‹ Contribution à l'étude de la mammite streptococcique de la vacheChapitre 7 sur 45 · III. — Symptômes · texte numérisé non relu

III. — Symptômes

Dans sa forme la plus fréquente la mammite streptococcique évolue à l’état chronique et ce n’est que très exceptionnellement qu’elle revêt la forme aiguë ou subaiguë.

Nous étudierons successivement ces diverses manifestations de la maladie.

a) FORME CHRONIQUE

Les symptômes généraux font ici le plus ordinairement défaut.

Dans les observations que j’ai relatées à la fin de ce travail, on sera frappé par ce fait que les animaux ne présentent aucune élévation de leur température.

La santé générale ne paraît pas être affectée ; on peut seulement noter quelquefois une certaine difficulté à l’engraissement.

Au début, la quantité de lait ne paraît pas modifiée, mais l’infection s’insinue sournoisement dans la glande et on assiste peu à peu, à chaque traite, à une diminution de la quantité dans un ou plusieurs quartiers.

À première vue ce lait ne semble pas altéré, mais si on le laisse livré à lui-même, il coagule plus rapidement que lorsqu'on a affaire à du lait normal et sain.

À ce moment, la clinique est encore incapable de poser un diagnostic certain sans le secours du laboratoire ; seul un trayeur consciencieux est susceptible de soupçonner le mal et de le dépister. Mais dans la plupart des cas le producteur ne voit rien et c’est l’industriel ou le consommateur qui s’aperçoit le premier de la mauvaise qualité de la marchandise qui lui a été livrée.

Les fromagers surtout sont les mieux placés pour juger des effets nocifs des laits de mammites, car ces

laits coagulent moins bien sous l’action de la présure, le rendement est moins bon et les fromages fabriqués sont moins appréciés parce que de qualité nettement inférieure.

Le symptôme local qui apparaît ensuite est la formation, au-dessus du trayon, dans l’épaisseur et à la base de la glande, d’un noyau qui est au début de la grosseur d’une noix. Noyau qui grossit lentement, pour devenir du volume d’un œuf et même d’une pomme. Généralement ce noyau est unique ; cependant, quelquefois, on peut en rencontrer deux. Le trayeur dit alors « que la mamelle se noue ».

Ce « nœud », de forme arrondie, ou ovoide, souvent mal délimité dans sa périphérie, fait corps avec la masse glandulaire. Il est entouré d’une sphère légèrement œdémateuse.

Le caractère essentiel de la mammite chronique est l'absence complète de douleur et de chaleur locale.

Cette sclérose du tissu glandulaire progresse avec une extrême lenteur.

L'augmentation du « nœud » est insensible au bout de plusieurs semaines ; et, quelquefois, plusieurs mois après, linduration du quartier atteint ne porte que sur un tiers de son volume.

Sitôt que la nodosité devient perceptible, le lait perd son aspect normal pour devenir plus séreux. Lorsqu’on le verse d’une certaine hauteur, comme le font certains ramasseurs pour apprécier empiriquement la teneur en matière grasse, il paraît plus aqueux. On a l’impression d’avoir affaire à du lait mouillé,

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