‹ Contribution à l'étude de la Méthode de BierChapitre 7 sur 40 · ACTION LOCALE ET GÉNÉRALE DÉS BAINS D'AIR CHAUD SUR L'ORGANISME · texte numérisé non relu

ACTION LOCALE ET GÉNÉRALE DÉS BAINS D'AIR CHAUD SUR L'ORGANISME

Nous devons à l'obligeance de M. le professeur Estor, qui a bien voulu mettre à notre disposition l'étuve à air chaud qu'il possède dans son service, d'avoir pu contrôler la rigoureuse exactitude de la plupart des faits énoncés par Bier en ce qui concerne les modifications subies par la partie du corps traitée et par lorganisme tout entier.

EFFETS LOCAUX. — A 50° le membre introduit dans l'appareil est moile ; à 60-70° il transpire ; à 100° la sudation est très abondante ; au-dessus et jusqu'à 120° la sécrétion sudorale diminue.

La rougeur de la peau est modérée à 70 degrés, nolable à 80 et 100 degrés, très intense au-dessus. Le processus entier n'a rien de désagréable, il laisse une sensation euphorique.

La partie qui a été exposée à l'air chaud présente, pendant une heure et plus, une température supérieure à ce qu'elle était auparavant de 1 degré environ 1 heure plus tard. Il ne faut pas que les malades aient dans l'appareil une sensation de cuisson douloureuse qui indique une

brûlure du 1% ou du ?° degré. Nous n'avons pas observé cet accident chez le malade que nous avons traité, bien qu'il laissat volontiers le thermomètre s'élever à 120 deurés et plus. «

L'usage prolongé du bain d’air chaud produit un réseau de marbrures brunes qui persiste longtemps après la suppression du traitement (quatre mois dans le cas que nous avons observé).

EFFETS GÉNÉRAUX. — Ce mode de traitement provoque une transpiration générale de tout le corps, Faccélération du pouls et de la respiration. L'air chaud à une action déprimante qui se manifeste chez les anémiques par des maux de tête, de la fatigue, de la dépression, des palpilations, parfois même des syncopes. On peut éviter ces inconvénients en plaçant sur la tête du malade une compresse froide. D’après Lamberger, ces malaises seraient dus soit à l'élévation de la température de la chambre, soit à la respiration de CO? et de gaz loxiques provenant de la combustion de l’alcool et du gaz d'éclairage. [l faut aussi éviter de laisser refroidir les individus qui transpirent. Pour éviter les œdèmes persistants et une hyperhémie qui persiste au repos, le traitement sera d’une heure chaque fois. Le procédé à une action sur la circulation générale au point d'exagérer les pertes menstruelles ou de les faire avancer ; 1l faut donc interrompre le traitement pendant les règles et ne pas l'appliquer immédiatement avant ou après les repas.

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IT. - Hyperhémie passive

Depuis très longtemps employée empiriquement par les médeeins, lhyperhémie passive s'obtient à l'aide d'une bande élastique qui comprime le réseau veineux superficiel de l'organe à traiter ct v produit aussi une stase intense. Pour Bier, les méthodes antiphlogistiques sont surannées, et le-temps n’est pas éloigné où l’on se rendra compte que Pemploi de lhyperhémie, qui répugne encore à beaucoup de praticiens, est utile et bien fondé, non seulement pratiquement, mais encore logiquement el scienuifiquement.

Ambroise Paré employait la stase sanguine pour la consolidation des fractures à cal petit et retardé, en faisant une ligature à la racine du membre, « car par ce moven, dit-il, on exprime le sang et on le fait couler à la partie offensée. »

Nicoladini se servait d'un tuyau élastique placé au-dessus de la région fracturée ; Von Dumreicher détermine la stase dans la partie fracturée par des compresses en forme de coin placées au-dessus el au-dessous de la lésion, leurs extrémités larges lournées vers l'os fracturé.

C'est Thomas qui paraît avoir employé le premier la bande élastique pour faire la stase sanguine.

Bier l’emploie exclusivement. Voici les règles de son application, formulées par le docteur Scultze, élève de M. le professeur Bier, au cours d’une leçon qu'il fit en mars dernier dans le service de M. le professeur Reclus.

Nous les empruntons à la Quinzaine thérapeutique du 10 mars dernier et les reproduisons in-extenso :

«Il existe deux variétés de bandes élastiques : l’une fine et mince, l'autre plus forte; celle-ci pour les membres inférieurs, celle-là pour les membres supérieurs

» La jambe, étant donné sa grosse musculature, doit être serrée plus fort et une bande mince se plisserait facilement. La bande forte, d'autre part, n’est pas agréable sur le bras d’une personne sensible. La bande d'Esmarch serait supportable. La bande doit être roulée sans plis sur une assez grande largeur et non sur un seul tour circulaire, ce qui ferait une compression douloureuse. La longueur de la bande sera d'un mètre à un mètre cinquante. On fait donc avec cette bande 6 à 8 tours, puis on l'arrête avec une épingle de sûreté, ou bien on la colle seulement avec de l’eau, en laissant le dernier demi-tour très lâche ; dans ce dernier cas, on met un tour de flanelle par-dessus pour que la bande ne se déroule pas.

Pour appliquer la bande à l'épaule, à la tête et au testicule, 11 faut suivre une techuique particulière, qui demande une certaine sûreté de méthode.

» Pour la tête, on emploie un lien de caoutchouc tissé, ayant l'aspect d’une jarretière large de 2? centimètres. Pour l'épaule, c’est un tube de caoutchouc très épais, recouvert de feutre mou en forme d'anneau.

» Pour le testicule, enfin, on se sert d’un tube de caoutchouc mou, on le met autour de la racine du scrotum, protégée avec de l'ouate. |

» Mais occupons-nous de l Dune ation de la bande élas-

tique en général.

» Dans les infections aiguës, l’hyperhémie par stase doit être appliquée et prolongée sans interruption pendant vingt à vingt-deux heures. Pendant les deux ou quatre

premières heures, on place le membre dans une position élevée pour diminuer l'œdème produit par la bande. L'hyperhémie par stase doit être dosée très soigneusement, elle exige une technique minutieuse.

» La bande ne doit être appliquée, ni trop serrée, ni trop lâche. Mise trop lâchement, elle n'apporte aucun avanlage ; trop serrée, elle peut être nuisible en provoquant des troubles de nutrition. Les règles de cette application, de la plus haute importance, peuvent être ainsi résumées :

» 1° Za bande ne doit pas modifier le pouls artériel qui doit toujours étre senti distinctement. IH ne s'agit pas de troubler l’afflux sanguin artériel, mais seulement d’obtenir un ralentissement du courant veineux ;

» 2° Les symptômes inflammatoires doivent augmenter fortement, les régions exposées au traitement doivent étre bien chaudes, rouges ou bleu-rouge, jamais pâles el froides. Un œdème rouge et chaud doit se développer ;

» 3° La slase ne doil Jamais produire des douleurs,

autrement elle est mal appliquée ; au contratre la douleur qui existait avant le traitement doit diminuer ;

» 1° Les abcès el la rélention du pus doivent étre tou- Jours diagnosliqués aussilôl que possible el incisés de suite. C’est là une règle qu'on ne saurait trop répéter ;

» »° On renonce au lamponnement el au drainage. Seules en général les incisions doivent assurer le bon écoulement du pus. Bien entendu, on doit toujours se convaincre qu'il n'ya pas de rétention. Avec une pression douce ou avec une.ventouse on évitera la stase du pus. Quand la sécrétion est très forte ou s'il s'agit d'une grande poche, on fera tous les jours une irrigation avec du sérum arüficiel ;

» 6° Dans les cas où il s'agit d’articulations suppurées ou de phlegmons des gaines, on doit faire exécuter des

Re mouvements aussitôt que la disparilion des douleurs le permet, pour conserver le fonetionnement des qganes :

» 7° Il ne faut pas appliquer la bande trop près du foyer inflammatoire, mais au contraire aussi loin que possible. Par exemple, dans les suppurations des artieulations de la main, on met la bande autour du bras ;

» 8° [lesttrès important d'appliquer tous les pansements sans les serrer, sinon l’on empêche la production de lhvperhémie et du gonflement justement dans la région infectée.

» La bande élastique doit être appliquée au début, pendant 20 à 22 heures. Quand le traitement produit une amélioration, on diminue de plus en plus la durée de la stase pour ne laisser finalement la bande que pendant quelques heures par jour. Si on lenlevait trop vite, une agoravation pourrait se produire. Mais certains troubles sont les premières alarmes d'une stase trop forte: ce sont des taches rouges, des vésicules et des hémorragies de la peau. Le malade lui-même a la sensation que sa main S’endort; il y a des fourmillements el des douleurs.

» En général, la fièvre tombe dès le début, quelquefois très vite, quelquefois lentement. Si on remarque pendant le traitement que la fièvre remonte, on doit toujours penser qu'un abeès se produit; l'augmentation simultanée des phénomènes locaux confirme le fait. Si ces accidents se produisent, il faut relàcher la bande.

» [arrive souvent que la bande, quoique bien mise et bien supportée par de malade, détermine, après quelques heures, des symptômes de ‘constriction. L'œdème, qui s'est produit très intense, comprime les veines, et, au lieu du ralentissement, détermine une interruption du courant veineux. I faut alors relâcher la bande de nouveau.

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» Ainsi donc.la stase doit être dosée soigneusement et la plus grande attention est nécessaire. En procédant autrement, on n'obtiendra rien et on arrivera à dénigrer

un excellent procédé de traitement. » Ê

IIT. — E yperhémie produite par les ventouses sèches

Bier et son collaborateur Klapp ont utilisé la ventouse sèche pour [a production d’une hyperhémie sans doute arlério-veineuse en vue du’ traitement d'affections très variées. Ce n’est évidemment pas là une méthode nouvelle; de tous temps tous les peuples de la terre ont emplové la ventouse sèche. Un nombre considérable de ventouses de verre des époques antiques sont parvenues jusqu'à nous. On possède aussi quelques ventouses de bronze trouvées dans les décombres d'Herculanum et de Pompéi.

La ventouse n'est pas seulement employée pour hyperhémier ou décongestionner les organes malades, on l'emploie aussi pour aspirer le pus des lésions suppurées.

Les fabricants se sont ingéniés à fabriquer des appareils susceptibles de s'adapter à la plupart des organes ; on traite par ces ventouses spéciales, dont l'énumération serait trop longue, les affections les plus diverses du nez, des sinus, des plèvres, de Putérus, ele.

La plupart des médecins se sont servi de la ventouse comme agent de dérivation ; Bier estime sans en fournir des preuves que, dans la plupart des cas, son action bien-

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