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CHAPITRE IV

$ 1. — Technique

La technique des injections intraveineuses d'huile iodée ne diffère de celle des autres injections intraveineuses que dans les points suivants :

1° Choix des instruments. —- La seringue sera une seringue en verre dite « de Luer» qu’on choisira de préférence de calibre légèrement supérieur à celui qui serait nécessaire pour l'injection à pousser.

Pour une injection de 1/2 centimètre cube, on prendra une seringue de 2 centimètres cubes. Pour des injections supérieurs à 1/2 centimètre cube il sera préférable d'utiliser une seringue de 5 centimètres cubes.

Nous verrons en effet qu’il est nécessaire d’injecter lhuile iodée à une certaine température qui sera d’autant plus facilement conservée au cours de l’injection que le calibre de la seringue sera plus fort.

L’aiguille sera choisie également de fori calibre et courte pour les mêmes raisons et aussi pour que l'injection soit plus facile à pousser, l’huile iodée étant plus fluide.

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La seringue et l'aiguille sont stérilisées.

Un garrot en caoutchouc, une pince à forcipres- | sion complètent l'instrumentation nécessaire. !

2 Préparation du produit à injecter. — Il est. commode d'avoir une huile iodée en ampoules.

Le: lipiodol que nous avons utilisé se trouve dans le commerce en ampoules de 1, 2, 3 centimètres cubes. Il est indispensable pour qu’il ne contienne pas d’iode libre qu’il soit de préparation récente et qu’il : ait été conservé à l’abri de la lumière. $

L’ampoule, quelques minutes avant l'injection, est mise au bain-marie pour être chauffée au voisinage de37 degrés. L'huile perd alors de sa viscosité, ce qui facilite d'autant l'injection. \

3° Injection. — Il est commode pour le charebs ment de la seringue d'ouvrir l’ampoule au-dessus du cylindre auquel on a adapté momentanément une aiguille fine qui ne laisse par couler l'huile iodée,

L'injection est faite au point d'élection du pli du coude, elle doit être poussée très lentement, à la vitesse de 1 minute pour 1 centimètre cube.

MARCHE DU TRAÏTEMENT

À propos de la fixation des doses nous avons vu. qu'il y avait intérêt à commencer d'emblée par la dose maxima à employer, puis suivant l'importance

de celle-ci et l’effet thérapeutique à atteindre, on

renouvellera l'injection avec des doses plus faibles en espaçant les injections en raison de leur impor- tance.”

On pourra par exemple pour une médication énergique, injecter 1 cm. 5 d'huile iodée à 40 0/0, quinze jours après injecter encore 1 centimètre cube, et répéter ensuite cette dose 2, 3 ou 4 fois en espaçant de huit jours les injections. On aura ainsi une période de traitement d’une durée d’un mois ou un mois et demi qu’on pourra faire suivre d’une période de repos pour reprendre ensuite les injections.

Dans tous les cas il sera bon de surveiller l’élimination et par la recherche de l’iode dans l’urine, s’assurer qu'il n'existe pas un retard qui commanderait de reculer la nouvelle injection ou d’en diminuer la dose.

Comme on le fait habituellement pour la médication iodurée, on pourra d’ailleurs favoriser lélimi-

nation rénale par le régime lacté. \

8 2. — Indications

Les injections intraveineuses d'huile iodée répondent aux indications générales des iodiques et pourront être employées dans l’aortite, l’artériosclérose, l’asthme, les bronchites catarrhales liées à l’emphysème, la syphilis, -le saturnisme, l'hydrargyrisme, les néphrites saturnine et syphilitique fdans les affections thyroïdiennes et scrofuleuses, et peutêtre l'encéphalite léthargique. On suivra pour le choix des doses, les règles qui s'appliquent à la

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médication iodurée. Et il semble que le traitement

de toutes ces affections chroniques doivent bénéficier et la décomposition lente et de l’action prolongée de l’huile iodée. Mais trois affections surtout retiendront notre attention pour l’emploi de l'huile iodée en injections intraveineuses:

Le rhumatisme chronique ;

Les mycoses externes (sporotrichoses, blastomycoses, actinomycose).

La syphilis tertiaire avec accidents scléro-gommeux. |

Dans le rhumatisme chronique, le traitement de longue durée, sera fait à dose faiblé, seul avec des périodes de repos, ou alterné avec le traitement arsénical. Il aura l’avantage de ménager l’appareil digestif du malade qui en pareil cas commande fréquemment l'interruption de la médication iodurée.

Parmi les observations que nous avons citées, nous …

indiquons les résultats très appréciables obtenus dans ur cas de rhumatisme chronique déformant et dans un cas de rhumatisme chronique articulaire avec lésions d’arthrite accusées,

Dans les mycoses,qui nécessitent l'emploi de doses

élévées d'iodure de potassium, l’administration de ce médicament doit dans bon nombre de cas en être suspendue pour cause d’intolérance bien avant la dispariti®n entière des lésions.

Nous avons indiqué en relatant les observations recueillies chez le cheval les résultats que nous avons obtenus chez cet animal par les injections intravei-

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L neuses d'huile iodée à dose forte dans une blastomy-

/ cose due à un cryptocoque.

Dans ces affections le traitement sera complété avantageusement par Ià thérapeutique externe, radiothérapie ou interventions chirurgicales.

Dans les accidents syphilitiques tertiaires, spécialement ceux dus au développement dans le tissus conjonctif, musculaire ou asseux de gommes ou de lésions ulcératives. Les injections intraveineuses d'huile iodée nous ont permis d'obtenir le guérison très rapide de gommes spécifiques cutanées dont le développement fut arrêté en quelques jours.

$ 3. — Contre-indications

De même que pour toute médication iodique, ce sont d’abord celles tirées des circonstances suivantes :

{o Causes empêchant l'élimination de l'isde en général, altérations rénales en particulier ;

20 Dans tous les cas où il y a lieu de redouter des phénomènes congestifs pouvant entraîner l’activation de processus latenls, ou déterminer des hémor-

ragies. Encore d’après Marcel Labbé et Lortat-Jacob, à l'encontre des iodures, l’iode ne provoque dans le poumon qu'une congestion limitée, exceptionnellement des hémorragies, pas d’éosinophilie ;

3° Dans la tuberculose, en général, il y a lieu d'observer la plus grande prudence dans l'emploi des

iodiques. Nicolau et Nasta ont montré la toxicité de

la solution de Lugol pour des cobayes inoculés avec

des bacilles tuberculeux tués par la chaleur ;

4° L’emploi de certains médicaments présentant | une incompatibilité vis-à-vis de l’iode. Un traitement oculaire avec un collyre à base de calomel, par : à exemple, contre-indiquera l’emploi des iodiques, qui.

pourraient donner lieu en pareil cas à la production

d’iodure mercureux au niveau de la conjonctive ;

5° L’allaitement constitue chez la femme une con- | tre-indication en raison de l’affaiblissement de la sécrétion lactée qui résulte de l’action de l’iode sur la glande mammaire.

Le modeparticulier d'administration de l’iode, par voie intraveineuse, dans une combinaison huileuse, présente des contre-indications tenant à l’état du poumon et du cœur. è

Une stase pulmonaire marquée, surtout sielles’ac compagne d'insuffisance cardiaque ; les lésions valvulaires graves, ayant entraîné une dilatation tra duisant l'insuffisance du myocarde, sont des cir- sa constances qui contre-indiquent les injections intra veineuses d'huile iodée.

C’est sur les contre-indications que nous terminons notre travail, ne méconnaissant pas les critiques qu'on peut faire à ce mode d'administration des lipoïdes iodés non encore appliqué jusqu'ici à notre connaissance. |

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Tel qu’elle se présente, la méthode que nous nous sommes proposé d'étudier après l'avoir expérimentée et appliquée, n'apparaît certes pas utilisable dans tous les cas, et nous n’avons pas la prétention de la voir se substituer à d’autres, qui depuis si longtemps ont fait leur preuve dans la médication iodique.

3 Mais nous pensons, après avoir établi le bilan de ses indications et contre-indications, qu’elle peut avantageusement trouver son emploi dans un certain nombre de cas.

Notre seul but a été après avoir poursuivi méthodiquement et avec prudence les recherches et essais effect ués, de les exposer avec un souci constant d’exactitude et de conscience.

J. Cartier 8

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