‹ Contribution à l'étude de la Myélite TyphiqueChapitre 16 sur 26 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(RavmonD, Revue de médecine, 1885, p. 646.)

Dothiénentérie grave. — Forme adynamique.— Pendant la convalescence, symptômes de myélite ascendante.— A ccidents paralytiques. — Guérison.

Le nommé Émile D..., âgé de dix-huit ans, né à Abbeville, employé de commerce, est entré le 13 novembre 1884, à l'hôpital Saint-Antoine, salle Marjolin, lit n° 14. Il est sorti le 23 mars 1885 après être resté vingt-trois jours à l'hôpital.

Antécédents héréditaires. — Le malade nous raconte que son père est mort des suites d’une congestion cérébrale en 1881, à l’âge de quarante-six ans ; que son grand-père maternel est mort en 1886 d’un cancer de l’estomac et que sa mère est sujette à des gastralgies,.

Antécédents personnels. — Quant à lui, il nous dit avoir eu, à l’âge de cinq ans, une rougeole suivie d’angine catarrhale. A treize ans, il fut atteint d'angine couenneuse et il eut il y a deux ans, en 1883, des pustules d’echtyma à la jambe gauche; pas d’antécédents syphilitiques.

Histoire de la maladie. — Le malade a été pris le 11 novembre, deux jours avant son entrée à l'hôpital, de malaise

ÉD. der à.

avec céphalalgie intense et courbature. Il éprouva, en outre, des vertiges et des éblouissements qui l’obligèrent à prendre le lit.

Le 13. — Ces symptômes allant en augmentant il entra à l'hôpital. La température prise dans le rectum est de 41°5, la bouche est pâteuse, la langue couverte d’un enduit blanchàtre, la peau chaude et il éprouve une soif intense. Le ventre est très sensible à la pression du côté de la fosse iliaque droite où l’on entend des gargouillements. On donne deux verres d'eau de Sedlitz.

Le 18. — Apparaissent des taches rosées lenticulaires à la base du thorax et sur le ventre. Cet état persista jusqu’au 20, époque à laquelle il eut des épistaxis. A partir de ce moment, il fut pris de délire, surtout la nuit. La toux est très fréquente, on note les signes d’une bronchite avec congestion pulmonaire, l’expectoration est peu abondante, On lui pose vingt ventouses en arrière. Il s’alimente avec du bouillon, du lait et il prend une potion de Tood avec 1 gr. 50 de sulfate de quinine. La température s’abaisse à 40°. Puis on donne 5 grammes d’acide salicylique en trois fois.

- Le 6 décembre. — Le malade prend 4 grammes de kaïrine entrois fois.

Le 13. — On cesse la kaïrine, la température est descendue à 38°8 dans le rectum.

Le 20: — Apparaissent des escarres sur le grand trochanter, au sacrum et dans le dos, au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate.

Le 26. — Le délire cesse; on alimente le malade avec des œufs et des côtelettes sans pain.

Il commence alors à sentir des fourmillements dans les orteils.

Le 4 janvier. — Il est obligé de se tenir sur le ventre, à cause de la douleur que lui font éprouver ses escarres.

Le 10. — La plante de ses pieds repose à plat sur le plan du lit, et les pieds restent pendants quand le malade est placé dans un fauteuil.

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