CONCLUSIONS
Dans la première partie, nous avons exposé l’état actuel des recherches faites sur la méthionine, dans la seconde, les résultats de notre travail.
1°) La méthionine acide « amino — ÿ — méthylthiobutyrique est un corps dont les propriétés et la constitution sont bien connues ; les méthodes de préparation et de synthèse parfaitement établies, les procédés de dosage précis bien que longs et délicats.
2°) La méthionine existe dans toutes les protéines animales et dans les protéines végétales sauf dans celles de certaines algues marines.
3°) La méthionine est le seul amino-acide soufré indispensable à la croissance du jeune animal ; elle favorise la production des phanères et en particulier de la laine. Il y antagonisme entre la méthionine et la cystine en ce qui concerne les réserves lipoïdiques du foie : la première les mobilise, la seconde favorise leur accumulation. Enfin, la méthionine intervient
dans les phénomènes de conjugaison aboutissant aux acides taurocholique, mercapturiques, etc.
4) Le catabolisme de la méthionine n’est pas encore entièrement élucidé, mais il est certain que la cystine en est un stade intermédiaire et que le stade terminal est représenté par le soufre oxydé sous les formes sulfurique et sulfonique.
, 5°) Les rapports de la méthionine avec les phénomènes enzymatiques et microbiens ont été également étudiés ; or, tandis que la méthionine remplace -efficacement la cystine dans l'alimentation des animaux, elle se comporte d’une toute autre manière en pré-
sence des bactéries.
6°) Nous avons déterminé dans le sang total le taux normal de la méthionine totale (libre et combinée) et celui du soufre total. Nous n’avons pas dosé le soufre minéral car il ne représente que 2 à 3 % du soufre total et ses variations ne modifient que très peu la valeur du rapport soufré : -
soufre méthionique
soufre total
Les chiffres extrêmes sont :
Méthionine .......... 2 gr. 50 —— 2 gr. 75 p. 1000 Soufre méthionique:.. Ogr. 53 — 0 gr. 59 — SoUfre total "#0 1° 67, 46, = MAIOR a 7D RES
Rapport soufré....... OL SOUS 7 ——
iU—
ce qui donne en moyenne
1 MOthiOnINe. 4... 2 gr. 62 p. 1000 Soufre méthionique.. 6 gr. 56 — Soufre fotal...:...... 1 gr. 60 — Rapport soufré....... 0,35
Les mêmes dosages pratiqués chez certains malades dont nous donnons en même temps les résultats des examens chimiques, bactériologiques «et histologiques montrent que :
7°) Les affections chroniques du foie : cancer, hépatites, cirrhose, s’accompagnent d’une diminution parfois très marquée de la teneur du sang total en méthionine et en soufre ; le rapport soufré s'éloigne peu de la normale sauf dans un cas où il est très abaissé. Cependant ces valeurs sont normales chez un malade atteint d’hépatite pigmentaire dont l’ascite a disparu depuis trois ans, et subnormales chez une cirrhotique éthylique dont l’état s’est considérablement amélioré.
8°) Les néphrites albuminuriques azotémiques et hypertensives sont également caractérisées par des taux de méthionine et de soufre inférieurs à la moyenne, avec de faibles variations du rapport soufré.
La réserve soufrée que constitue la méthionine se révèle donc plus ou moins diminuée dans le sang de ces malades. On pourrait nous objecter le régime lacto-végétarien que suivent un certain nombre d’entre eux, et dire qu'il est la cause de cette défi-
cience. Nous ne le pensons pas, car la méthionine se trouve dans toutes les protéines alimentaires, animales et végétales, et le rapport soufré y a, comme dans le sang normal, une valeur de 35 % environ.
Dans l’état actuel de la question, on ne peut pas encore préciser si cette diminution provient d’un gaspillage, de besoins accrus ou d’un défaut de mise en réserve.
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9°) Il semble que l’on puisse attribuer le déficit
méthionique du sang total uniquement aux globules, -
mais cette notion demanderait à être vérifiée par une expérimentation plus large.
10°) L’examen anatomique a été pratiqué chez trois de nos malades (obs. I, II et VIID. Les images de.
dégénérescence graisseuse du foïe les plus nettes ont été trouvée chez celui d’entre eux dont le taux de méthionine sanguine était le plus faible (Obs. D. Or, les auteurs américains ont montré activité lipotropique de la méthionine qui. tend à mobiliser les
lipoides hépatiques.
11°) Le diabète apparaît sans influence sur la teneur du sang en méthionine.
12°) Il est difficile de prendre actuellement position. à l’égard de la maladie d’Appison car chez un sujet menant une vie presque normale, grâce à un traitement énergique et scrupuleusement suivi, nous avons trouvé des chiffres voisins de la moyenne. La méthionine s’en est-elle écartée à la période aiguë et le
traitement l’a-t-il ramenée au taux habituel, ou bien la maladie d’ADpisoN n’exerce-t-elle aucune influence ? Etant donné l'importance que jouent les capsules surrénales dans le métabolisme du soufre, la première hypothèse est vraisemblable, mais on n’en a jusqu'ici aucune preuve expérimentale ni clinique.
Vu : le Doyen de la Faculté, Vu : le Président de thèse, BAUDOUIN. . LOEPER.
Vu ei permis d'imprimer :
Le Doyen de la Faculté des Sciences chargé des fonctions de Recteur de l’Académie de Paris
CH. MAURAIN