LETTRE
minutieuse, il put suivre.le trajet du liquide coloré. Il passait du 3 ventricule dans le 4° ventricule par le trou de Monro, puis dans l’espace sous-arachnoïdien par le trou de Magendie et probablement aussi par les deux ouvertures latérales, les trous de Luschka. Il colorait tout le confiuent cérébello-médullaire, passait en avant dans l'espace interpédonculaire, et en haut vers les fissures sylviennes jusqu'aux lobes temporo-sphénoïdaux, et même le long des gaines des nerfs optiques : en arrière et en bas le liquide coloré baignait les espaces sous arachnoïdiens médullaires.
Barr fit la même expérience sur plusieurs cadavres, et observa toujours la même distribution du liquide injecté, et il la tenta chez un enfant de treize ans, atteint de leptoméningite purulente grave, secondaire à une otite gauche. Sous l’anesthésie il lui fit une ponction lombaire qui donna issue à environ trente grammes d'un liquide purulent; puis, après avoir trépané sur une largeur d’un demi pouce au niveau de la partie postérieure de l’oreille gauche, il introduisit une canule-trocart dans le ventricule latéral gauche; il s’échappa immédiatement par la canule un jet de liquide louche. A ce moment le pouls qui était de 130 se ralentit jusqu’à 100 et la respiration devient régulière et perdit le rythme de Cheyne-Stokes. Après que l’écoulement du liquide du % ventricule eut cessé, il introduisit par la canule un tube de caoutchouc dans le ventricule, et il retira la canule; puis, par un entonnoir fixé à l'extrémité libre du tube, il versa dans le ventricule une solution saline stérilisée à la température de 38°, en tenant l’entonnoir à environ deux pouces au-dessus de la tête. Au bout de quelques secondes, il vit s’écouler un liquide purulent par laiguille de la ponction lombaire. Il éleva progressivement l'entonnoir jusqu’à environ un pied au-dessus de la tête, et vit sortir par la ponction lombaire une quantité de liquide trouble, mêlé d'exsudats, qui, au bout d’une heure,
MORT eos
s'était élevée à environ 250 grammes. A ce moment, en terminant, il fit verser dans ce ventricule environ 10 centimètres cubes de sérum antistreptococcique. Il retira alors l’aiguille de la ponction lombaire, et baissa ce tube de caoutchouc dans le ventricule latéral, après Pavoir fixé par des sutures aux parois craniennes.
Le malade supporta très bien l’opération, et à aucun moment de l'intervention, il ne présenta de syncope ou d'arrêt de la respiration qui aurait pu indiquer une compression dangereuse des centres du 4 ventricule. On nota seulement que le nombre des respirations augmentait, lorsque l’entonnoir était élevé de plus d’un pied. Immédiatement après l’opération la température était tombée de 40° à 380,5, il y avait une amélioration de l’état général, mais le malade ne reprit pas connaissance; l'amélioration ne persista pas; le malade succomba quatorze heures après la fin de l’opération. L’autopsie confirma le diagnostic de leptoméningite basale diffuse, caractérisée par la présence d’une grande quantité de liquide avec exsudat dans les espaces sous arachnoidiens de la basé.
Barr (Britisch médical journal, 25 nov. 1910) se propose de renouveler cette tentative de lavage des espaces sous-arachnoïdiens dans la méningite, puisqu'il ne paraît y avoir aucun danger pour la vie; l’expérience sera le seul juge de la valeur de cette intervention thérapeutique. Il ajoute que l’insuccès observé chez son malade est sans doute dû à ce qu’il y avait trop d’exsudats dans les espaces sous-arachrnoïdiens et que le liquide pathologique etait trop épais. Il se demande si, l’opération ayant été faite plus tôt, alors que le liquide pathologique était plus fluide et que le malade n’était pas complètement intoxiqué, le résultat n'eüût pas été différent.
Nous tenons à citer une tentative de ce genre faite par notre maître, M. Henri Aboulker, chirurgien des hôpi-
Ven
taux. Le cas dont il s’agit n’est pas en partie du moins applicable à la méningite cérébro-spinale primitive à pneumocoque mais nous estimons que, abstraction faite de la porte d’entrée et de la première iotervention sur la mastoïde, le traitement chirurgical entrepris par la suite pour drainer la cavité rachidienne est à prendre en considération. Ne pouvons-nous pas considérer le canal céphalo-rachidien à ce moment comme une cavité septique et ne pouvons-nous pas à l'instar de ce que nous faisons pour la plèvre, pour le péritoine infectés drainer et laver ?
Voici l'intervention et les réflexions de l’auteur.
Il s’agissait d’un enfant envoyé à l'hôpital qui au cours de suppuration d’oreilles présenta des accidents méningitiques ; nous passerons rapidement sur le premier temps de l'opération qui consista en un évidement de sa mastoïde, qui nous importe relativement peu, pour arriver à la seconde intervention.
Le pouls est à 96-petit ; la température est à 3902. Le malade est obnubilé avec quelques moments de lucidité. Il est toujours couché en chien de fusil avec de légères - contractures ; lèvres et langue fuligineuses.
L'état est désespéré; le liquide céphalo-rachidien est absolument purulent. C’est un véritable empyème putride de la cavité arachnoïdienne. Devant la gravité des faits, l’auteur prend la décision d’évacuer le liquide purulent et de drainer la cavité comme un abcès.
Incision dans la région lombaire de 10°", mise à nu de la lame vertébrale gauche de la quatrième vertèbre lombaire, trépanation de cette lame. Lavage de la surface trépanée par du sérum chaud qui s’écoule par plaie lombaire.
Mort vingt heures après.
L'auteur examine ensuite un moyen moins brutal que celui du lavage à grande eau de la cavité. La méthode des dilutions successives, c’est-à-dire substitution du
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lavage à grande eau, par un lavage à petites doses fractionnees.
On retire 10° de liquide purulent qu’on remplace par 1C% de liquide céphalo-rachidien artificiel; cet exercice se répèterait tous les jours et plusieurs fois pendant la même séance, réservant pour la dernière injection l’agent thérapeutique.
Certes, nous ne nous proposons pas de résoudre cette question; tel n’est pas le but de notre thèse, nous contentant de mettre au point la question du traitement
nous avons cru bon de signaler lies tentatives faites dans ce sens.