PUR MES
une thérapeutique anti-urémique énergique eut raison des Symptômes les plus alarmants, mais ce n’est qu’au bout d’une douzaine de jours que les signes d'intoxication parurent avoir. rétrocédé, encore qu’il subsistât un degré accentué de torpeur et d’hébétude intellectuelles. Il s'agissait là de toute évidence, étant donné les antécédents, d’un insuffisant hépato-rénal.
Ce qu’il convient aussi de noter pour le somnifène et davantage pour les autres barbituriques, c’est que la propriété pour les cellules cérébrales de réagir par l’hypnose à l'influence de ces produits va peu à peu s’émoussant, d’où nécessité d'augmenter les doses, d’où la toxémie finale.
Un autre cas clinique qu’il nous a été donné d’observer, également à l'hôpital militaire de Perpignan, nous incline enfin à penser que la cessation brusque de somnifène n’est pas exempte de dangers ; chez une jeune recrue, hystéro-épileptique fruste, avec fond mental anormal, qui, sur son initiative personnelle, prévenait ses crises par ingestion chronique de fortes doses de somnifène, nous avons vu éclater, après la suppression de la droggue (découverte là aussi par hasard) et à intervalles#rapprochés, des crises convulsives pithiatiques s’entremêlant à un état d’anxiété extrême.
C’est en y joignant les déterminations cutanées, l’ensemble de ces troubles, objet d'observations multiples rendues possibles par l’usage sans cesse croissant des barbituriques, que l’on a désigné sous le nom de barbiturisme, dont le tableau est assez superposable à celui de l’alcoolisme et de la morphinomanie.
Ainsi donc, les dérivés barbituriques forment une gamme d’hypnotiques parmi lesquels il est déjà possible de choisir celui d’entre eux le plus adhéquat à telle ou telle formule pathologique d’insomnie, mais cependant la caractéristique générale de ces produits réside en une action intense sur les cellules nerveuses: il faut du reste reconnaître qu’à intensité d’action hypnotique égale avec ceux des principaux représentants des groupes énumérés, les inconvénients sont ici notablement réduits ; pas assez cependant pour que les barbituriques (à l'exception peut-être du Dial) voient s'étendre le champ de leurs applications en dehors des cas d’insomnie liés aux grands syndromes mentaux de la psychiâtrie, où alors le somnifène réalise le médicament héroïque des paroxysmes insomniques avec agitation. Mais dès que l’on se propose d’instituer un traitement de longue
durée, les barbituriques, pour les raisons que nous avons évoquées, sont loin d’être sans danger ; action hypnotique trop intense, élimination insuffisamment rapide sont alors les deux reproches majeurs à formuler à leur égard.
C’est pourquoi les efforts de la synthèse chimique se sont portés sur les dérivés directs de l’urée qui forment la troisième classe, dans le groupe des hypnotiques uréiques.
3° Dérivés directs de l’urée ou uréides proprement dits
Nous prendrons comme exemple-type de cette série, pour y insister longuement, le produit qui en est le plus représentatif, celui qui, à l’heure actuelle, en résume le mieux les qualités principales, à savoir l’allylisopropylacétylcarbamide.
Sa constitution est tout à fait différente de celle des barbituriques. C’est essentiellement un uréïde, c’est-à-dire, rappelons-le, une urée substituée résultant du remplacement d’un atome d'hydrogène d’un des groupes NH? de l’urée par un reste d’acide.
L’acide utilisé est ici, en l’espèce, un acide organique, l’acide allylisopropylacétique de formule brute C2O°H? CH5CH7 et de formule développée :