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Dans un premier cas, il s’agit d’une III pare qui, lors de ses deux grossesses antérieures, eut la première fois de l’inertie utérine et une hémorragie de la délivrance, la seconde fois, un avortement de quatre mois pour rétroversion. Arrivée au terme de sa troisième grossesse, il se produit une rupture prématurée des membranes. La tête se trouve en O. I. D. A. L'engagement a lieu. Les premières douleurs apparaissent à 18 h. 12, et à 21 h. 1, la dilatation est complète. Brusquement les douleurs cessent, sans avoir, à partir de ce moment, aucune tendance à reprendre. À minuit 50, on fait un forceps en O.P. L'inertie persiste après l’extraction de l’enfant. Au bout de deux heures et demie, on fait une injection de 1 centicube de Pituitrine Parke et Davis, vingt minutes après les douleurs apparaissent pour aboutir à 4h. 45 à une délivrance spontanée. Il n’y eut pas d’hémorragie de la délivrance.
Dans un second cas, Fournier a fait usage de l’'Hypophysine Creil chez une IV pare. Cette femme souffre beaucoup, et à chaque contraction se produit un écoulement de sang. Le toucher révèle l'existence de noyaux fibromateux dans la matrice.
Les douleurs sont assez fortes mais irrégulières. A 7 heures, la dilatation étant peu avancée, on injecte un centicube d’hypophysine. Quelques instants après, les contractions deviennent plus fortes, plus longues et plus régulières. À 8 h. 1% on procède à l’extraction du fœtus ; une hémorragie se produit ; à onze heures, nouvelle hémorragie ; le placenta demeure et la perte sanguine augmente. On a recours alors à une nouvelle injection ; et vingt-cinq minutes après la délivrance a lieu.
Nous avons tenu à résumer ces deux observations, car elles montrent très nettement que l'extrait hypophysaire a une action sur la délivrance, et que cette action loin d’étre nulle ou même néfaste, aux dires de certains auteurs, peut au contraire donner un excellent résultat et accélérer le processus terminal.
Fabre et Rhenter, qui ont expérimenté l’extrait hypophysaire dans 10 cas, arrivent aux résultats suivants :
dans 7 cas, la délivrance se fit spontanément en moins d’une heure dans un cas, en moins de deux dans quatre, en moins de cinq dans un, enfin dans le septième au bout de 9 heures seulement. Dans trois cas, on dut pratiquer la délivrance artificielle, deux fois à cause d’accidents que les auteurs font dépendre de la pituitrine, et une fois à cause d’une hémorragie. La totalité de la perte sanguine dépassa 500 grammes chez deux malades, oscilla entre 500 et 100 chez trois d’entre elles ; dans cinq cas, elle fut inférieure à 100 grammes.
Commandeur et Devin, sur 8 cas, constatent que la délivrance s’est toujours produite de 15 à 30 minutes après l'accouchement avec une perte de sang normale.
Zuloaga, dans les conclusions qu'il tire des 19 observations qu’il a publiées, s’est occupé de savoir quels étaient les effets du médicament sur la délivrance et voici l’opinion qui se dégage de sa communication.
Quand la délivrance s'effectue pendant le temps d’action de la pituitrine, elle se fait spontanément, peu de temps après la sortie du fœtus, et s'accompagne d’une perte sanguine minime. Si au contraire elle a lieu pendant la période d’atonie qui suit l'emploi du médicament, elle est lente à se faire et s'accompagne d’hémorragies plus ou moins abondantes.
Pour éviter cette atonie pendant la délivrance, il faut faire usage de l’ergot de seigle ou de l’un de ses dérivés.
En cas de délivrance retardée par défaut de décollement du placenta, une injection de 0,10 d’extrait hypophysaire peut l’accélérer efficacement. Son effet sera également à rechercher dans les hémorragies par décollement partiel du placenta. Par contre, dans lés hémorragies qui suivent la délivrance, il est préférable d’avoir recours à l’ergotine.
Bagger-Jœrgensen injecte au cours d’un accouchement spontané 1 centicube de pituitrine et, trois heures après, il eut une hémorragie de plus de 1.000 grammes.
Jæger pense que l'influence de la pituitrine sur le mécanisme de la délivrance dépend du moment où l'injection
a été pratiquée ; il faut craindre l’inertie si l'injection remonte à plus d’une heure. C’est en effet au bout de ce laps de temps que le médicament, de l’avis de presque tous les auteurs, commence à ne plus faire sentir son action. L’utérus, fatigué par les contractions que l’on a provoquées, est fatigué, et la cause cessant d’agir il se relâche ; et cette opinion concorde bien avec celle de Zuloaga. Aussi, il semble que l’on pourrait obvier à cet inconvénient en faisant une injection avant la délivrance. C’est ce que Jæger a fait dans deux cas ; il obtint une délivrance rapide et sans incident, grâce à une injection préventive effectuée respectivement douze minutes et trentecinq minutes avant la sortie de l’enfant. Or il est intéressant de noter que, dans ce cas, il s'agissait de femmes chez lesquelles lors de grossesses antérieures on fut obligé de pratiquer la délivrance artificielle.
Parfois, la délivrance tarde à s'effectuer par retard dans le décollement du placenta. C’est ainsi que Fabre dut recourir à la délivrance artificielle sept fois sur dix, et une fois pour hémorragie utérine.
A la clinique Tarnier, huit fois sur vingt-deux, la perte de sang fut de plus de 500 grammes, et dans deux cas dépassa même deux litres.
Dans un cas rapporté par Gœbel, la délivrance spontanée eut lieu quarante minutes après l’expulsion du fœtus ; or ici il s’agit d’une IV pare de 33 ans dont les trois accouchements antérieurs ont été dystociques.
Dans deux observations publiées par Schiffmann, la délivrance spontanée eut lieu dans un cas trois quarts d'heure après l’accouchement, et elle n ne fut accompagnée que d’une très faible hémorragie.
Stern constata que les contractions utérines, provoquées par la pituitrine, continuaient à se manifester pendant la période de délivrance ; et, dans la plupart des cas, il eut une expulsion spontanée et rapide du placenta, accompagnée d’une perte sanguine minime.
Studeny est d'avis que l'extrait hypophysaire a une
action tonique qui prévient l’inertie utérine et par suite facilite la délivrance.
2 Ph =
Pour Grunbaum, au contraire, l’extrait pituitaire n’a aucune valeur dans cette période de l’accouchement ; il va même jusqu’à dire qu’il prédispose aux hémorragies post-partum.
Voll qui, au cours de trois expériences, obtint un résultat brillant, par l’emploi de la pituitrine au cours du travail, constata dans ces trois cas une délivrance spontanée et rapide avec perte sanguine tout à fait insignifiante.
Fellenberg employa la pituitrine dans cinq cas ; il eut chaque fois une délivrance rapide mais suivie d’une hémorragie qui ne céda qu’à la sékakornine.
Aarons voit dans l'extrait hypophysaire un précieux adjuvant pour combattre les hémorragies de la délivrance. Jl cite un cas dans lequel une hémorragie, qui suivit un avortement thérapeutique, est traitée par le tamponnement et la pituitrine. Le lendemain on enlève le tampon, et l’hémorragie se reproduit mais est vite arrêtée par une nouvelle injection.
Bell, dans trois cas d’inertie post-partum, emploie la pituitrine avec le plus grand succès.
Foges et Hofstætter appliquent la méthode aux hémorragies post-partum ; dans les cas graves ils font usage simultanément de pituitrine et d’injections vaginales chaudes. Ils obtiennent ainsi une contraction de l’utérus et un arrêt de l’hémorragie. Ils avaient préféré la pituitrine à l’adrénaline.
Klotz est très partisan de la pituitrine pour combattre les hémorragies de la délivrance ; et il cite deux cas où, après échec de l’ergot de seigle, il fit usage de la pituitrine qui arrêta l’écoulement sanguin.
De même Ross est d’avis que la pituitrine est la meilleure arme que le praticien ait à sa disposition pour lutter contre l’hémorragie.
Mais il existe un grand nombre d'auteurs, Hofbauer, Bagger-Jæœrgensen, Studeny, Fries, etc., qui n’admettent point que la pituitrine puisse arrêter les hémorragies. Pour eux, dans ce cas, le meilleur remède, et le remède de choix, c’est l’ergot de seigle qui seul peut juguler ces énor-