CHAPITRE PREMIER
Historique
La médication organique, à laquelle Landouzy a donné le nom d’opothérapie, remonte à la plus haute antiquité. A cette époque, on s’empressait de traiter la lésion d’un organe par des préparations plus ou moins complexes, empruntées aux mêmes organes sains des animaux ; jusqu’à la chute des ongles, que les Grecs ont essayé d’enrayer au moyen de poudre d’ongles ou de griffes. Celse, Dioscoride, Galien, Oribase, se servaient de foies d’animaux divers pour essayer de combattre l’hydropisie et la jaunisse. En somme, il s’agit là d’une méthode thérapeutique qui était fort prisée des Romains et des Grecs ; et Pline l'Ancien, dans son «Histoire Naturelle», a pu nous transmettre fidèlement les formules de cette médication. Cependant, le Moyen Age ignore tout de cette méthode dont on ne peut retrouver de traces après l’invasion des Barbares ; mais elle reparaît avec la Renaissance, remise en honneur par l’Ecole d'Alexandrie et les médecins arabes qui en avaient fidèlement recueilli les préceptes. Au xvirIe siècle, elle retombe de nouveau dans l’oubli ; c’est qu’à cette époque, l’étude de la botanique fournit à la science thérapeutique une foule de médicaments nouveaux ; aux macérations on substitue les décoctions, et il est très vraisemblable quel’emploi des sucs organiques perdit de son ancienne valeur par le manque d'activité de ses produits. Aussi cette médication finit par disparaître totalement.