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CHAPITRE III

Les Diurétiques d’origine minérale

Nous avons vu que l’usage des diurétiques d’origine minérale remonte à la plus haute antiquité. Le nitre ou azotate de potassium à été utilisé de tous temps. Nous avons vu également que ce sont les substances dont nous connaissons le mieux le mode d’action. Nous étudierons successivement l’eau, les éléments modificateurs de l'équilibre minéral et enfin le mercure.

L'eau (l’eau distillée elle-même), augmente non seulement la masse sanguine, mais excite aussi l’épithélium rénal (Lamy et Mayer). L'eau cependant ne semble pas agir sur les modifications du métabolisme aqueux et bien souvent la diurèse, obtenue après ingestion d’une certaine quantité d’eau ne semble témoigner que de lélimination rapide du liquide ingéré. C'est alors plus une épreuve qu'une therapeutique. Un grand nombre de tisanes dites diurétiques ne semblent agir du reste que par leur excipient aqueux. Néanmoins le Professeur Cas-

‘taigne a constaté, après avoir soumis des malades

à Ja diète hydrique pendant quelques jours, une baisse très appréciable de l’urée sanguine. Mais cette diète hydrique ne doit pas être vontinuée plus de trois jours, car il se produit rapidement une desassimilation de l'organisme, une autophagie d’où résulte une nouvelle augmentation de l’urée sanguine.

Nous avons vu toute l'importance de l'équilibre minéral dans le métabolisme de l’eau. La première médication, sinon basée sur ce principe du moins l’utilisant inconsciemment, est la diète déchlorurée préconisée par Widal et ses collaborateurs Lemierre et Javal en 1908. C’est encore la médication diurétique la plus largement employée et nous n'avons pas besoin d’insister pour en montrer les avantages immenses en dépit de quelques inconvénients sur. lesquels on n'a attiré l'attention que tout dernièrement. (Le régime déchloruré est susceptible de provoquer une augmentation du taux: de l'urée sanguine. Îl existerait une azotemie par manque de sel. Pasteur, Vallery, Radot, Rathery, Léon Blum).

Le régime déchloruré est le type même de la thérapeu: tique diurétique interstitielle et si son mécanisme peul être discuté, si ses indications peuvent être limitées, elle n’en reste pas moins une des armes les plus puissantes que nous possédions contre la rétention aqueuse.

Les sels de potassium, azotate, acétate et chlorure agissent dans le même sens. Nous avons vu que leur utilisation directe et indirecte (à l’aide des végétaux dont le CO3 K2 se transforme dans l'organisme en KCL) est très ancienne. À la fin du siècle dernier Bunge a montré

que l’ingestion de quantités abondantes de sels de potas-

A en

stum augmentait l'élimination des sels de sodium. Il en a conclu que le potassium déplaçait le sodium dans l’organisme. Ainsi les sels de potassium par une voie indirecte agissent sur la diurèse par déchloruration ou plus exactement en remplaçant l'ion Na facteur d’œdème par l'ion K: En pratique Blum prescrit les sels de Potassium à une dose variant de 7 gr. 5o à 15 gr. par jour.

Tout à fait analogue est le mécanisme d’action des sels de calcium. Nous ne reviendrons pas sur les travaux de L. Blum qui en montrant leur mode d'action a remis en honneur l'usage des sels de potassium et a introduit celui des sels de calcium dont le chlorure semble le plus actif. Dans le même sens semblent agir les sels de strontium. Au point de vue pratique les sels de calcium doi. vent avant tout retenir l'attention. Administrés par la bouche à dose suffisamment forte (au moins 10 grammes) ils relèvent considérablement la diurèse et d’une façon assez prolongée. L'effet diurétique du chlorure de calcium, cependant, est loin d’être constant et parfois malgré de haute doses il est insignifiant.

Les diurétiques mercuriels occupent une place tout à fait à part parmi les diurétiques d’origine minérale. Nôus avons vu qu'après Paracelse cette propriété du calomel fut complètement oubliée. Jendrassiken 1886 tire ces faits de l’oubli et à sa suite le calomel est employé dans les œdèmes cardiaques par Huchard, Rosenheim et par G. Sée. L'utilisation du cyanure de mercure, plus tard, montre que ce sel possède des propriétés diurétiques encore plus marquées. En Allemagne Saxl et Heiling uti-

lisent dès 1920 des composés organiques : le salycilate

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de mercure et un dérivé cyclique le novasurol. À partir de 1923 c'est surtout le salyrgan qui est employé et tous les cliniciens sont d'accord pour en vanter les puissants effets diurétiques. En France on prépare un produit connu sous le nom de 44o-B ou Neptal. L'action de ces composés mercuriels semble très puissante. Une injection de 1 ce. de Neptal déclanche une diurèse très abondante. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître qu'aucun des diurétiques connus jusqu'ici ne donne des débâcles aussi rapides et aussi abondantes. Mais on peut reprocher à ces produits l'incertitude de leur action, leur effet passager et enfin leur haute toxicité interdisant un emploi prolongé et risquant de provoquer des aggravations. Aussi les contrindications sont nombreuses et nous y reviendrons. Le mode d’action des composés mercuriels est très discuté. Schmiedl les range parmi les diurétiques tissuläires. Ils pourraient agir par l’intermé diaire du foie, le mercure provoquant une surproduetion d'urée, (Haig et Locke) Cohnstein leur attribue une action nerveuse car ils n’agissent sur le rein perfusé que si celui-ci a conservé ses connexions nerveuses. Pick et Molitor leur attribuent un pouvoir de désimbibition des albumines du sang et des tissus. Blum pencherait plutôt pour une action rénale directe en raison de l'affinité du mercure pour le rein. fl exciterait le rein à petite dose el l’attaquerait à dose plus forte, Lœper tend à admettre un mécanisme mixte comme pour Ja plupart des diurétiques.

D'une façon générale les diurétiques minéraux sem:

blent modifier avant tout le facteur extra-rénal, ce que

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lon désigne d’un terme volontairement vague : Phye drophilie des tissus. Aussi sont-iis surtout indiqués dans

ICRA RE RENE D Le 5 Eee = les troubles de la diurèse dont la cause n’est pas une lé: ; Pie Sion, Télé. rte PR HSE A LE re)

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