INDICATION DES DIURÈTIQUES ET CHOIX DU MÉDICAMENT
Les indications de la médication diurétique se sont limitées ,nous l’avons vu avec les progrès de la thérapeutique. Actuellement la plus importante de ces indications semble être avant tout les troubles du métabolisme de l'eau : les œdèmes. Bien que nos connaissances con- cernant la pathogénie des œdèmes soient en pleine évolution, il nous est nécessaire de distinguer provisoire ment des œdèmes cardiaques, rénaux et hépatiques. Cette division est uniquement clinique et ne répond peut-être à aucune conception pathogénique, mais leur physiopathologie ne semble pas encore suffisamment élucidée . pour servir de base à une classification pratique. |
En dehors des œdèmes, les maladies infectieuses aigües semblent constituer une des indications importantes de la médication diurétique. La sécrétion urinaire est un fac-
teur important de l'élimination des toxines microbiennes,
Mais sous prétexte de désintoxiquer le malade il nous semble peu logique de lintoxiquer par un diurétique à action douteuse, En dehors de la digitaline à doses faibles qui en même temps soutiendra le cœur, il n'y à guère que le régime lacté où mieux le lacto-sérum qui nous semble indiqué.
Dans les néphriles certains diurétiques sont sévèrement proscrits, comme le mercure, l'urée, les sels de potassium. D'autres semblent être dénués d'action comme les
diurétiques interstitiels. Trois méthodes trouvent iei leur
indication principale ici : la cure de déchloruration, théobromine et le lait. Les travaux de Widal ont montre l'action du régime déchloruré ; les azotémies par carence en chlore ne doivent pas apporter de restrictions à l'usage modéré de cette méthode. Il conviendra néanmoins de surveiller la déchloruration par le dosage du chlorure de sodium et de l’urée du sang. L'action du régime déchloruré est rapide et il nous semble inutile de prolonger I cure si ses effets ne se manifestent pas au bout de quelques jours. Il en est de même pour la théobromine qui n'agit guère au de-là de 5 jours. La scille peut parfois être indiquée surtout en cas de retention azotée. Le régime lacté est l'adjuvant classique du traitement des néphrites. Le lacto-sérum peut même figurer dans un régime hypoazoté car sa teneur en albumine est négligeable. Il remplace avantageusement la diète hydrique ear il met le tube digestif à un repos «ussi complet que l'eau ct son pouvoir diurétique est beaucoup plus important. Les œdèmes cardiaques relèvent avant tout des toni-
cardiaques. Il est d'usage de faire suivre la cure digitali-
1 que de l'administration de théobromine. Il semble qu'il
soit plus logique, en cas d'œdèmes importants, de commencer par es diurétiques, qui, en levant le barrage constitué par les œdèmes périphériques, faciliteront l'action de la cure toni-cardiaque. Là encore le lait et le lacto-sérum seront les adjuvants précieux de cette cure.
Ce-n'est qu’en ce cas d'œdèmes rebelles que l’on aura re
cours aux composés mercuriels, constituant parfois une 7% véritable médication héroïque.
Les œdèmes hépatiques constituent le type de l’œdè-
me périphérique ou dyscrasique où le facteur hydro-
E- philie tissulaire et le primum movens. La théobromine __ semble complètement dépourvue d’action dans ces cas ; qui constituent par contre les indications de choix des - diurétiques tissulaires, notamment du chlorure de cal- È cium. Les composés mercuriels fournissent également - de beaux succès. Le lactosérum et l’opothérapie y sont formellement indiqués, et non seulement à titre adjuvant, car leur action semble parfois véritablement spécifique. ù Nous avons tenté de résumer les conclusions pratiques qui se dégagent des progrès récents faits par la théra- peutique diurétique. Nous sommes obligés de reconnaitre qu’il nous reste encore beaucoup de lacune à combler, beaucoup d'erreurs à redresser, mais nous sommes persuadés que les nouvelles voies ouvertes ces dernières années nous conduiront vers une thérapeutique ration-
nelle et scientifique.