AVANT -PROPOS
Nous nous sommes proposé, dans ce travail, d'apporter notre bien modeste contribution à l'étude de l'emploi des extraits hypophysaires dans la pratique obstétricale. Quoique, comme nous le verrons plus loin dans l'historique, la médication opothérapique, ait, pouvons-nous dire, existé de tous temps, il est une question qui a fait son apparition depuis peu ; quelques années à peine nous séparent en effet du jour où furent publiés pour la première fois les résultats que devaient donner les extraits hypophysaires employés comme ocytociques. À la suite de ces premières publications, dont les résultats semblaient devoir être très encourageants, les auteurs en France et à l'étranger se mirent résolument à l’œuvre. Ils firent des recherches nombreuses et s’empressèrent d’initier le public médical aux succès que leur donna l’opothérapie. À la suite de ces travaux, la médication hypophysaire entra définitivement dans la pratique obstétricale. Cependant, à la Maternité de l'Hôpital de Mustapha, Monsieur le Professeur Rouvier appliqua dans un grand nombre de cas cette méthode ; il put ainsi mettre à notre disposition un nombre assez important d'observations. Ces essais furent surtout pratiqués avec l’'Hypophyse Fournier et l'extrait hypophysaire fut introduit dans l'organisme par la voie buccale. Or, en parcourant la série des résultats publiés tant en France qu’à l'étranger, nous avions été frappé de ce que tous les auteurs ou à peu près s'étaient servis de préparations différentes ; Pituitrine Parke et Davis, Pituglandol Hojfmann-La Roche, Vaporole infundibulaire de Burroughs Welcome, etc, et introduisaient la préparation
dans l’économie par la voie hypodermique. Il nous a donc paru intéressant d'établir une comparaison entre les résultats obtenus par les divers auteurs et ceux qui ont été constatés à la Maternité d'Alger.
Notre travail commencera par un court aperçu historique de l’opothérapie en général et de la médication hypophysaire ; nous donnerons ensuite quelques notions fort succinctes sur l’anatomie et la physiologie de l'Hypophyse et nous les ferons suivre par un exposé rapide des recherches expérimentales qui ont précédé l'emploi des préparations hypophysaires. Dans les chapitres suivants, nous ferons connaître les résultats obtenus en clinique par les divers auteurs, résultats auxquels nous joindrons ceux que nous avons obtenus nous-même à la Maternité d'Alger. Un chapitre spécial sera consacré pour cela à chacun des différents temps de la grossesse et de l'accouchement ; après avoir fait connaître les divers accidents que l’on a cru pouvoir attribuer aux préparations hypophysaires, nous donnerons quelques-unes des observations les plus concluantes recueillies à la Maternîté d'Alger ; nous terminerons ensuite par une statistique générale de tous les cas observés à Alger qui nous permettra de tirer nos conclusions.
Mais, auparavant, il nous reste un devoir bien agréable à remplir. Durant nos années passées à la Faculté de Toulouse et à la Faculté d’ Alger, nous avons toujours été accueillis très cordialement par les maîtres bienveillants qui ont bien voulu s'intéresser à nous. Aussi, est-ce avec une reconnaissance émue que nous venons leur adresser nos meilleurs remerciements. Nous voici à la veille de quitter cette Faculté où s’écoulèrent les plus heureux moments de notre jeunesse ; c’est là que nous avons reçu de ces bons Maîtres les conseils désintéressés que leur dévouement et leur longue pratique leur ont suggérés et qui seront pour nous le meilleur guide dans la nouvelle vie que nous allons entreprendre.
Aussi, nous ne voulons pas parler de séparation, ce qui semblerait vouloir indiquer une rupture des liens qui unissent le Professeur à l'élève ; cette rupture n'existe pas, et durant toute notre vie nous resterons en communion avec
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ceux qui ne nous ont ménagé ni leur peine, ni leur temps, et à qui nous devons tout.
Qu'ils veuillent bien accepter comme gage de notre reconnaissance ce modeste travail.
Que Monsieur le Professeur Curtillet, Doyen de la Faculté de Médecine d'Alger, veuille bien trouver ici l'expression de notre respectueuse gratitude pour le dévouement dont il a fait preuve à notre égard, et pour la bienveillance qu’il nous a toujours témoignée.
Nous avons passé six mois dans le service du Docteur L. Cochez, Chirurgien des Hôpitaux, et c’est avec gratitude que nous le remercions de sa bienveillante sympathie.
Mademoiselle Vandomber, Maîtresse Sage-Femme à la Maternité d'Alger, a bien voulu nous aider à effectuer des recherches dans les archives de la Maternité ; elle nous a permis de mener à bien notre travail. Durant notre court séjour dans le service de la Maternité, elle a bien voulu nous faire part de sa connaissance approfondie de l’Obstétrique. Qu'elle veuille bien trouver ici nos remerciements les plus sincères.
Enfin, notre ami, le Docteur Pouget, Chef de Clinique obstétricale, ne nous a ménagé ni son temps, ni ses conseils. Il a mis à notre disposition, avec la bonne grâce qui lui est coutumière, sa science et son profond esprit didactique. Qu'il veuille bien accepter nos meilleurs remerciements.