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On remarque immédiatement que l’activité n’a pas subi d'augmentation et que parmi les consultants le nombre des tuberculeux n’est pas plus grand qu'avant guerre.
Il en est de même au dispensaire de Chateaubriant (Loire-Inférieure) auquel s’adresse la majorité des communes d’un arrondissement de vingt cantons essentiellement agricoles. L'activité a même baissé sensiblement, par suite des difficultés de transports, ce qui explique l'augmentation dans la région des formes graves, les malades ne venant plus consu'ter que très tardivement.
Mais il s’agit de deux régions qui ont souffert au minimum du fait des restrictions alimentaires, aussi nous nous sommes adressés au Docteur BERCHON, Médecin spécialisé des dispensaires antituberculeux de la Gironde qui dirige le dispensaire « Laënnec » pour un secteur de Bordeaux-ville, le dispensaire « Arnozan » pour toute la banlieue sud de Bordeaux, le dispensaire de Facture pour toute la région avoisinante, et celui d'Arcachon pour cette Ville et les bords du bassin. Voici ce qu’il a bien vou'u
nous dire
A. — Morbidité
1) Au point de vue de la quantité : jusqu’à présent le nombre des tuberculeux décelés dans les dispensaires n’a pas nettement augmenté.
2) Au point de vue de la qualité des lésions
a) Activité : les nouveaux cas ne paraissent pas plus actifs qu'auparavant. De même pas de re-
prise plus fréquente d'activité pour les malades déjà suivis.
a) Evolution en profondeur (ulcération) : les examens de nouveaux malades ne révèlent pas plus de lésions ulcé-
reuses qu'avant, ni de processus ulcératifs plus accentués chez les anciens malades.
B) Evolution en surface (extension des lésions, bilatéralisation).
Tous les degrés avec la même fréquence qu'avant son retrouvés chez les nouveaux malades.
Parmi les anciens consultants suivis, au contraire, leurs lésions s’étendent en surface plus souvent qu'avant, avec à peu près le même caractère qu’autrefois (fibro-caséose pour un ancien fibro-caséeux, ulcératif pour un malade déjà ulcéré, par exemple). De même il y a davantage de cas de bilatéralisation soit en dehors de tout collapsus, soit au cours de pneumothorax artificiel.
C) — Infection :
Dans tout ce qui précède, le Docteur BERCHON ne croit pas pouvoir être formel; mais. au point de vue de la nature infectante des tuberculoses, la situation critique actuelle se fait beaucoup plus nettement sentir. Les tuberculeux dont l’état général se maintenait peu ou prou, sans guère de secousses, voient celui-ci s’altérer nettement, et cela, hors de proportion des tubercu'oses qu’ils présentent.
De même il est porté à sa connaissance qu’un assez grand nombre d’entre eux, contrairement à ses prévisions en raison de la forme de leur affection, se sont éteints peu à peu, sans gros incidents, sans évolution nette, sans hémoptysie. Cela nous conduit à étudier
B. -— La mortalité.
Ce qui précède fait prévoir une mortalité plus grande M. BERCHON ne peut citer des chiffres, car dans tout dis-
Zoe
pensaire de nombreux malades sont rapidement perdus de vue, mais cette augmentation est certaine.
Mais elle paraît plus attribuable à la « consomption » qu’à l’évolution locale ou l’activité accrue des lésions. Consomption liée à des causes qui seront étudiées dans la deuxième partie de ce travail.
Dans un autre département, M. AmMsrER, Médecin-Chef des dispensaires de Maine-et-Loire, a noté une recrudescence de la tuberculose non seulement dans les villes: mais aussi dans les campagnes. A Angers par exemple: il a noté une augmentation des tuberculeux dans certains orphelinats et asiles d’aliénés, non seulement parmi les malades mais aussi parmi 'e personnel hospitalier. Dans un établissement où l’on décelait de temps à autre un ou deux cas parmi le personnel, les malades ont plus que décuplé : dix à douze cas sont diagnostiqués chaque année depuis le début des hostilités.
D'autre part au point de vue aggravation, M. AMSLER a notamment observé la fréquence nettement plus grande des primo-infections malignes, la fréquence anormale de primo-infections avec réaction pleurale et la rupture d’équilibre chez des malades bien stabilisés.
Que faut-il conclure de ces diverses opinions ?
Sur un point, tous les auteurs sont unanimes : la tuberculose a subi une aggravation dans ses diverses formes. Celles-ci sont beaucoup plus extensives, beaucoup plus rapidement évolutives, beaucoup moins influençables par la collapsothérapie.
De même, il est indéniable que sont réapparues des formes inaccoutumées : énormes adénopathies, polysérites chez le vieillard: la méningite, assez rare habituellement chez le tuberculeux pulmonaire est devenue depuis quelque temps, l’ultime évolution de nombreux malades.
Il n’est pas douteux, selon l’expression de BORDET et d’'AMEUILLE, qu'il y ait « une tuberculose 1941 » condi-