OBSERVATION Î
Mme Le B.…., 48 ans, ee profession, entrée le 17 décembre 1940, décédée le 12 janvier 1941.
La malade, âgée de 48 ans, entre dans le service le 17 décembre. Depuis un mois ses jambes enflaient, surtout aux chevilles et elle a fait plusieurs chutes à cause
de leur faiblesse, Depuis une quinzaine de jours, son ventre a augmenté de volume ; il est douloureux spontanément et à la pression. L’amaigrissement atteint 6 à 8 kgs depuis les premiers symptômes de la maladie, il est surtout visible aux membres inférieurs.
A l’examen, les pommettes et le nez sont couverts de
varicosités, la langue est normale. Les jambes sont actuellement très peu enflées ; on note un lèger œædème lombaire.
L’abdomen, parsemé de vergetures, est dur, tendu et augmenté de volume ; il contraste avec le thorax amaigri. L’ombilic est déplissé ; il n’y a pas de circulation collatéralé.
La percusion révèle une matité basse à concavité supérieure indiquant une légère ascite mobile. Le signe du flot est positif. La partie supérieure de l’abdomen est météorisée.
Le foie, ptosé, est relativement petit et ferme, le signe du glaçon ne peut pas être mis en évidence.
La rate est percutable, mais non palpable.
Une légère matité de l’hémithorax gauche fait présumer un épanchement. On entend: des râles sibilants en arrière, ronflants en avant, La malade tousse et crache.
Le cœur est normal ; la tension artérielle est 13-9.
La malade a actuellément une tendance nette aux ecchymoses ; elle présente de légers phénomènes de télangiectasies aux mains. Elle ne signale ni hématémèse, ni épistaxis. On ne note aucun ictère.
Les réflexes rotuliens et achilléens sont normaux ; le mollet droit est douloureux à la palpation. La force musculaire n’est pas diminuée. Les extrémités des membres sont froides.
Les réflexes oculaires sont normaux.
L’oligurie est très nette ; les urines sont foncées avec un dépôt orangé, sans sucre ni albumine.
Ces signes indiquent une cirrhose d’origine éthylique probable, sans qu’on puisse l’affirmer.
Il n’y a rien de particulier dans les antécédents.
La malade a deux enfants.
Elle absorbe 10 gr. d’extrait hépatique, et suit un régime lacto-végétarien.
ce dO—
Examens de Laboratoire
Le 22 Décembre 1940 — Liquide d’ascite.
.Albumine 20 gr. p. 1000.
Rares hématies, quelques polynucléaires non altérés, quelques lymphocytes. Rares celiules endothéliales.
Aucun placard, pas de microbes.
Le 22 Décembre 1940 — Liquide pleural.
Albumine 25 gr. p. 1000.
Assez nombreuses hématies — Eléments cellulaires très abondants. Nombreux placards endothéliaux. Prédominance des cellules endothéliales. Assez nombreux lymphocytes. :
Rares polynucléaires non altérés — Pas de microbes.
Le 24 Décembre 1940 — Epreuve de la galactosurie provoquée.
Echantillons Volume Sucre p. 1000 Sucre éliminé PA U.30 cm 19,30 gr. 0,57 gr.
2 DS PAU 0 de 20 « traces indosables traces indosables 4 30 — néant néant Le 13 Janvier 1941 — Examen anatomique.
A l’ouverture de l’abdomen, on constate la présence de liquide d’ascite.
Le foie a un aspect granité d’hépatite. Il pèse 1240 gr.
Examen microscopique : « foie assez gras et un peu scléreux ».
Le lobe supérieur gauche du poumon est splénisé.
Les dosages de méthionine et de soufre pratiqués le 9 Janvier, trois jours avant la mort, donnent les chiffres suivants :
Méthioniné#......1..0. 1 gr. 87 p. 1000 Soufre méthionique.... 0 gr. 40 — SOUTTENLOtAlIT CAES R 1:2r%21 — Rapport124:: se AE 0,33
Il s’agit en résumé d’une malade atteinte d’hépatite chronique alcoolique, avec ascite et dégénérescence graisseuse du foie assez marquée, présentant trois jours avant sa mort, un abaissement considérable de la méthionine et du soufre total avec conservation de la valeur normale du rapport soufré.
OBSERVATION Il.
Mr. R.. 53 ans, entré le 30 novembre 1940, décédé le 18 janvier 1941.
Le malade entre à l’hôpital le 30 novembre 1940 parce qu’il présente depuis 2 mois une dyspnée d’effort qui va en s’accentuant. Il se plaint aussi de faiblesse des jambes ; la marche lui est pénible. Levé, il ressent une sensation de froid, aussi reste-t-il alité depuis plusieurs semaines. Il n’a pas d’appétit ; son alimentation se compose de soupe, de tisanes, d’une très petite quantité de viande. Il dort bien, n’éprouve pas de céphalée, maïs quelques étourdissements quand il se lève.
A l’examen, on constate que l’abdomen est augmenté de volume, très tendu et dur sur toute sa surface, douloureux à la percussion avec un maximun au creux épigastrique. La partie supérieure est météorisée ; à la partie inférieure, le signe du flot très faible indique une très léxère ascite libre ; il n’y a pas de circulation collatérale.
Le foie est gros, dépassant de deux travers de doigt le rchord costal sur la ligne mamelonnaire. 11 est très dur ct douloureux ; il n’y : pas de reflux hépato-jugulaire.
La rate est percutable.
Aux parties déclives, aux lombes, à la face interne des cuisses et aux malléoles internes, on constate un œdème considérable, blanc mou, non douloureux, prenant le godet.
A l’examen du thorax, les vibrations vocales sont diminuées aux deux bases. Une ponction exploratrice permet de retirer un liquide jaune pâle, contenant peu d'éléments cellulaires et 18 gr. d’albumine par litre.
La pointe du cœur est difficilement perceptible; en ‘: mettant le malade en décubitus latéral gauche, on constate qu’elle est abaissée, A l’auscultation, on entend un bruit de galop qui décroit d’ailleurs depuis l’entrée du sujet dans le service. La tension artérielle est à 16-9. Le pouls légèrement accéléré à 84, est régulier et bien frappé.
Le signe du lacet est faiblement positif, mais il n’y a pas d'étoiles vasculaires ; on note des varicosités sur les poramettes.
Les réflexes rotuliens, achilléens et pupillaires sont normaux. | |
L’oligurie est très marquée : 500 cm° par jour ; l’urine ne contient ni pigments, ni sels biliaires, mais une certaine quantité d’urobiline.
Le malade absorbe quotidiennement 10 gr. d’extrait hépatique ; il est au régime lacto-végétarien.
Examens de Laboratoire.
Le 30 novembre 1940 — Liquide pleural.
Albumine 18 gr. p. 1000.
Eléments cellulaires peu abondants. Prédominance des cellules épithéliales. Très rares placards endothéliaux.
Quelques polynucléaires et lymphocytes. Pas de microbes.
Le 2 décembre 1940 — Sang.
Urée 0 gr. 44 p. 1000.
BW —H8 H—H8 Kahn — négatif M. K.R.II :
négatif.
Le 3 décembre 1940 — Urines. À
Absence de pigments et sels biliaires, présence d’urobiline. Er
Epreuve de la galactosurie provoquée.
Echantillons Volume Sucre ‘p. 1000 Sucre éliminé 1 60 cm 17 gr. 80 1 gr. 06 2 30 — 11 gr. 20 0 gr. 33 3 60 — 5 gr. 40 0 gr. 32 J 500 — 0
Le 7 décembre 1940 — Liquide d'ascite.
Albumine 25 gr. p. 1000.
Quelques hématies. — Eléments cellulaires assez abondants avec prédominance de cellules endothéliales et de nombreux placards endothéliaux. Quelques polynucléaires non altérés et quelques lymphocytes. — Pas de microbes.
Le 27 décembre 1940 — Liquide d’ascite.
Albumine 26 gr. p. 1000.
Rares hématies. — Eléments cellulaires peu abondants.
Prédominance des lymphocytes, quelques polynucléaires non altérés. — Rares cellules endothéliales. Aucun placard endothélial. Pas de mierobes.
Expectorations.
Absence constante même après homogénéisation de B. K. au cours d'examens répétés.
et
Le 13 janvier 1941 — Examen anatomique.
Le météorisme abdominal test marqué.
A l’ouverture de la paroi, écoulement de liquide d'ascite extrêmement abondant, de couleur jaune pâle.
Adhérences épiploïques soudant la face inférieure du foie à l’estomac, surtout marquée au lobe gauche.
La surface du foie est parsemée de nodules jaune pâle, confluents au lobe gauche. La consistance de l’organeest plus dure qu'à l’état normal. A la coupe, ‘on voit des nodules jaune pâle truffarit le ’parenchyme ‘hépatique dans sa ’totalité surtout dans le lobe gauche.
La sclérose hépatique “est ‘discrète. La ‘stase ‘centro- Acbulaïre est :tégère, la graisse peu ‘abonärte. Poids 1.725
La queue du pancréas est infiltrée de nodules.
La rate porte une petite tache ‘blanchâtre superficielle pouvant répondre :à un infarctus ‘ancien. — Poids : 210 :gr.
Les reins petits et rouges pèsent-chacun 440 gr.
Les plèvres ‘sont adhérentes -à gauche.
des autres organes m'offrent rien à signaler.
Le dosage de méthionine ‘pratiqué le 5 ‘décembre, 6 ‘jours ‘après l'entrée ‘du malade ‘donne îles ‘chiffres suivants :
MÉERIGNIITE A eve, 2 ‘gr. ‘05 p. 1000 Soufre méthionique.... ‘0,#4
La quantité de sang recueillie ne nous a pas permis
de pratiquer le ‘dosage du soufre total.
Il :s’agit en résumé, d’un malade entré à l'hôpital avec le diagnostic de cirrhose. L’ascite est peu ’abon- -dante, mais l’état d’amraigrissement d'emblée ‘assez impressionnant, Le malade décède un mois et demi après son admission à l'hôpital, et à l’examen anato-