‹ Contribution à l'étude de la Morbidité et de la Mortalité Actuelles par la TuberculoseChapitre 27 sur 36 · PR EE · texte numérisé non relu

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AT En conclusion, sur un araanisme fatigué, l'exode très pénible et le surmenage, ont été les facteurs déterminants d'une lésion

bacillaire.

OBSERVATION N° 20 ï

B... Jean, 18 ans, lycéen, entre à la clinique du Docteur BERNOU à Chateaubriant, pour une grosse tuberculose bilatérale, survenue dans les jours qui suivirent son évacuation.

Celle-ci fut particulièrement fatigante, Il commence alors à tousser, mais il ne consulte pas jusqu'en novembre. A ce moment toux importante, température à 89°, diarrhée, la graphie montre d'énormes lésions pulmonaires avec deux très importantes cavernes, l’une à l’apex droit et l’autre au sonnnet gauche.

Décès six mois après.

En résumé, tuberculose pulmonaire bilatérale survenue par suite

des fatigues de l'exode, et ayant entraîné un décès rapide.

P... Jeanne, 34 ans, est obligée de subir l'exode le jour qui suivit une section de brides, alors qu'elle avait des lésions minimes unilatérales et que la section de brides avait entraîné un très bon collapsus. Six jours après l'exode, elle tousse et crache davantage, et l’on trouve un ensemencement de l'autre côté. Bilatéralisation qui commence par le sommet, mais qui rapidement envahit la base, grévant lourdement le pronostic de cette malade, qui avant l'exode, était atteinte de petites lésions d’un seul sommet

(Clinique du Docteur BERNOU).

Bilatéralisation importante, survenue six jours après l'exode,

alors que la malade avait subi la veille une section de brides.

L'importance des EPREUVES MORALES dans Ce renouveau de la tuberculose est indéniable. Déjà capital en temps normal, son rôle est devenu prépondérant du fait des évènements.

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Dénoncée par LAENNEC, cette influence des « passions tristes » a été bien étudiée il y a une dizaine d’années par BRAUN et Mme FREY-RAGU, qui firent une enquête dans les milieux sanatoriaux : « Dans l’immense majorité des cas, l’éclatement de la tuberculose pulmonaire, ou ce qui revient au même, l’apparition du premier incident, résulte d’un ensemble de facteurs étiologiques parmi lesquels on trouve d’une façon à peu près constante le facteur moral ».

Mais surtout MICHON, CHAIZE et MoLLARD ont montré que le terrain le plus apte au développement de la tuberculose se rencontrait dans les organismes dominés par une grande instabilité neuro-végétative, et que la maladie de ces sujets dessinait presque toujours un tableau nettement évolutif.,

Notre Maître, M.-A. JACQUELIN a insisté sur ces faits, dès 1924. C’est ainsi que recherchant l’état du réflexe oculo-cardiaque chez un grand nombre de tuberculeux pulmonaires, il avait noté que les formes graves, même peu fébriles, comportent le plus souvent un réflexe inversé, signe de sympathicotonie.

Or il est certain que le nombre de « petits inquiets des petits anxieux, des petits déprimés » a notablement augmenté du fait des bombardement des villes, des préoccupations alimentaires, des inquiétudes politiques du moment, de l’abandon de foyers et des situations du fait de l’évacuation des régions frontalières; il en est de même de Ia mort d’un être cher à la guerre. Enfin le moral dû à de longs mois de captivité a, sans nul doute, contribué à côté d’autres facteurs, à l’éclosion de Ja tuberculose chez certains prisonniers.

D'autre part les émotions répétées favorisent l’amaigrissement. M. CHEVASSU a très récemment exposé à l’Académie de Médecine cette influence du moral sur l’amaigrissement. Or celui-ci favorise de son côté l’apparition de lésions bacillaires, M. FIESSINGER vient encore

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de le signaler récemment à l’Académie de Médecine (13 octobre 1942).

L'absence quasi-totale de CHAUFFAGE a, elle aussi, joué un certain rôle dans la recrudescence actuelle de la tuberculose.

Son rôle n’est sans doute pas prépondérant, mais il a été une cause adjuvante non négligeab'e. Cette action est difficilement vérifiable, mais de nombreux malades ont souvent invoqué les rigueurs de l’hiver à l’origine de leurs lésions. Venant s'ajouter aux restrictions calorigènes, il n’est pas douteux que le manque de chauffage a été préjudiciable principalement aux gens âgés, car le froid exige un supplément de dépenses caloriques.

Or le pain, principal dispensateur de glucides, a été réduit dans de notables proportions à partir de 70 ans.

Les quantités dérisoires de charbon allouées, ont, de plus, favorisé la contagion, car les gens étaient bien souvent obligés de ne chauffer qu’une seule pièce. Si bien que pendant de longues journées d’hiver les nourrissons étaient en contact intime avec les grands parents. Or on connaît le danger occasionné par ces vieux bronchiteux emphysémateux qui sont trop souvent des bacillaires qui s’ignorent. Que d'enfants ont été ainsi contaminés cet hiver !

Il est enfin, un dernier facteur étiologique de cette recrudescence tuberculeuse que nous désirons souligner. Il vient d’être mis récemment en lumière par notre Maitre M. M. JACQUELIN, TuRIAF et CARLOTTI : il s’agit de l'influence de là VACCINATION ANTIVARIOLIQUE entreprise l’an dernier.

On sait que devant l’apparition de quelques cas de variole les pouvoirs publics ont recommandé avec raison une revaccination générale. Certes les tuberculeux recon-

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