‹ Contribution À L'Étude De La Maladie Osseuse De PagetChapitre 4 sur 21 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L'étude de la maladie de Paget ne comporte plus guère d'obscurités qu’au point de vue de l’étiologie et de la pathogénie de cette singulière affection.

Cliniquement, elle est sortie, peut-on dire, tout entière du cerveau de l’éminent médecin anglais qui l’a décrite et dont elle porte le nom.

Dans la communication mémorable par laquelle Sir James Paget fit connaître à la Médico chirurgical society de Londres, en 1876, qu’il venait de découvrir un cas fort curieux d’ostéite déformante progressive, dans cette communication, en effet, se trouve le tableau complet et désormais classique des modifications d’aspect, de structure, d’architecture, imposées au squelette par les altérations osseuses que conditionne cette « espèce » d'ostéopathie dystrophiante.

On trouve aussi dans la communication de J. Paget une notation très exacte des lésions histologiques de l'os par son collaborateur Butlin et encore, une analyse chimique des os due au docteur Russel.

Les travaux ultérieurs n’ont infirmé aucune des constatations faites par sir James Paget et ses collaborateurs.

Ils ont seulement apporté des renseignements complé-

mentaires et surtout enrichi nos connaissances de notions nouvelles tirées de l’examen radiographique.

C’est ainsi que Lévy et Londe (1908), Hudelo et Heitz (1910), et surtout André Léri et Legros dénoncent le processus qui ruine en paraissant la consolider, la charpente osseuse et définissent les traits par lesquels se stigmatise l’ostéopathie pagétique dans le groupe des affections dystrophiantes des os.

Mais en regard de cette précision symptomatique, quelle incertitude étiologique!

Des faits, sans doute, des amas de faits, mais d’une causalité ténue ou contestable!

Aucune affirmation possible, sinon en vertu ou à défaut d'une coïncidence. .

La syphilis est-elle en cause, comme le veulent Fournier et Lannelongue ? — Agit-elle directement ou indirectement? — Faut-il incriminer une intoxication acide? —— Le système nerveux, l'appareil vasculaire, sont-ils respon-

sables de l’ostéopathie? — Quelle est la part des glandes endocrines ?

Autant de réponses, autant d'hypothèses.

Il n’est pas dans notre intention, en consacrant ce travail à la maladie de Paget, d'apporter avec nos observations une solution aux problèmes que nous venons d'évoquer.

On en est réduit à choisir entre des hypothèses. Celle à laquelle nous avons été conduit est, comme les autres, une hypothèse dont la vérification exi

gera l'apport de nombreux faits analogues.

Dans un pareil débat, il nous a semblé malgré tout qu’il était intéressant de verser les documents que nous avions pu

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