‹ Contribution à l'étude de la méthode de percussion métallique et d'auscultation combinéesChapitre 8 sur 20 · HEC FR · texte numérisé non relu

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qu’à l'oreille mise en contact intime avec la poitrine;

dans la recherche du souffle pleurétique, le caractère

aigre et pleurard ne s’apprécie qu’à l'audition immédiate ;

l’instrumént interposé peut même supprimer dans ce

cas, la perception du souffle. ; Donc, auscultation immédiate.

Il faut, d'autre part, s'entendre sur les termes : bruit

et son. On les emploie souvent l’un pour l'autre et cette indifférence, en matière de terminologie, prêle à con-

fusion. Nous n'avons pas la prétention de donner une définition de ces deux mots antagonistes; de plus savants

s'y sont heurtés. La difficulté vient de ce que les épithètes descriptives nécessaires pour traduire les sensations auditives sont empruntées en presque totalité au langage des trois sens (vue, toucher et goût) les plus communément développés; elles s'adaptent mal, dans leur transposition, à ce qu'elles auraient mission de préciser.

Mais, nous plaçant uniquement au point de vue de la.

percussion auscultatoiré, nous appellerons : bruit, les vibrations sans timbre: l'impression auditive de la transmission du choc sans qu’on puisse reconnaitre le caractère spécial des ondes engendrées et dont l’ébranlement meurt dans un temps très bref : c'est le bruit de bois.

Nous appellerons : son, les vibrations timbrées, plus ou moins riches, plus ou moins colorées que recueille l'oreille, et dont l'ébranlement communiqué se prolonge quelque temps après le choc en conservant tout ou partie des qualités des ondes émises par la source sonore : c'est le son d’airain de Trousseau, le son métallique et le son argentin de Pitres.

Dans le son ainsi défini nous négligeons sciemment la hauteur et l'intensité. Elles nous paraissent secondaires pour l’objet qui nous occupe.

Une remarque cependant s'impose : l'intensité produite par le choc plus ou moins violent du percuteur sur le métal vibrant doit être moyenne: il est nécessaire de commencer l'examen par des percussions très faibles et toujours espacées qui, le plus souvent, ne se propageront pas d’abord, à l'oreille; puis, d'augmenter progressivement la force du choc, de telle sorte que le bruit ou le son soient éveillés où transmis par le choc minimum. Le son obtenu dans ces conditions a le maximum de qualités : [a percussion trop violente, l'intensité trop grande le transforme ; on obtient un ébranlement vibratoire difficilement appréciable. à

À L'importance se concentre sur la plus ou moins grande richesse en harmoniques, sur le timbre de l’appareil producteur de son. C’est ainsi qu'il ne semble pas indifférent d'employer une pièce de monnaie quelconque : les pièces dé cinq francs, en argent, qui donnent . l'accord do-sol 3 octaves au-dessus du La du diapason, les pièces de 10 centimes en bronze qui donnent habituellement (il y aurait lieu de tenir compte des degrés d'usure) le même. accord 4 octaves au-dessus du la, ont un rendement harmonique un peu inférieur aux pièces de deux francs qui donnent l'accord sol ou lab-do à 4 octaves

au-dessus du /a (1).

(1) Comparez l'ébranlement vibratoire de ces pièces en les plaçant, la main en supination et les deux dernières phalanges des doigts fléchis, dans leplan vertical sur la pulpe du doigt : le son de la pièce de deux francs est le plus

timbré el le plus durable.

Les meilleurs résultats, sans comparaison, ont été obtenus avec un appareil, fabriqué empiriquement après quelques essais, el qui a élé faconné en une seule pièce, dans une barre du bronze commun dont on se sert dans l'industrie automobile et dont la silhouette est celle d'un petit diapason (1), aux branches épaisses (1 cm. de section; 2 cin. de haul), carrées, dressé sur up socle dont le diamètre (3 cm. 1/2) et l'épaisseur (2 millimètres) sont intermédiaires entré la pièce de 5 francs et celle de 10 centimes. La hauteur totale est de 3 cm. 1/2. Il donne le ré au-dessus du la du diapason (2). |

Un dispositif très simple permet de se passer d'aide, dont la nécessité a; d’après nous, beaucoup nui à la diffusion du signe de Pitres (3). Il nous a paru, d’autre part, et de facon évidente, qu'il était préférable que l'ébranlement vibratoire fût commandé par celui-là même qui ausculte.

Une bague ouverte, en ruban d'acier, du modèle de celles qui servent à oblurer les orifices par lesquels on graisse le moyeu des bicyclettes et sur laquelle est rivée

une pelite masse conique dé cuivre, réalise un excellent

(1) L'emploi du diapason (méthode de H. Baas) donne des résultals que nous n'avons pas pu, jusqu'ici, inlerpréler, Cv?

(2) Un premier appareil constilué par un ressorl d'acier coudé à angle aigu, fixé, par une extrémilé, à l'aide de deux petits rivets, à une pièce de 10 centimes mise à plat, par laulre extrémité, à une moitié de pièce maintenue perpendiculaire et servant de percuteur, n'avait donné aucun résultat. Les harmoniques fuyaient par le ressort où le limbre élait détruit par les rivels. On oblenait, dans presque lous les cas, un bruit vaguement métallique. Nous poursuivions, alors, l'idée de supprimer l’aide nécessaire à nos recherches.

(3) Le D' Roussel à inventé un appareil desliné à supprimer l'obligation d'avoir un aide (Revue de Thérap. méd. chir., 1 Juillet 1876, p. 348, in Pitres, loc. cit.). Nous n'avons pu nous le procurer:

percuteur. Un simple dé à coudre peut le remplacer. On assure la bague au niveau de la phalangette de l'index, ou on la coiffe du dé ; le pouce et le médius appliquent la source sonore sur la paroi thoracique, sans trop la la serrer ni entre les doigts, ni contre la paroi pour que, dans ces conditions, on lui permette de vibrer au maximum tout en assurant un contact pariétal étroit: el pendant que l'oreille ausculte, l'index légèrement recourbé, frappe avec un mouvement de marteau, sur la partie inférieure de la petite Iyre ou au centre de la pièce de ? francs.

Les phénomènes auditifs recueillis par l'emploi de cet appareil ou par la percussion monétaire sont à peu près comparables quand il s'agit du son argentin évident. Dans les autres cas, la netteté des sensations perçues est sensiblement diminuée par l'emploi de la percussion monétaire el exige un souci el une analyse des nuances beaucoup plus minutieux. Cela tient — et cela tombe sous le sens — à ce que l'appareil possède un appendice dont une partie vibre librement el, communiquant son ébranlement vibraloire à Ja plaque métallique avec laquelle il fait corps, le transmet aux plans sousjacents, tandis que la pièce de monnaie perd la plus grande partie de ses qualités de sonorité par le contact avec les doigts préhensears et la paroi somatique.

C'est à l’aide de celte technique, de cette instrumentation et de la percussion minima que nous avons poursuivi nos recherches.

Avant de connaître le livre de M. Pitres et l’article de

Jacobson et de Danielopoulo, nous avions procédé à

une série d’expérimentations que nous résumons dans le chapitre suivant.

Pour la commodité de l'exposition et parce que nous croyons cette division conforme à la réalité d'après ce que nous avons observé, nous mentionnerons les ébranlements vibratoires provoqués par la percussion métallique et recueillis transsomatiquement par l'oreille sous les termes de :

Bruit de bois (1), non limbré, comparable au bruit obtenu par le choc du doigt ou d'une pièce de bois contre un disque de bois épais.

Son d'airain (Trousseau), timbré, « rappelant (le timbre) d’un instrument de métal frappant le bord d’une coupe de bronze » (2). :

Son argentin (Pitres), timbré, clair, aigu, limpide, rappelant le cristal, riche en harmoniques élevées et ne laissant pas subsister la note fondamentale.

Son métallique, timbré, coloré, assez grave et quoique

. non notable musicalement se rapprochant de

la note fondamentale en en conservant relativement le timbre initial; dans les cas où il est

- nettement positif, il vibre tout près de l'oreille :

avec une intensité qui semble disproportionnée avec le choc qui le produit et on est surpris qu'une percussion relativement faible fasse naître un son relativement aussi éclatant.

(1) Appellation de A, Pitres, — Ap. Garnier et Drcamarrr: Dicf, des

termes de médecine, petit in-16, Paris, 1916. (2) H. Barrru : Sémiologie de l'appar. resp,, in-8, Paris, 1908, p. 116,

Leg At

Malgré l'insuffisance de leur description, cés quatre termes fixent les points cardinaux des sensations auditives qu'on peut recueillir dans les conditions déterminées où nous nous plaçons (1). Pour les caractériser, pour les reconnaitre, toute oreille ou tout cerveau (2) capable de distinguer un râle sec d'un râle humide, un souffle bronchique d’un souffle amphorique, ne peut les oublier une fois entendus. Le timbre est aussi différent que celui qui distingue le son d'une clarinette de celui d'un hautbois.

(1) Il serait utile d'étudier ces vibrations avec les résonnateurs d’Helmoltz, ce que nous n'avons pu faire. :

(2) Cf. M. Casrex : La surdité des musiciens. Comm. à l’Ac. de Médecine, Compte rendu in Monde médical, n° 556, p. 208-209, Juillet 1919.

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