OBSERVATION VI
M. M... 59 ans, ramasseur de bouteilles. Entré 1e 19 avril 1941.
Le malade entre le 19 avril pour une augmentation de volume de son abdomen et un œdème important des membres inférieurs. Le début de ces troubles remonte au mois de janvier, avec œdèmes des membres inférieurs survenant le soir, surtout lorsque le sujet est fatigué. Cet œdème augmente progressivement et gagne la verge et le scrotum, l’abdomen, les membres supérieurs, en méme temps l’abdomen augmente de volume.
Après avoir consulté à la Salpétrière, le malade est hospitalisé en février. Le repos et le traitement amènent une grande amélioration de son état : l’ascite et l’œdème disparaissent ; d’ailleurs ïl boit beaucoup moins. Mais
les mêmes phénomènes ne tardent pas à se reproduire, plus marqués que la première fois, accompagnés d’oppression.
L'état général n’est pas altéré, 11 n’y a pas d’anorexie, pas de nausées, pas de vomissements, mais deux ou trois crises de diarrhée par semaine. Le sommeil est mauvais, entrecoupé de cauchemars.
Il n’y a ni épistaxis, ni hémorragies.
DU
Antécédents.
En 1915, méningite cérébrospinale ; en 1918, atteinte de paludisme en Orient. Les antécédents collatéraux n’offrent rien à signaler. :
A l’examen, on se trouve en présence d’un malade au teint bronzé qu’il a toujours eu. Il n’est pas subictérique, ses pommettes présentent de petites varicosités, ses lèvres sont pâles, sa langue sèche et rouge.
L’abdomen est fortement distendu, l’ombilic déplissé; on constate une légère circulation collatérale ascendante et quelques varicosités de la paroi abdominale.
La percussion révèle une zone de matité à concavité supérieure passant à 1 cm. au-dessus de lombilic, et d'ailleurs variable. Le signe du flot est manifeste.
La palpation est impossible et douloureuse ; il n’y à pas de signe du glaçon.
Un œdème très considérable, dur, blanc, prenant le godet, s'étend aux membres inférieurs et remonte au scrotum, à la verge, à l’abdomen et au thorax. |
La rate est percutable sur 8 cm. indolore, non palpable.
Le bord supérieur du foie est dans le 7° espace intercostal, le bord inférieur n’est pas palpable.
Le malade est oppressé ; le rythme respiratoire est de 28 par minute, On entend des râles bronchiques diffus et on constate l’existence d’un épanchement pleural droit,
Le cœur est normal, ses bruits sont un peu sourds ; la tension artérielle est à 15-9 1/2 (et à 17-8 le jour de la prise de sang pour dosage de méthionine).
I y a en plus de l’oligurie avec albuminurie (9 gr. par litre).
Le 26 avril apparaît une douleur pongitive de l’hypochondre gauche, exagérée par la respiration ; la percussion est difficile à cause de l’œdème. On note cependant une matité de la base gauche avec de gros râles crépitants et sibilants, sans souffle.