‹ Contribution à l'Étude de la Médication OcytociqueChapitre 16 sur 28 · DER O DER · texte numérisé non relu

DER O DER

aidés ; c’est ainsi que dans 7 cas, l'engagement et la rotation s’effectuèrent presque aussitôt après l’injection alors qu’ils n’avaient aucune tendance à s’accomplir.

Plus ia dilatation, au moment de l'injection, était près de la dilatation complète, plus l’amélioration du travail a paru sensible.

Enfin, l’action de l’extrait de corps hypophysaire a paru d'autant plus marquée qu’un certain nombre d’injections furent faites chez des femmes en travail depuis quinze à vingt heures et chez certaines en travail depuis 40 heures et même davantage.

Zuloaga tire de 19 observations les conclusions suivantes :

19 L’extrait hypophysaire ne provoque pas de contractions pendant la grossesse ;

20 Il est insuffisant pour provoquer le travail à terme, si les membranes ne sont pas rompues et l’œuf en partie vidé de liquide ; même dans ce cas son action seule ne suffit pas, si le travail ne se déclare pas dès l’effet de la première ou tout au moins de la deuxième injection ;

3° L'effet n’est réellement utile que si la présentation est engagée. Le résultat, bon, si la dilatation est avancée, est meilleur quand la dilatation est presque complète et excellent à la période d'expulsion ;

40 L'emploi de grandes quantités (2 ou 3 centicubes) produit seulement de la tétanisation utérine, tétanisation qui ne provoque d’ailleurs pas la mort du fœtus ;

5° Les grandes quantités ou les doses massives, si elles ne provoquent pas des contractions tétaniques, produisent des contractions énergiques qui font courir les mêmes risques qu’un accouchement rapide ;

6° Les quantités à administrer doivent être graduées selon les nécessités. Il est préférable d'employer des doses fractionnées et répétées qui agissent à la manière d’une sécrétion continue. Ïl faut avoir soin que la dose suivante soit injectée avant que l'effet de la dernière dose soit épuisé. Ce procédé donne de bons résultats ; il a pour but

Le Dieu

d'éviter la tétanisation utérine ou des contractions subintrantes en ne donnant pas de trop grandes quantités à la fois et de renforcer la dose primitive qui est la dose utile;

7° En cas de légère disproportion entre les diamètres céphalique et pelvien, la pituitrine peut donner de bons résultats si elle est administrée avant l’affaiblissement des contractions utérines. Les contractions normales renforcées peuvent vaincre l’obstacle ; mais si l’injection est faite après l’affaiblissement des contractions, le renforcement n’est plus toujours suffisant pour terminer l’accouchement ;

8° Les effets de la pituitrine comme ocytocique sont meilleurs pour renforcer les contractions existantes que pour en produire de nouvelles. Il faut l’employer quand les contractions s’espacent, faiblissent et deviennent inefficaces et ne pas attendre que l’inertie soit survenue ;

90 Dans les cas de dystocie mécanique, l’extrait hypophysaire est formellement contre-indiqué, de même quand on craint une rupture utérine ;

10° Il ne faut pas oublier que les effets de la pituitrine durent en moyenne une heure ou deux et qu’ensuite il survient en général de l’inertie. Une fois l'énergie contractile passée, de nouvelles doses ne réveillent pas de nouvelles contractions.

Parache a expérimenté sur huit femmes en travail ; il a constaté une action constante et manifeste se produisant avec une rapidité surprenante. Chaque fois les contractions fortes sont apparues dans les dix minutes qui ont suivi l'injection.

Il a remarqué que les contractions à tout moment du travail augmentent en fréquence et en intensité, sans jamais arriver jusqu’à la tétanisation de l’utérus. L’effacement du col est facilité, la dilatation accélérée, la durée de la période d'expulsion diminuée.

11 donne comme indication importante l’inertie utérine survenant sur un organisme épuisé par un travail long et stérile. Sur les huit cas rapportés par lui, il n’a jamais dé-

eo —

passé la dose de deux centicubes et n’a jamais eu d’aceidents sauf de la pollakiurie. Il a toujours employé la voie hypodermique qu’il préfère à la voie buccale parce que l'effet se produit plus rapidement.

Turenne s’est servi du Vaporole infundibulaire de Burroughs-Welcome. Il a essayé l'extrait hypophysaire comme provocateur de l’accouchement dans la grossesse à terme et comme agent continuateur du travail.

Comme agent provocateur, il n’a obtenu que peu de résultats favorables ; par contre les résultats sont bien meilleurs si l’on emploie l'extrait hypophysaire pour renforcer l’action des ocytociques mécaniques.

Mais lorsqu'il l’a employé comme agent continuateur du travail il n’a connu que des succès. Il est en cela d’accord avec tous les auteurs, et va même jusqu’à dire que les quelques insuccès qui ont été obtenus n’ont pas toujours été justiciables de l’extrait hypophysaire. II constate l’énergie et la rapidité de son action et publie à l’appui de son opinion 7 observations qui démontrent clairement que le succès est bien dû à l’extrait hypophysaire.

Mais le succès dépend de certaines conditions qui doivent être remplies si l’on veut être assurés du succès :

En premier lieu, employer d’emblée une dose suffisante, en moyenne une quantité d'extrait correspondant à 0 gr. 20 ou O0 gr. 30 de glande hypophysaire, et ne pas craindre de répéter la dose au bout de 2 ou 3 heures si son action faiblit.

En second lieu, ne pas l’employer avant que la contraction utérine douloureuse ou non ait amorcé l’effacement et la dilatation du col.

Fnsuite, employer toujours des produits de fabrication fraîche.

Enfin et surtout faire bien attention à ce que nul obstacle ne s’oppose à la progression du mobile, que cet obstacle tienne au bassin ou aux parties molles.

Stern a pu constater l’amélioration des contractions, la plus grande rapidité de l'accouchement, la délivrance

rapide, S’accompagnant d’une perte de sang tout à fait diminuée,

ee,

Chez une VII pare en éminence d’éclampsie, il provoqua le travail en 4 jours par 6 injections de 0,6 et une de 0,1.

Chez une autre femme, malgré une injection de 3 centicubes, il n’obtint pas grand résultat. Le quatrième jour, il place un ballon de Champetier qui à son tour reste sans effet. Six heures après, il fait une nouvelle injection de pituitrine qui donne un excellent résultat.

Hauch et Mayer donnent une série de 65 observations dont un grand nombre ont trait à l’action de la pituitrine au cours du travail. Une primipare en travail entre dans leur service. 10 heures plus tard, la dilatation n’est encore que de 4 centimètres. On fait alors une injection sous-cutanée de 0,5 de pituitrine ; immédiatement les contractions deviennent plus fortes, se succédant presque sans intervalle. Dix minutes après, rupture de la poche des eaux et vingt-cinq minutes après l'injection, expulsion spontanée d’un enfant vivant et bien portant. Ils rapportent aussi six observations aussi probantes que celle que nous venons de donner. Les résultats obtenus sont excellents.

Pour ces auteurs, une des premières indications de l’emploi de la pituitrine est l’insuffisance des contractions, surtout lorsqu'il s’agit d’une insuffisance secondaire, l’inertie primitive paraissant se laisser influencer plus difficilement par la pituitrine. On peut l’employer à la période de dilatation et à la période d’expulsion ; et à cette dernière période, Hauch et Mayer sont d'avis que souvent la pituitrine pourra empêcher une application de forceps. On peut l’employer en cas de souffrance du fœtus ; étant donné l’action de l’extrait hypophysaire pour renforcer les contractions, il permettra de préparer le forceps que le praticien s’est décidé à employer ; dans ces cas l’accouchement pourra se faire spontanément.

Hauch et Mayer ont utilisé dans tous leurs cas la Pituitrine de Parke et Davis, en ampoules de 0,5cmc. Ils ont toujours fait des injections hypodermiques et ils recommandent expressément de ne pas utiliser l’alcool pour le nettoyage de la seringue et de la peau, car, pour eux, l’al-

Page 1