CONCLUSIONS
I. — La possibilité d'introduire, sans accident, de faibles quantités de lipoïdes dans l'organisme par voie intraveineuse, ressort de l'étude expérimentale et de la pathogénie de l’embolie graisseuse.
IT. -— Nos expériences sur le cheval montrent l’innocuité d’une injection huileuse unique dans la veine jugulaire, de o cc. 11 par kilogramme d’ani-
mal, et de 5 injections espacées dehuit jours, à la dose
de o ce. 02 à o cc. 04 par kilogramme d’animal. Par contre, aux mêmes doses, des injections répétées quotidiennement déterminent au bout de quatre jours des accidents qui marquent la limite de la tolérance.
IIT. — Ces résultats ont été confirmés par les expérimentateurs ayant opéré depuis sur le chien et le lapin.
IV. — Parmi les huiles médicamenteuses, il y à lieu de faire, au point de vue de l’action physiologique, une distinction en ce qui concerne l'huile iodée . pure, que ses propriétés physico-chimiqes, liées à l'état combiné de l’iode, permettent d'introduire directement dans le sang.
he L'étude expérimentale que nous avons entreprise à ce sujet nous a montré :
1 Chez le cheval, une tolérance parfaite jusqu’à la dose de o cc. 11 (huile iodée à 20 oo) et o cc. 04 (huile iodée à 40 o/o) par kilogramme d’animal.
2 Chez le chien, la tolérance peut aller jusqu’à o cc. 5 (huile iodée à 40 o/o) par Hipgrarnmns d'animal.
% La décomposition de l’huile iodée, ainsi administrée dans le sang ne débute qu’une heure environ après l’injection, elle est lente et progressive.
-4° L'iode passe presque aussitôt libéré dans l'urine à l'état d’iodure aicalin, ou peut l'y retrouver un mois
| et jusqu’à deux mois après l'injection.
5° L’iode s’accumule à l'état de combinaison orga-
nique dans les tissus, et en particulier dans le tissu adipeux.
6° L’autopsie ne révèle chez les animaux, traités le
plus sévèrement à dose toxique, que des lésions
minimes s’arrélant au stade congestif.
5° Dans le traitement d’une mycose du cheval, l'huile iodée en injections intraveineuses a pu être employée avec succès.
VI. — Chez l’omme : 1° on peut injecter des doses variant de 1/2 centimètre à 2 centimètres d’huile iodée à 4o o/o en espaçant les injections au minimun de quatre à six Jours el en ne répélant pas un trop grand nombre de fois.
La tolérance est parfaite dans ces conditions.
2 Cette méthode permet d'introduire dans l’orga-
Dre Fe dern
nisme des quantités importantes d’iode mr gr. 27 A
1 gr. 08 par injection) qu'il suffit de renouveler à
des intervalles éloignés pour maitenir l’état d impré-
gnation iodique ; elle présente l’avantage d’être précise, non douloureuse, facilement applicable.
3° L’élimination de l’iode à l’état d’iodure débute une heure environ aprés l'injection, s'établit lente-
LE
ment et augmente pendant les jours suivants, n’atteint
son maximum que du quatrième au sixième jour, et
décroît très lentement, persistant pour des doses …
moyennes au delà de trois semaines. ha 4° La technique simple et d'application facile, les
avantages de ‘ces injections en recommandent l’em-
ploi dans le traitement d’un certain nombre d'affec-
tions, et surtout les mycoses externes, les lésions : syphilitiques tertiaires ulcéro-gommeuses, les rhu-
matismes chroniques.
5° Les contre-indications, en dehors de celles des
iodiques en général, sont tirées de l’état du cœur et
des poumons. Par contre, dans les cas d’idiosyncra-
sie à l’iode, les injections intraveineuses d'huile iodée paraissent un procédé susceptible de faire
supporter au malade une médication iodique rigou-
reusement dosable, d'action hâtive, énergique a prolongée.