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nus, avérés, n’ont pas été vaccinés, mais l’urgence qu’imposait cette menace d’épidémie n’a pas permis, dans bien des cas, l’étude suffisante des antécédents et de l’intégrité pulmonaire des vaccinés, et cela surtout dans les
villes, où les vaccinations ne furent pas pratiquées par le médecin de famille.
Certes, la preuve du rôle tuberculogène dévolu à la vaccination antivariolique est difficile, sinon impossible à administrer de façon formelle, mais M.-A. JACQUELIN, TurIAF et CARLOTTI, devant les cas qu’ils eurent dans leur service de soixante lits environ, pensent qu’il y eut une ascension de la morbidité tuberculeuse dans les mois qui suivirent la période de revaccination massive.
Dans l’article auquel nous faisions allusion au début de ce travail, ils ont présenté en’ effet huit cas probants. Il est difficile de se refuser à ne voir dans une telle série 71ve des coïncidences.
En voilà deux observations à titre d'exemple
Mile T.., 19 ans, a présenté dans son adolescence plusieurs phases de fièvre dite de croissance avec anémie et amaigrissement. Mais depuis l’âge de 14 ans, où elle a passé 6 mois à Ja montagne, elle jouit d’une bonne santé. Elle a même supporté l'épreuve de « l'exode » sans paraître en souffrir. Ses parents, commercants, nous affirment qu'elle n'a pas subi de restrictions alimentaires, Son poids s'est d’ailleurs maintenu pendant tout le dernier hiver. Elle a été auscultée et radioscopée à l’occasion d’une visite médicale systématique. Elle a été trouvée normale. Aucune intluence défavorable ne peut être décelée chez elle : ni infection saisonnière, ni surmenage, ni dépression psychique. Elle est revaccinée, au début de mars 1942, à la cuisse. La vaccine lui procure une poussée de fièvre, trois larges pustules et un gros ganglion inguinal, très douloureux.
A partir de cette infection vaccinale, elle se sent fatiguée, sa
température demeure trop élevée, elle perd l'appétit. Quinze jours
Lane
plus tard, quelques crachats sanglants font pratiquer une radiographie qui révèle une lobite supérieure droite déjà excavée. Les crachats sont abondamment bacillifères. Un pneumothorax est dé-
cidé d'urgence.
M. D.., 21 ans, sans antécédent héréditaire, ni personnel de tuberculose. A fait la guerre, a 6t6 légèrement blessé au bras. A maigri depuis sa démobilisation de 4 à 5 kilos, mais sans éprouver ni fatigue, ni malaise. Son poids est d’ailleurs stabilisé depuis près d’un an. Revacciné fin février, il présente une infection vaccinale sévère. C’est deux semaines plus tard, qu'outre une asthénie persistante, il a commencé à ressentir un point de côté gauche,
la fièvre s’est élevée : développement d'une pleurésie gauche.
Il est à remarquer que dans la majorité des cas rapportés par ces auteurs, les malades avaient fait des réactions vaccinales intenses, fébriles, avec réactions ganglionnaires.
Aussi ces auteurs se sont-ils demandé s’il ne s’agissait pas d’une « anergie vaccinale >» comparable aux anergies, coqueluche, mortilleuse ou grippale.
Quoi qu’il en soit, pour notre part, nous pensons que cette influence de la vaccination antivariolique réelle sans doute facteur non dominant de ce mouvement actuel de la tuberculose, est cependant important à connaître.
Il se pourrait, en effet, qu’une nouvelle revaccination s’imposât dans quelques temps : les sujets suspects ne seront alors vaccinés qu'après examens complémentaires, notamment après vérification de leurs réactions à la cutiréaction. Si la réponse est trop intense, il sera sage de différer la vaccination, car il nous semble, avec M. M. JACQUELIN, TURIAF et CARLOTTI, que la vaccination antivariolique a joué, dans un certain nombre de cas, le rôle d’une cause occasionnelle, dont l’influence jusqu'ici n’a pas été suffisamment mise en valeur.