‹ Contribution à l'étude de la méthode de percussion métallique et d'auscultation combinéesChapitre 5 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Signe du sou. Technique de Pitres, de Jacobson et Danielopoulo.

La première application de la percussion métallique associée à l’auscultation semble avoir été faite par Laënnec. (1781-1826) et par Piorry (1794-1879.

Ce dernier (1) (en 1826) après avoir rappelé que Laënnec utilisait fréquemment son sthétoscope en guise de marteau à percuter (probablement de façon directe) recommande l'emploi de plaques rondes, de matières diverses, et signalant l'invention du marteau de Barry, dont le heurtoir était garni de cuir et de baudruche, conseille d'utiliser sur le plessimètre la percussion digitale. Son. attention ne paraît pas avoir été spécialement attirée par la percussion métallique, puisqu'après avoir essayé de plessimètres en bois, en métal’et en corne, il s'arrêta à l'utilisation d’une plaque d'ivoire, percutée avec la

(1) In: Trailé de la percussion médiate, p. 18 et Procédé opératoire elc., p. 26. — Ap. Barru et RoGer: Trailé pratique d'auscultation, in-16, 12e édition, 1893, p. 728. — H. Eicunorsr: Traité de diagn. méd. (trad. Marfan et Weiss), in-80,. 1890, p. 170. — A. Prrres: Les signes physiques des épanchements pleuraux. Lecons faites à l'Hôpital Saint-André, de Bordeaux, recueil. par À, Prioleau, in-8°, Bordeaux, 1900, p. 102 et 103.

sb Pipae

pulpe du doigt ou l'ongle; c’est à l’aide de cette instrumentation qu'il avait cru pouvoir assigner à chaque organe un son spécial pour la valeur duquel la discussion est superflue.

Skoda (1), Wintrich (en 1882)et Traube (en 1876), utilisant l’idée française, ont essayé de donner une classification des phénomènes sonores, trans-somatiques, mais sans tenir compte de la percussion métallo-métallique. L'Ecole allemande, changeant la forme du plessimètre qui revêt maintenant, le plus souvent, la forme quadrangulaire, n’a pas dépassé la conception de Piorry, car Heichorst (2), résumant un côté de la question et après avoir vanté les qualités du plessimètre de fesse, en verre; de Seitz et Baas, en gutta-percha; de Traube, en métal, préconise l'emploi d'un « simple petit bloc de sapin bien sec ».

Camman et Clark, en 1840 | 3) généralisent l’ ne de la percussion auscultatoire, mais l’étudient en vue de la délimitation des viscères, en particulier de celle du cœur. Les deux auteurs américains recommandaient l'usage d'un sthétoscope cylindrique plein (dont Eaënnec avait eu, d’ailleurs, l'idée) en bois de cèdre, par l'intermédiaire duquel le son provoqué par un plessimètre « gagne beau-

coup en clarté et en intensité » (4)

(1) Traité de la percussion et de l’auscultation, 1839.

(2) Op. cit., p. 176. — L'édition de 1905 (trad. Marfan et Léon Bernard) écourte beaucoup de considérations de l'édition précédente et mentionne exactement le signe du son de Pitres, p. 254. Note.

(3) New York Journ. of med., etc., juillet 1840, in: Banrra et Rocer, op. cit., p. 129. — De la percussion et de l'auscultation combinées, Bull. de la Soc: Méd. des hôp. de Paris, 21 mars 1850.

(4) La phonendoscopie de Bianchi donne des indications beaucoup plus exactes.

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C'est en 1857 que Trousseau (1), à propos d'un malade atteint d'hydropneumotlhorax, mentionne que « faisant percuter en avant, à l’aide d’un plessimètre métallique et d'un marteau, ou d’une pièce de monnaie, on entendait un bruit analogue à celui qu'on produirait en percutant un tonneau vide, ou mieux encore, un vase d’airain, phénomène indiqué, en passant, par Laënnec. » Enfin (?) « le professeur Pitres, de Bordeaux, et son élève Sieur, ont préconisé la percussion métallique de Trousseau, combinée avec l’auscultation, pour le diagnostic des épanchements liquides de la plèvre. »

Nous voici arrivés à l'emploi raisonné de la percussion métalio-métallique (3| que nous allons exposer, d'après le procédé du Professeur Pitres.

Signe du Sou(4). — « Le sujet à examiner (5) étant assis ou debout, un aide applique à plat, sur un des points des faces antérieures ou postérieures de la poitrine, une pièce de dix centimes qu'il maintient solidement avec l'extrémité de deux de ses doigts de la main gauche, en contact immédiat avec la paroi thoracique. Puis, avec la tranche d'une seconde pièce de dix centimes lenue de la main droite, il frappe sur la première de petits coups légers,

(1) A. Trousseau : Cliniques médicales de l'Hôtel-Dieu, 5° édition, 1877, T. 1., p. 93. M. Fernet donne la date de 1840. (2) Banre et Rocer, op. laud., p. 133.

(3) La percussio-quantimétrie de G. Baer, utilisant un instrument en gutta, percha obtient un bruit de percussion (Renon, Journ. des Praticiens- 1e Mars 1913). Cf: E. SerGenr, Techniq. clin., 2° édit., 1918, p. 95. Note.

(4) Sur : De la percuss. mélall. combinée à l'auscult. dans le diagn. des épanchements liquices de la plèvre. Thèse de Bordeaux, 1883. — Davezac: Sur quelques cas de pleurésies et sur Le signe du sou. Mém. et Bull. de la Soc. de Méd. et de Chir. de Bordeaux, 30 octobre 1885, p. 424. . Coruevie : Du signe du sou, Union méd. et scient. du N. E., novembre 1887, p. 277.

(5: À. Pirnes: oc, cil:, p. 105.

ET

régulièrement espacés, séparés par des intervalles d'une demi-seconde environ. Pendant ce temps, le médecin, appliquant l'oreille sur le point diamétralement opposé de la poitrine, ausculte le bruit engendré par cette percussion. |

« Des vibrations sonores provoquées... les unes se propagent librement dans l’air,les autres traversent de part en part la cavité thoracique ».

L’oreille libre étant fermée avec un doigt, l'oreille qui ausculte, recueille les sensations auditives suivantes :

À. — Si le poumon est sain, normalement aéré, on perçoit « un bruit de choc lointain dont le timbre est ‘sourd et mat ». C’est « le bruit de bois ».

B. — « Si dans l'intérieur du poumon se trouvent des noyaux hépalisés’ ou caséifiés, comme c 'est le cas dans la pneumonie vulgaire, la tuberculose, etc... le bruit est plus assourdi encore... c'est à peine si on le perçoit ».

C. — « Si la cavité pleurale est le siège d'un épanchement gazeux, le bruit métallique prend au contraire le retentissement large, vibrant qui caractérise le bruit d’airain de Trousseau ».

D. — « Enfin, si la cavité pleurale est occupée par un épanchement liquide, le brut est clair, aigu, limpide, argentin. IÎl paraît prendre naissance au voisinage immédiat de l'oreille. C’est ce bruit aigu, à timbre argentin, qui coexiste dans la grande majorité des cas avec les épanchements pleurétiques et que nous désignons par abréviation sous le nom de signe du sou ».

« H ne varie pas sensiblement de caractère avec la nature des liquides épanchés dans la plèvre : la séro-

RQ, Ke NS

sité, le pus, le sang, le transmettent également bien ».

Sa disparition indique la limite supérieure de | épanchement au-dessus duquel on perçoit « le bruit sourd de la trans-sonnance pulmonaire » (1).

Ce signe n’a jusqu'ici « trouvé dans son pays d'origine que peu de crédit » (2). La plupart des ouvrages ne le citent pas ou le dénaturent; on le confond souvent, dans la conversation, avec un autre signe de Pitres, celui du cordeau. D'aucuns lui refusent toute valeur, le recherchant avec une technique défectueuse.

C'est cette technique qu'ont étudiée récemment Jacobson et Daniélopoulo (2) dont je résume une partie du travail.

D'après ces auteurs, on obtiendrait à l’état normal, en percutant à l’aide de pièces de monnaie ou d’un petit plessimètre métallique sur la matité absolue du cœur et du foie et en auscultant en arrière, les résultats suivants, valables pour les deux côtés :

1° Depuis le sommet du poumon jusque vers la 4e côte, on perçoit un bruit de bois très sonore, éclatant, quelquefois d’un timbre intermédiaire entre le bruit de bois et celui qu'on oblient en percutant un sou appliqué contre la paume de la main.

% Entre la 4 et la 10e côte, on entend un bruit sourd, de bois, qui parfois se perçoit à peine.

3° Vers la 10° côte, on perçoit le bruit argentin, inter-

(1) G. CasraiGne : Les Maladies de la plèvre, in-16 Paris, 1912; p.837, et suiv., où sont exposées les « lois de Pitres ».

(2) Rapport de M. Achard sur Le travail de MM. G. Jacoson el D. Danré- LOPOULO : Recherches cliniques sur le signe du sou chez l'adulte, à l'état normal et à l'état pathologique. Bull. de la Soc. méd. des hop. de Paris Séance du 13 avril 1914, n° 13, p. 475.

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