, et c’est à proprement parler la seule guérison que donna celtie méthode,car les deux autres auteurs perdirent leur malade. |
6° Côlotomie. — La côlotomie, qui fut pratiquée par Gourévitch et Wolmer, Schuckmann, ne peut être considérée que comme une opération d'urgence et le temps préliminaire d’une opération plus complexe. Malgré son apparence de bénignité les résul-.
tats qu’ellea donnés sont mauvais. La mortalité en effet est considérable, car l’exécution en est difficile en raison même de l’immense dilatation intestinale, en raison de l’épaisseur considérable des parois et en raison de la tendance qu'à cette anse dilatée à s’extérioriser. Ajoutons à cela que c'est une opération qui crée une infirmité permanente et peut devenir chez certains malades, le point de dèpart de troubles psychiques (hypochondrie, mélancolie) qui les conduisent jusqu’à l'asile, prédisposés qu'ils sont déjà par leur maladie. C’est pourquoi certains auteurs ont préconisé l’appendicosiomie, opération bénigne et plus rapide.
7° Entéro-anastonose. — Les inconvénients de toutes ces opérations semblaient devoir disparaître par l’anastomose qui fut tentée pour la première fois par Bureau. Elle consiste à anastomoser deux anses intestinales prises en deçà et au delà de la dilatation.
Six entéro-anastomoses furent pratiquées; il y eut cinq guérisons et une mort par péritonite. Lejars, Guinard et Moustin préfèrent anastomoser l'iléon avec l’anse sigmoïde et réaliser l'’iléo-sigmoïdostomie. Cette méthode leur a donné trois excellents résultais ; les seuls inconvénients, c'est que souvent ces malades ont une diarrhée incoercible et qu'on est obligé de les lavementer et de les purger afin que les matières ne refluent pas vers l’anse dilatée et ne constituent là une tumeur stercorale de gros volume sur laquelle où n'aura plus d'action. C'est en raison
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de ces faits qu’on tenta de faire davantage et que l’on fit des résections intestinales.
& Résection intestinale. — Duval et Grégoire résèquent toute l’anse dilatée et font des anastomoses latéraux-latérales pour rétablir le cours des matières. Dans l'observation de Duval, la colectomie est presque fatale ; dans l'observation de Picqué et Grégoire, il ne s'agit que d’une résection partielle, mais néanmoins, la portion enlevée représente un volume considérable, comme on pourra s’en rendre compte en lisant notre observation. |
En résumé,de nombreuses opérations ont été proposées pour traiter le mégacôlon et remédier aux troubles que produit cette affection, et leur grand nombre montre que pas une seule ne répond à tous les desiderata, aussi nous avons montré les avantages et les inconvénients de chacune d'elles et nous pensons qu'elles ne doivent pas s’exclure l’une de l’autre ; que certaines d’entre elles peuvent donner de très bons résultats suivant les indications. Et pour cela nous diviserons en trois catégories les malades qui présentent la maladie de Hirschsprung ;
. Les constipés ;
Les obstrués ;
Les porteurs de tumeur abdominale.
Chez les constipés, les opérations qui conviennent sont la colopexie, la coloplicature et l’exclusion par abouchement iléo-sigmoïdien.
Chez les obstrués, on s’adressera à la colotomie pour faire disparaître un stercorome ou à
l’entéro-anastomose pour rétablir le cours des matières.
WCOReEZ les porteurs de tumeur abdominale, c’est la colectomie qui sera l'opération de choix.
En résumé,il n’y a pas un traitement chirurgical de la maladie de Hirschsprung, mais il y a des traitements,