‹ Contribution à l'étude de la Maladie de HirschsprungChapitre 4 sur 106 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

On donne ie nom de mégacôlon à une maladie caractérisée anatomiquement par la dilatation du côlon avec allongement et épaississement de ses tuniques et, cliniquement, par des troubles d’obstruction intestinale. | |

Cette maladie, qui, pendant longtemps, resta englobée dans le cadre de la constipation opiniâtre des nourrissons dont elle représentait les cas les plus extrêmes, les plus graves de la constipation congénitale, n’a été isolée et n’a pris vraiment place dans le cadre nosologique que depuis la belle description qu'en a donnée Hirschsprung dans son mémoire Sur la dilatation hypertrophique congénitale du côlon ou mégacôlon. Dans son premier mémoire, il rapporte l’histoire de deux enfants dont l’un mourut à onze mois, l’autre à sept mois, et qui présentaient depuis leur naissance une constipation opiniâtre et du météorisme, météorisme si considérable que, dans le second de ces cas, il nécessita une ponction capillaire de l'intestin. Il n'y avait pas de rétrécissement dans la portion de l'intestin accessible à la sonde œsophagienne.

Le premier enfant mourut de cachexie progressive et le second de côlite aiguë avec ulcérations multiples ; mais ce qui avait frappé cet auteur, c’est que dans ces deux cas, et un autre qui se termina aussi par la mort, ilretrouva à l'autopsie les mêmes lésions, c’est-à-dire distension considérable du côlon avec épaississement très marqué des parois de l'intestin.

Mais, si à Hirschsprung revient l'honneur d’avoir isolé cette affection et d’en avoir fait une entité morbide, il n’en est pas moins vrai que de nombreuses observations avaient été publiées avant son mémoire et qui étaient certainement des cas de mégacôlon.

C'est ainsi que vers le xvure siècle, Ruysch avait publié sous le nom de Ænormis intestini coli dilalatio une observation très détaillée d’un cas où on retrouve parfaitement l’histoire d’un mégacôlon.

Mais, à la vérité, les observations publiées sont infiniment rares et la dilatation idiopathique du gros intestin est encore une découverte d’autopsie qui étonne et surprend.

Ce n’est que vers 1850, que les observations de Mégacôlon apparaissent plus rapprochées ; comme publications, c’est en effet à celte époque que Bankes et Favalli observent des malades atteints de de cette affection.

En 1891, Porro cite l'observation d’un nouveau né qui peut être rangé parmi les observations de Mégacôlon et,après quelques observations de Peakok, Chapman, Gée, Goume, chez des adultes, nous arrivons enfin au premier mémoire de Hirschsprung en

1884 et la maladie est alors bien étudiée et bien caractérisée ; c’est alors que les cas se multiplient, Bristove.,Futtrer,Schcadle en publient de nombreux cas. Celte maladie semble passionner alors tous les esprits, car on rapporte à ce moment un assez grand nombre d'observations. En 1894,Mya dans Sa Spérimentale fait de cette affection une étude tellement approfondie et complète sous le nom de Mégacôlon congénital, qu'on lui donne aussi le nom de maladie de Mya.

La même année paraît dans le Britisch Médical Journal un article très documenté par Wal'er et Griffiths. Plus près de nous, signalons les différents travaux qui ont encore contribué à mettre tout à fait au point cette question et à établir nettement quel en était le traitement de choix.

Marfan, dans le Traité des Maladies de l'enfance. monire q :elle est la grosse importance du symptôme constipation, puisqu'il décrit cette maladie au cours de son article constipation. ;

Trêves. Fitz, Fenvick rassemblent des observations sur la question.

En 1903,Duval publie dans la Reoue de Chirurgie, un article sous le nom de Dilatation idiopathique du gros intestin, article qui constitue certainement la meilleure étude qui ait été faite sur cette maladie.

Guinon, en 1907, fait une communication à la Société Médicale des Hôpitaux et Tuffier, en même temps, à la Société de Chirurgie. En 1910, Guinard

—— 14 = consacre un long article dans le traité de Le Dentu- Delbet.

Signalons les thèses de Chassagnard, Calmet et Culan.

Et enfin, ces derniers mois, rappelons le rapport très documenté de notre maître, le D' Picqué, à l’'occassion de deux observations, l’une de Pierre Duval, l'autre de notre maitre, le Dr Grégoire ; observations de malades traités et guéris par la colectomie.

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