‹ Contribution à l'Étude de la Méningite Cérébro-Spinale Primitive à PneumocoquesChapitre 24 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement curatif de cette affection comporte un certain nombre de moyens anciens auxquels on eut recours, que nous nous contenterons de mentionner pour ne nous attacher qu’aux méthodes vraiment actives de ces dernières années.

C’est ainsi qu’on à eu recours au calomel à doses fractionnées, à l’antipyrine, à l’iodure de potassium. En Italie le traitement mercuriel a été préconisé. Enfin contre l’excitabilité du système nerveux on a employé les opiacés, le chloral, le bromure ; contre la céphalalgie et la rachialgie des applications de glace et des émissions sanguines.

Ces agents thérapeutiques sont pour la plupart tombés en désuétude quoique certains d’entre eux puissent être accessoirement employés à titre de traitements symptomatiques.

Les injections sous-cutanées de sérum artificiel employées quotidiennement et à haute dose ont pu rendre des services en amenant un abaissement de la température, de la diurèse de la sudation et un certain apaisement des troubles nerveux.

Mais les véritables agents thérapeutiques, ceux qui constituent de véritables progrès sont : la ponction lombaire, le traitement par les bains chauds, les injections sous-cutanées, intra-veineuses et intra-rachidiennes de métaux colloïdaux, en dernier lieu la sérothérapie.

La ponction lombaire avait été pratiquée par Quinke dans un but thérapeutique. Puis on lui refusa toute valeur thérapeutique, surtout en Allemagne où on lui conserva

Seulement sa valeur diagnostique. La ponction lombaire agit en diminuant l'hypertension du liquide, en enlevant une certaine quantité de toxines et de microbes et en permettant d'introduire au niveau des méninges un agent thérapeutique.

La thérapeutique de la méningite par les bains chauds fut préconisée par Aufrecht et d’autres médecins étrangers, vulgarisée par M. Netter. Ces bains doivent être donnés à 35°, 38° et même 40° d’une durée de 20 à 40 minutes, pendant laquelle il est bon de faire des affusions fraîches sur la tête. Cette pratique amène un certain abaissement de la température mais surtout la diminution des contractures et des douleurs céphaliques et rachidiennes.

C’est vers 1902 que M. Netter commença à employer Pargent colloïdai ; depuis ce médicament a été employé dans la méningite cérébro-spinale par de nombreux auteurs, soit sous forme de collargol (argent colloïdal chimique), soit sous forme d’électrargol (argent électriquement dissocié), en frictions, injections intra-veineuses, ou rachidiennes. C’est surtout l'injection intra-rachidienne après évacuation d’une certaine quantité de liquide purulent un peu supérieure à la quantité d’argent à injecter, qui à été adoptée.

Pour M. Netter, l’argent colloïdal agit en renforçant l’activité des processus de défense, en activant les organes hématopoiétiques, en favorisant la production de substances antitoxiques et bactéricides.

Cependant on doit noter que l’argent colloïdal ne se diffuse pas et étant fixé sur place par la fibrine et les leucoytes, il ne dépasse guère la région lombaire; on doit néanmoins insister sur ces injections, ne serait-ce que pour activer la phagocytose.

La méningite cérébro-spinale à pneumocoque n'étant qu’une localisation d’une infection d’origine presque toujours sanguine, w’était-il pas naturel d’'injecter dans

De Re

le courant circulatoire cet agent thérapeutique. Le traitement qui, à l'heure actuelle semble lemporter, est le suivant. Ponction lombaire aussi précoce que possible, tant pour le diagnostic bactériologique aussi que pour le traitement, suivie d'injection intra-rachidienne d’électrargol à la dose de 5 à 10°° selon que le liquide est plus ou moins hypertendu. On répète tous, les deux jours ces ponctions suivies d’injections d’électrargol et tous les jours une injection intra-veineuse délectrargol de 10° ; en même temps bains chauds à 39 toutes les quatre heures.

Nous devons signaler le sérum antipneumococcique de Rômer auquel semble-t-il on doive rapporter quelques cas de guérisons. Une observation de Schlesinger de méningite cérébro spinale guérie et un cas de septeiémie pneumococcique traitée avec succès par ce sérum. Ce vaccin d’après M. Bosc ne paraît devoir donner des résultats que dans les localisations extrapulmonaires.

Il faut noter que chez le petit malade de notre observation, les injections de sérum antiméningococcique ont aggravé les phénomènes méningitiques et précipité les événements. Nous devons aussi signaler quelques cas de guérison de méningite cérébro-spinale par les injections intrarachidiennes de lysol (méthode de Frauça) à 1/00, 5 à 7° tous les jours.

MM. Glatard et Cabanes concluent à propos de ce traitement :

1° Que les injections de Lysol à 1100 sont bien supportées en tous cas ne donnent lieu à aucun phénomène d’intolérance.

20 Que chaque injection de lysol a été suivie d’une amélioration de l’état général.

30 Qu'il est utile pour que la méningite soit de courte durée de faire une injection quotidienne.

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4° Que le lysol agit comme antiseptique.

Nous mentionnerons en terminant un traitement qui est à l’essai seulement et qui peut être appelé à donner de bons résultats, c’est le lavage des espaces sous arachnoïdiens cérébro-médullaires.

Voici à ce propos la technique et le résultat obtenus par le Docteur Barr (Paris médical).

Est-il possible de faire un lavage des espaces sousarachnoïdiens cérébro-médullaires pour évacuer les éléments pathologiques (pus, eæsudat, organismes pathogènes) que l’on trouve dans les espaces sous-arachnoïdiens dans les cas de lepto-méningite? Telle est la question que le docteur Barr, de Glascow, a essayé de résoudre. À cet effet, il fit d’abord des recherches sur des sujets morts de méningite. Chez un enfant qui avait succombé à une méningite cérébro-spinale, il fit d’abord une ponction lombaire qui donna issue à une petite quantité de liquide trouble. Il laissa en place l’aiguille, puis, à travers une petite couronne de trépan faite audessus et en arrière de l’oreille gauche, il introduisit une canule-trocart dans le ventricule gauche, et, après avoir retiré le trocart, il vit s’écouler par la canule une petite quantité de liquide trouble. Adaptant à la canule un tube de caoutchouc et un entonnoir de verre placé à environ deux pieds au-dessus de la tête il versa dans l’entonnoir une solution de fuschine phéniquée dans le ventricule, et il vit immédiatement s’écouler du liquide trouble de l'aiguille de la ponction lombaire, et au bout d’une minute ce liquide prit une teinte rouge, et cet écoulement persista aussi longtemps qu’il versa de la solution de fuschine phéniquée dans le ventricule gauche. La vitesse de l'écoulement par laiguille de la ponction lombaire était en rapport avec la hauteur à laquelle était placé l’entonnoir, dans lequel il versait ce liquide coloré.

1l enleva ensuite le cerveau, et, par une dissection

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