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CONCLUSIONS

En somme, les résultats que nous avons obtenus par l’emploi de l’allylisopropylacétylcarbamide viennent corroborer les rensignements apportés par l’expérimentation chez l’animal.

Les observations qui précèdent portaient sur des insomnies de causes et de nature variées, allant depuis des cas d’insomnie isolés, jusqu’à des cas d’insomnie en rapport, ou tout au moins coexistant avec des lésions somatiques bien définies, en passant par des cas où la part était difficile à établir de ce qui revenait à des lésions organiques ou bien à des troubles frustes de la constitution psychique (synthèse : tempérament, caractère) ; dans l’ensemble, nous dirons volontiers qu’elles portaient sur des insomnies de la vie courante, qui sont aussi celles de la clientèle courante dans l’exercice de la médecine générale. Les insomnies de ce genre sont très nombreuses à l’heure actuelle ; elles font, dans la plupart des cas, partie intégrante de ce que l’on a appelé la petite anxiété, la névrose anxieuse, l’hypocondrie fruste, le déséquilibre vago-sympathique, la psychasthénie, tous états qui peuvent survenir seuls et évoluer pour leur propre compte, ou bien dans lesquels une lésion mal définie ou mal localisée (lésion intestinale, lésion cardiaque, etc.), peut jouer le rôle d’épine irritative ; en un mot, nous semble-t-il, ce sont des insomnies qui rentrent dans la constitution émotive décrite par Dupré. Dans ces cas où, à elle seule, l’insomnie est assez prononcée pour nécessiter l’usage d’un hypnotique, et surtout d’un hyprotique sédatif, nous avons eu à nous louer de l’emploi de l’allylisopropylacétylcarbamide. Nous en résumerons les avantages majeurs dans les conclusions suivantes

Dans la majorité des cas observés, dans l’heure qui suit l’ingestion < Der os », nous avons constaté la venue d’un sommeil calme, réparateur, se prolongeant aisément pendant plusieurs heures, pour des doses variant de 25 à 50 centigrammes ; sommeil suivi d’un réveil aisé, non accompagné de déficit intellectuel, sans lourdeur de tête, sans nausée, sans lassitude, sans ataxie et sans vertige ; nous n’avons, en particulier, jamais eu à noter de modifications des réflexes.

ET el

Signalons seulement que, sous l'influence de cette drogue, nous avons remarqué dans un cas (Observation I), une tendance au retour à la normale du réflexe oculo-cardiaque et dans un autre cas (Observation VI), la même tendance en ce qui regarde le pouls ; sans oser conclure à une action directe et constante, nous pensons que, dans ces deux cas, le médicament s’est comporté comme un régulateur des fonctions vago-sympathiques, dans un cas comme frénateur du vague, et dans l’autre comme frénateur du sympathique (dans la classe des hypnotiques barbituriques, le gardénal a également été reconnu doué de propriétés amphotropes vis-à-vis de ces deux systèmes).

Nous n’avons jamais eu d’exemple d’une phase d’excitation ayant précédé l’apparition du sommeil artificiel, au contraire, nous avons pu faire reconnaître par nôs malades un effet sédatif très appréciable, soit qu’il se manifestât dans la journée, consécutivement à l’ingestion d’une dose infra-hypnotique préparatoire, soit qu’il se manifestât comme suite : de l’action hypnotique.

Dans certains cas, il nous a fallu, pour arriver à cette action hypnotique, doubler, ou même tripler la dose initiale, maïs cela sans inconvénient, à cause du très grand écart entre la dose toxique et la dose minima. Ce fait doit d’ailleurs nous remettre en mémoire que l’emploi d’un hypnotique, même doux, doit toujours être entouré de beaucoup de prudence et de circonspection, en tenant compte du facteur moral qui préside à tout acte thérapeutique ; qu’il importe de ne pas donner, dès le début, des doses trop fortes afin de pouvoir, pour chaque sujet, délimiter, par des tâtonnements progressifs, la dose optima, ce qui est ici rendu particulièrement facile par le chiffre élevé qu’atteint le coefficient de maniabilité.

L'administration a toujours été fort aisée (nous donnons de préférence le médicament en dehors des repas dans une infusion chaude de tilleul, de camomille ou de verveine) : pas de diarrhée, pas de vomissements, pas de brûlures gastriques, de coliques, l'appétit n’a jamais été perturbé.

Nous n’avons pas eu, non plus, à observer des phénomènes d’idiosyncrasie et en particulier pas de troubles cutanés.

Nous avons cru pouvoir faire bénéficier de l’action hypnotique de Pallylisopropylacétylcarbamide des malades à émonctoires assez douteux chez lesquels nous n’aurions pas osé administrer les hypnotiques habituels : ni l'examen clinique, ni les examens de laboratoire : analyse des urines, recherche du taux d’urée dans le sang (Observation V), formule hématologique (Observation XIII), ne nous ont permis de déceler le moindre signe d'intoxication. Dans tous les autres cas, les fonctions urinaires : débit urinaire, composants minéraux et organiques urinaires, n’ont jamais eu à se ressentir de l’action de ce médicament.

Sous l'influence de doses prolongées pendant plus de trois semaines, nous n’avons eu à déplorer aucun accident, encore cependant que nous

ayons jugé plus prudent d’intercaler des phases de repos, mais assez courtes ; dans ces cas, après avoir atteint la dose léthale optima, nous n'avons se eu à noter de phénomènes d’ Lo re nous obligeant à augmenter progressivement les doses.

. Enfin nous avons vu, après interruption du médicament, persister un sommeil redevenu normal, comme s'il s'était agi, en l’espèce, d’une action régulatrice sur les centres hypniques ; à ce propos, le fait que les avantages obtenus se soient surtout manifestés dans des insomnies de petits névrosés ,d’émotifs frustes, nous porte à penser qu’au même titre que les barbituriques, mais d’une façon beaucoup plus douce, c’est sur les centres hypniques du mésencéphale que l’allylisopropylacétylcarbamide intervient pour ramener le sommeil ; l’Observation IV, concernant un cas dans lequel les vomissements étaient sans doute d’origine centrale, nous semble assez probante.

Nous avons employé ce produit chez un enfant, chez des femmes et chez des vieillards : là, les règles de la posologie ne nous apparaissent pas devoir être différentes de ce qu’elles sont pour Îes autres médicaments.

Pour toutes ces raisons, l’allylisopropylacétylcarbamide nous semble bien satisfaire aux conditions et réunir les qualités essentielles qui font un bon hypnotique, et qui, consistant en une influence modérée sur le stystème nerveux central, en une rapide élimination, permettent d’éviter lPaccumulation et partant l’effet toxique, et permettent au contraire de renouveler fréquemment et longtemps les doses.

Dans la limite des cas que figurent assez bien nos observations, l’allylisopropylacétylcarbamide nous apparaît donc comme l’hypnotique qui présente, avec le maximum d'avantages, le minimum d’inconvénients.

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