INTRODUCTION
La modification de la diurèse est une des plus anciennes préoccupations de la médecine. Pour des raisons multiples, variant avec chaque époque, l’état de la fonction urinaire est toujours resté [a pierre de touche du pronostic des maladies. Par suite de la confusion inconsciente et excusable, qui, à certaines époques, existait entre les médi. caments symptomatiques et la médication étiologique, on avait tendance à croire que le rétablissement de la Diurèse, suffisait à amener la guérison des maladies. Et c'est pour cette raison que, pendant toute la période empirique de la médecine jusqu’à la fin du xvin siècle, les indications de la médication diurétique ont été très étendues. À cette époque on semble réagir contre l'usage immodéré des diurétiques. Ceux-ci diminuent progressivemént d'importance : leurs indications se restreignent et, à l'extraordinaire abondance des médicaments à prétention diurétique, succède une période de pauvreté relative. Cette période de disgrâce, correspondant à la pre-
mière moitié au xx" siècle, a été salutaire, ainsi que le
prouve l’évolution ultérieure de la médication diurétique. Au cours de ces quarante dernières années en effet, cette branche de la thérapeutique se reconstruit entièrement sur des bases nouvelles, plus solides et plus conformes à l'esprit scientifique de la médecine moderne.
Nous efforcer de fixer l’état actuel de nos connaissances sur la diurèse et les médicaments diurétiques, tel est !e but de notre très modeste: contribution. Nous nous rendons parfaitement compte des difficultés que nous rencontrerons, en voulant décrire l’aspect momentané d’une question en pleine évolution. La médecine pratique doit cependant profiter le plus rapidement possible des conquêtes des sciences expérimentales qui semblent actuellement en constituer la base. Tout en demeurant sur un terrain essentiellement pratique nous essaierons de dégager les applications possibles des théories physiologiques actuelle sur la médication diurétique.
Malgré tous les remaniements qu'ont subis les sciences médicales depuis l'avènement de l'ère scientifique la force de la tradition est telle, que nous ne cessons de découvrir des vestiges de doctrines anciennes dans les plus modernes de nos conceptions et de nos procédés. Pour bien se rendre compte de l’état actuel d’une question, il est indispensable d'en connaître l’évolution du moins dans ses grandes lignes. Nous consacrerons donc notre premier chapitre à l'étude historique des médicaments diurétiques.
L'emploi raisonné de cette médication doit reposer sur une base physiologique. Quoique notre ignorance
soit encore très grande, quant au mécanisme physiolo-
gique intime de la fonction urinaire, il paraît impossible d'établir une classification des agents modificateurs de la diurèse, sans rappeler le peu de notions qui semblent acquises sur ce sujet. Nous consacrerons donc notre deuxième chapitre à un résumé rapide de la physiopathologie de la diurèse.
Pour la commodité de l'exposition et en raison de l'incertitudé des classifications physiologiques, nous décrirons Jes agents diurétiques groupés d’après leur provenance.
Les diurétiques dont le principe actif est un corps appartenant à la chimie minérale seront traités au chapitre HT ; ceux qui font partie du règne végétal au chapitre IV et ceux qui proviennent du règne animal au chapitre V.
Nous complèterons cet exposé sommaire par une rapide étude critique, au cours de laquelle nous resterons sur un terrain exclusivement pratique. Dans notre dernier chapitre nous résumerons donc les indications des principaux diurétiques. Nous indiquerons les résultats que l’on peut en attendre et nous préciserons l'emploi des principaux d’entre eux.
Malgré toutes les précautions que nous prenons de ne retenir des faits récents, que ceux qui nous semblent nettement établis et universellement admis, il nous paraît indispensable de souligner le caractère nécessairement provisoire et fragile d’une pareille mise au point. Il est possible que des faits que nous considérons aujourd'hui comme définitivement acquis, s'avèrent demain
comme entachés de graves erreurs. Eventualité fort heu
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reuse du reste, car malgré les progrès considérables que ‘la médication diurétique à réalisés au cours de ces der- -nières années, le nombre des lacunes à combler et des
points à éclaircir reste considérable,