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I. — Hyperhémie active

L'hyperhémie active est l'état d'un organe qui reçoit un courant sanguin plus abondant que normalement.

On peut la produire par différents procédés :

1° Par la section des vaso-moteurs :

2 Par le relâchement d'une constriction intense comme celle produite par la bande d'Esmarceh ;

3° Par les frictions, le massage, l'électricité ;

{° Parles rubéfiants chimiques ;

D° Par la chaleur {cataplasmes, air chaud, sable chaud).

L'organisme se défend surtout contre la chaleur par l’évaporation qui se ‘produit à la surface de la peau et par l'accroissement de la vitesse du courant sanguin artériel, qui agit à la facon d'un courant réfrigérant. C'est ce courant sanguin qui serait l'élément curatif.

On s’est demandé si lhyperhémie cutanée agissait sur

les viscères par congeslion ou décongestion.

Franek croit que lès excitations cutanées produisent par voie réflexe la constriction des vaisseaux viscéraux, mails ces conclusions, vraies peut-être pour les organes éloignés de la peau, ne peuvent s'appliquer aux organes placés dans son voisinage.

Bier pense que les agents hyperhémiants exercent leur action jusqu'à une grande profondeur.

Klapp aurait démontré l'exactitude de ces faits. On ignore si l'excitation cutanée par la chaleur cause des ctfets réflexes, mais 1l est facile de déterminer lhyperhémie sans Pintervention du système nerveux. De nombreuses expériences prouvent que l’innervation vasculaire est indépendante des centres nerveux. Pour que l'hyperhémie se produise, il suffit que la chaleur agisse directement sur les vaisseaux, soit par irritation de la paroi vasculaire, Soit par irritation des ganglions vasculaires inconnus.

Il parait démontré que l'hyperhémie produite par la chaleur est active el non passive; d'ailleurs, des expériences démontrent qu'un courant sanguin très rapide est indispensable pour pouvoir supporter un degré de chaleur élevé. On a fait jouer un grand rôle thérapeutique à la transpiration profuse qui résulte de Papplicalion de la chaleur : elle est sans doute utile, mais son rôle est effacé.

La sécrétion sudorale est excitée par des degrés modérés de température (45°-50°) ; elle augmente de 60 à 70 degrés ; au-dessus, elle diminue et disparait souvent à 0-90, En somme, quand on fait agir l'air chaud sur la peau, on observe une tempéralure oplimum qui varie entre 20 et 60 degrés pour la sécrétion sudorale.

L'hyperhémie active survient à des températures de 80 à 120 degrés. La susceptibilité imdividuelle est très variable pour ces températures. Bier confirme en parte ces

Ltée conclusions : « L'expérience prouve que, pour obtenir certains effets, il faut constamment recourir à des températures élevées qui permettent d'obtenir des résultats que des températures moins élevées n'avaient pas donnés, bien qu'elles eussent une action sudorifique tout aussi marquée, mais elles n'étaient pas aussi hyperhémiantes. Dans un cas semblable, c'est done à laugmentation de l’'afflux sanguin el non pas à la transpiration qu'est dû l'effet curatif. »

Pour provoquer lhyperhémie artérielle, Bier emploie uniquement l'air sec chaud sous forme de bains et de douches. Il se sert d’étuves en bois silicaté, chauffées par une lampe à alcool ou un bee Bunsen. Leur forme varie avec les parties du corps au traitement desquelles elles sont destinées. Il en existe pour le genou, le pied, Pépaule, les hanches et le bassin.

Eschbaum a construit dernièrement un appareil à air chaud pour le bassin et le dos (affections de la hanche, sciatique, lumbago) ; on peut employer un seul et même appareil pour plusieurs personnes en ÿ ménageant plusieurs ouvertures.

Il est très difficile d'obtenir la répartition égale de la chaleur dans l’appareil. Dans celui que nous avons expérimenté el qui s'adaplait au genou, nous avons pu constater des différences de 30° et 40° entre la température des couches d’air en contact avec le couvercle de létuve el celle des couches avoisinant le membre traité.

D'après Bier, on ne doit pas exagérer l'importance de celte mégalité de température; il suffit de prendre des précautions'pour que les parties sensibles, comme les doigts et les orteils, soient protégées contre des excès de température. Le malade doit chercher à atteindre la plus haute température possible, mais sans qu'elle soit Jamais désa-

— 11 — | gréable, eton se dirige d’après ses indications. Il importe peu que l'air soit absolument sec, l'important est d'obtenir la réaction.

Comme appareil simple à douche d'air chaud, on peut se servir d'appareils spéciaux, tel que le moteur de l'ingénieur Conrad Halin,de Braunschweig. On peut employer dans le même but la cheminée des étuves.

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