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CHAPITRE V

Pronostic et indications thérapeutiques fournies par la marche de la paralysie générale.

Nous n'avons pas ici à donner le pronostic de la paralysie générale ni le traitement de la maladie. On sait que la démence paralytique est considérée comme incurable et que les cas de guérison rapportés par les auteurs sont le plus souvent des cas de rémissions plus ou moins complètes et plus ou moins durables. Ge que nous avons déjà exposé nous permet d’être très bref sur le pronostic fourni par la marche de la maladie.

Lorsque les troubles de la motilité et les troubles intellectuels apparaissent et se développent simultanément, la marche de la maladie est lentement progressive. La paralysie genérale suit alors la marche que nous avons pu appeler classique : on cherche à enrayer les acidents en soutenant les forces du malade par des toniques et une bonne alimentation ; en même temps on s'efforce de prévenir les phénomènes congestifs, et l’indication principale est de combattre la constipation qui est fréquente, surtout à la dernière période et quand le dément paralytique mange gloutonnement et sans màcher convenablement les aliments, la durée habituelle de l'affection est dans ces cas de trois à quatre ans.

Lorsque la marche de la paralysie générale est irrégulière, le pronostic s'aggrave si les troubles de la motilité précèdent les troubles intellectuels, parce que nous avons vu dans ces cas la marche s’accélérer et les accidents congestifs se succéder les uns aux autres. Dans le cas, au contraire, où les troubles intellectuels apparaissent les premiers et dominent la scène pathologique, on peut espérer conserver le malade pendant un temps beaucoup plus long,

Nous ne venons pas ici formuler une loi précise, mais exposer ce que nous avons observé. Quant à indiquer pourquoi dans un cas la marche de l'affection s'accélère; pourquoi dans l’autre cas elle se ralentit, nous ne pouvons donner qu’une hypothèse. La démence paralytique est une sclérose du cerveau ; le tissu lamineux vient comprimer les éléments nerveuxde l’encéphale, et ceux-ci s’atrophient et subissent une dégénérescence graisseuse; or, suivant la localisation de la lésion les symptômes peuvent varier. Non seulement le cerveau est atteint dans la démence paralytique, mais encore on observe des altérations de la moelle épinière, du bulbe et des ganglions du grand sympathique. Si la lésion débute par les circonvolutions frontales et reste localisée longtemps à ces circonvolutions, les complications peuvent être moins fréquentes que si la lésion s’étend aux ganglions centraux et au bulbe. Nous avons fréquemment rencontré dans les autopsies l’aspect chagriné des ventricules latéraux et du 4° ventricule. Dans ces cas la lésion avait évidemment atteint des parties dont l'intégrité est nécessaire à la vie.

Lorsque la marche est ralentie, la seule indication est de soutenir les forces du malade ; lorsque la marche au contraire est rapide, il faut surtout combattre les accidents congestifs. Nous avons vu dans ces cas que les révulsifs donnaient dés résultats avatageux. Nous avons eu comme exemple un malade atteint à diverses reprises d’attaques épileptiformes. Les accidents avaient été conjuré en administrant dès le début de l’attaque le lavement purgatif du codex. La famille du malade insiste pour le reprendre parce qu’il paraissait tranquille ; quelques jours après il succombait à une ‘attaque, et nous avons la conviction que des soins intelligents auraient pu prolonger encore la vie de ce malade. Dans plusieurs autres cas où la mort nous paraissait imminente, nous avons vu le malade revenir à la vie après l’application d’un vésicatoire à la nuque, lorsque le lavement purgatif reste sans effet.

Nous n’insisterons pas sur ces indications thérapeutiques, car déjà nous sortirions de notre sujet en développant le traitement des complications de la paralysie générale.

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