INTRODUCTION
Le traitement d’une maladie n’est efficace que s’il s’adresse à ses causes primitives.
En matière de paradentose, l’étiologie, malgré tous les travaux qu’elle a inspirés, reste confuse, et c’est sans doute la raison essentielle pour laquelle les traitéments préconisés restent le plus souvent d’une inefficacité désespérante.
Maladie purement locale, pour les uns, symptôme des maladies organiques ou fonctionnelles générales pour d’autres, les parandentoses tendent de plus en plus à être considérées par la majorité des spécialistes comme la résultante de causes morbides multipies; elles sont une affection locale développées sur des bases constitutionnelles.
D’innombrables travaux ont mis en lumière les moyens du diagnostic et du traitement des causes locales. Les résultats cliniques ont apporté la preuve de deur utilité et de leur efficacité.
En ce qui concerne les causes générales, le traitement est quelquefois efficace lorsqu'il nous est .possible de faire un diagnostic ét logique précis; mais, bien souvent, les moyens d'investigation clinique ne nous permettent pas de déceler le ou les troubles généraux susceptibles d’être mis en relation constante avec le cas considéré.
Le laboratoire, lui-même, est rarement capable de nous guider avec certitude. La maladie causale n’est pas le plus souvent une affection parfaitement individualisée, mais bien
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au contraire une affection discrète, congénitalement liée à l'organisme, ce que l’on désigne sous le terme de terrain prédisposant dont nous ignorons les éléments du diagnostic, et sommes pratiquement désarmés pour le traiter.
Cette notion de terrain se traduit par une débilité des éléments épithéliaux et conjonctifs du paradentium qui favorise la dégénérescence et secondairement l'infection.
Dans ces conditions, il paraît logique de chercher à modifier les terrains local et général par une thérapeutique amenant une réact'vation cellulaire et stimulant la résistance tissulaire défectueuse vis-à-vis d'agents externes. Et il est curieux, en plein essor de la Médecine pasteurienne, de voir renaître les vieilles conceptions hippocratiques, rajeunies par les données scientifiques modernes et d’assister à un revirement de l’optque médicale s'adressant de nouveau au malade, à sa constitution, à ses capacités de résistance, sans perdre de vue les agents pathologiques.
Par son mode d’action, la méthode de Filatov nous a paru mériter une expérimentation.
Cette thérapie tissulaire, plus empirique que scientifique, contraste par son allure mystérieuse avec les médications biochimiques modernes qui reposent sur des faits expérimentaux précis; elle a connu en Europe une extension considérable et des succès indéniables.
Dans la bibilographie de cette méthode, il est très peu question de son application au traitement des paradentoses.
Les seules allusions qui y sont faites sont habituellement vagues et imprécises.
Il nous a paru intéressant d'appliquer chez quelques malades la méthode de Filatov suivant plusieurs techniques en nous entourant de contrôles scientifiques aussi rigoureux que possible.
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Au cours de nos travaux, nous avons appris que des recherches identiques étaient entreprises à Paris et en Italie. Nous nous devons de remercier le docteur Chatellier et son élève, M. Foussadier, le docteur Bertholoni de Pise, du cordial accueil qu’ils nous ont réservé et de la documentation qu'ils ont bien voulu nous confier sur les résultats de leurs travaux.
Bien que la médecine chinoise au III° siècle ait inscrit le placenta humain dans sa pharmacopée, le mérite revient à Filatov d’avoir fondé sur nos concepts modernes une : doctrine dont l’extension est considérable.
Après avoir été l'apanage de l’ophtalmologie, cette méthode a conquis toutes les branches de la thérapeutique moderne.
La thérapie tissulaire de Filatov a pris naissance en 1933. Directeur de l’Institut expérimental d’ophtalmologie d’Odessa. l’auteur publia des observations d’éclaircissement progressif d’un greffon opacifié de cornée par des greffes limbiques de cornée de cadavre conservée dans le froid, pensant que cette cornée de cadavre agirait de la même facon qu’un apport de tissu dans une culture cellulaire. ,
Résonnant sur ces faits, l’auteur émet l’idée que le processus de régénération serait dû au fait que le greffon mis en place réaliserait un apport de substance stimulant l’activité métabol que des tissus, favorisant leur nutrition et accroissant leur potentiel de multiplication.
C'est alors que l’auteur soulève l'hypothèse des biostimulines, hormones de souffrance qui se développeraient en réponse aux conditions défavorables dans lesquelles est placé le tissu.
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Les stimulines biogènes.
Si l’on soumet des cellules animales ou végétales séparées de leur organisme à des influences traumatisantes pour leurs processus vitaux, ces cellules subissent une transformation biochimique provoquant l'apparition de substances stimulatrices. Introduites dans un organisme pathologique, elles vont stimuler le métabolisme cellulaire et les différentes fonctions biologiques pour lutter contre la senescence et la maladie.
- Pour que les stimulines biogènes apparaissent, il Faut
qu’elles prennent naissance dans un organisme traumatise
mais encore vivant.
Filatov suppose que l’appariton de ces substances est une réponse à des conditions défavorables de vie et qu’elie constitue une loi générale pour toute la matière vivante. Ces stimulines ont été étudiées dans le domaine végétal par English, Bonner, Haagen-Smit.
Ces auteurs ont montré que les cellules des tissus blessés mais encore vivants donnaient naïssance à un acide « traumatinique » du groupe des acides dicarboxyliques stimulant énergique de la multiplication cellulaire. On ne peut passer Sous silence ici les travaux remarquables de Wiesmer et Haberlandt sur ces substances extraites des blessures de cellules végétales qu'ils ont appelées « Wound Hormones », capables d’accroître considérablement in vitro la multiplication des cellules végé- tales non seulement dans leur nombre maïs dans leur taille.
Ces faits expliquent la production d° acides Sd dans les tissus traumatisés par le froid.
L'hypothèse des stimulines biogènes sert à expliquer beaucoup de phénomènes biologiques tels que le développement d'œufs d'animaux inférieurs comme l’écrevisse soumis à de ‘basses températures et la croissance des graines de semence soumises à l’action du froid,
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Recherches expérimentales.
Mouchkine pratique des greffes expérimentales sur l’animal et constate une prolifération considérable du t'ssu cellulaire entourant le greffon conservé au froid une semaine en comparaison des réactions produites par un greffon de tissu non conservé qui étaient minimes.
Tanyk étudiant la cicatrisation des plaies chez les grenoulles a montré que la formation de l’épithélium, la cicatrisation du tissu conjonctif et la pigmentation se produisent sensiblement plus vite quand elles ont subi une greffe de tissu conservé dans le fro’d pendant trois à six jours.
Toujours chez les grenouilles préparées avec des stimulants biogènes, Vourgaft augmente leur résistance aux intoxicat'ons par la stychnine et l’hydrate de chloral.
Chaulimova constate que dans les organismes d’animaux préparés par les stimulines biogènes, il y à une augmentation du taux d’antitoxines sanguines.
Pour montrer le renforcement des fonctions biologiques d’un organisme soum's à l’action des stimulines, Feïtelberg a pratiqué sur neuf Chiens des fistules gastriques (petit estomac de Pavloff). Après implantation de peau de chien conservée au froid, il a constaté une augmentation de la quantité du suc gastrique et de son acidité. L’implantation de t'ssu non conservé n’a pas reproduit ce phénomène.
Filatov, Kovalski, Poliéjaï, observant des biopsies de plaies expérimentales chez les lapins traités par des extraits tissulaires de souffrance remarquent que le tissu de granulation se développe plus vite, que l’afflux des leucocytes est plus intense, la cicatrisation plus rapide, par rapport à des plaies chez des animaux témoins.
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Conditions d'apparition des biostimulines.
Les conditions de milieux favorables à la naissance des biostimulines peuvent être très diverses. L'idéal à réaliser est d’éloigner le plus possible le Lieu de ses conditions normales de vie sans le détruire.
Dans les tissus animaux soumis au froid (entre + 3° - + 4°) on obtient une nutrition cellulaire ralentie, les échanges respiratores sont diminués et tous les processus biochimiques habituels freinés. Ces profondes perturbations provoquent l’apparition de forces nouvelles de résistance qui sont les b'ostimulines.
Les rayonnements physiques tels que rayons ultra-violets ou rayons X provoqueraient dans la peau soumise aux irradiations l’apparition de stimulines. L’action excitante des rayons X à petite dose est bien connue et s’expliquerait par l’apparition de ces principes stimulants. D’autres traumatismes ont été envisagés : la température élevée et l'immersion de tissus vivants dans la chloramine (Novotny et Kubelka).
Selon la théorie de Fäatov tous les tissus vivants sont capables de sécréter des biostimulines. Les auteurs russes ont expérimenté divers tissus : peau, muscle, cartilage, cerveau, foie, rate, prélevés soit sur le cadavre, soit sur le malade luimême, exemple : tissus provenant d’une amputation ou cornée d’un œil énucléé.
Les auteurs français ont surtout utilisé le placenta et l’amn:os à cause de leur facilité d'obtention et de préparation. IT serait contraire à la théorie de Filatov de supposer que ce matériel tissulaire puisse agir par sa sécrétion endocrinienne ou vitaminique puisque le principe même de la méthode est fondamentalement caractérisé par son : universalité d’orgine et d'action.