‹ Contribution à l'étude de la méthode de percussion métallique et d'auscultation combinéesChapitre 15 sur 20 · RAY · texte numérisé non relu

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vibrant sur le sternum et qui se transmet parfaitement en arrière, cesse d’être perçu quand on sectionne les 4 côtes correspondant au niveau du point d'application du diapason. Le poumon normal, encerclé par deux bandes de laiton séparées par une faible distance, ne laisse pas transmettre les vibrations du diapason d’un cercle à l’autre, et, sur le même cercle, les vibrations ne sont perçues qu à une très courte distance.

Cette transmission par les côtes, si elle est admise, explique le choix de notre foyer d’auscultation à un niveau où les côtes 7, 8, 9, 10 se rapprochent et se réunissent, offrant l'optimum du système vibratoire mis en jeu, pour les observations relatives à l'examen de la base du poumon.

Mais d’autres conditions, aux limites imprécises, aux lois obscures, aux applications tâtonnantes, président à la transmission et à la formation du son.

Elles sont soumises aux règles mal connues de la résonnance, de la consonnance et de la constitution du timbre que nous essayerons de préciser.

La résonnance est caractérisée par la facilité extrême avec laquelle certains solides entrent en vibrations. « Si l'on tend (1), sur une caisse, une corde qu'on fasse vibrer les vibrations sont, par les points d'attache, transmises (à la partie supérieure) à la table qui, au moyen de sa longue surface, les communique avec force à l’air environnant. » C’est la vibration direc-

tement épousée.

(1) A. Lavianac: La musique et les Musiciens, in-18, s. d. 1° édition, p. 38-41.

La consonnance est analogue. C'est la bobèche ou le pendentif en cristal du lustre qui entre en vibration sous l'influence de certaines notes. Faibles et petites, les ondes « arrivent à mettre en mouvement des corps relativement pesants, à cette condition qu'ils soient constitués de façon à pouvoir emboîter le pas avec elles, c'est-à-dire à accommoder leurs périodes de vibration ».

Elle s'ajoute au phénomène qui détermine le timbre, probablement sous la dépendance des 4 facteurs. La corde. qui émet par exemple un la, donne, sur une table de bois (violon) un son d’une qualité toute différente du La qu'émettra la même corde tendue sur une caisse de métal; la bobèche, d'autre part, émet un son de qualité, de timbre, de hauteur souvent tout différent de celui qui l’a ébranlée. La matière résonnante peut changer le caractère primitif de la source sonore; elle est propagatrice du son et créatrice du timbre, par émission d'un groupe électif de notes harmoniques.

Dans les solides, les vibrations sonores semblent se propager un peu à la façon des vibrations électriques des courants; il faut un fil homogène. Certains corps sont plus ou moins bons conducteurs du bruit (vitesse du son); mais certains autres, indépendamment de la vitesse de conductibilité ou concurremment avec elle, donnent ou conservent aux vibrations initiales tout ou partie de leurs qualités; elles transforment ou transmettent selon les modifications apportées par leur voisinage un son plus ou moins timbré, c'est-à-dire constitué par un choix d’harmoniques qui peuvent ne pas être les mêmes à l'émission et à la réception. Il faut donc dis-

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socier, dans beaucoup de circonstances, la conductibilité du son, considéré uniquement comme ébranlement vibratoire, dont les lois sont relativement connues, et la conductibilité et la constitution du timbre dont l'essence et les règles sont encore incertaines.

C’est ainsi que la transmission par la paroi thoracique est fonction du plan sous-jacent. La côte ou le système pariétal, en contact, par sa partie interne avec une matière plus ou moins consonnante, c’est-à-dire plus ou moins dense, élastique, homogène, ou résonnante, est soumise à des régimes différents. A l’état physiologique, ébranlée par la source sonore, elle vibre au long du poumon normal, de faible densité (il flotte sur l’eau), conducteur déplorable du son, dépourvu de qualités de résonnance et de consonnance:; ses vibrations, empêchées et absorbées, donnent le bruit de bois (1).

Au sommet, le son légèrement métallique, éloigné, : “qu'on recueille chez certains individus sains à l'inspiration, paraît tenir à un léger degré d'emphysème, que ne révèle aucun signe d'auscultation habituelle. Des alvéoles distendues et non rompues, sèches, peuvent dans notre hypothèse, se comporter comme de petites boîtes de résonnance, capables de se transmeitre et de maintenir faiblement le son fondamental dont l'intensité décroit au fur et à mesure de la propagation Juxta-costale.

Dans les cas d’encombrement bronchique caractérisé

(1) Le poumon normal donne, post morlem, un son assez nettement mélallique. Les modifications alvéolaires et parenchymateuses (rétraction mécanique, congestion agonique) ne paraissent pas permettent de tirer des conclusions qu'on puisse appliquer au vivant. Il en est de même pour la partie de la paroi, dépouillée de son tissu musculaire et modifiée par la suppression de la circulation.

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