ROIS
Le 14. — La température est descendue à 37°2 le matin et
remonte le soir à 39°.
Le 24. — Les fourmillements et les élancements augmen-
tent dans les pieds.
Le 30. — La température revient à la normale.
Le 5 février. — On constate une faiblesse très marquée dans les jambes et dans les cuisses, dont les mouvements de flexion et d'extension ne se font que difficilement, l’ichtyose apparaît aux membres inférieurs. Le sphincter anal est paralysé ainsi que le rectum.
Le 9. — La sensibilité tactile est amoindrie ; le malade ressent des fourmillements dans le bout des doigts et peut avec peine remuer les mains.
Le 11. — Les avant-bras sont atteints à leur tour; il ne peut porter les mains à sa bouche qu’en traînant les avantbras sur le thorax.
Le 12. — Les bras se paralysent aussi, surtout le bras droit qui ne peut presque plus exécuter aucun mouvement, tandis que l’avant-bras gauche peut encore se fléchir faiblement. Les escarres guérissent, mais il apparaît un peu d'œdème autour des malléoles du pied droit. Il éprouve de la raideur dans les articulations du genou et des coudes. On lui donne 1 gramme d'iodure. Les muscles du dos sont paralysés.
Le 20. — Le malade éprouve de la faiblesse dans les muscles du cou, il peut difficilement fléchir la tête sur la poitrine et il présente quelques phénomènes dyspnéiques.
Le 24. — Nous examinons l’état de tous les membres paralysés.
Attitude. — Les membres sont dans leur situation normale.
Mouvements. — Les mouvements sont beaucoup plus
abolis dans les membres du côté droit que dans ceux du côté gauche, etle malade se plaint d’éprouver de la raideur dans les articulations.
1° Membre inférieur droit. — La plante des pieds porte à plat sur la jambe. Le pied est placé dans l’adduction et les
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mouvements d’abduction sont impossibles, Les mouvements d'extension des orteils sont abolis, les muscles de la jambe sont très amaigris,
La cuisse droite a diminué de volume, sa circonférence mesure 2 centimètres de moins que la cuisse gauche et le triceps est atrophié. Les mouvements de rotation en dehors et en dedans ont presque disparu.
2° Membre inférieur gauche. — Les mêmes phénomènes existent dans le membre inférieur gauche, mais ils sont moins accusés et il n’y a pas d’atrophie du triceps.
3 Membre supérieur droit. — On remarque un affaiblissement très marqué des muscles interosseux; le malade peut difficilement écarter et rapprocher les doigts. Les mouvements d'extension et de flexion de la main sur l’avantbras ont presque disparu. La pression de la main sur le dynamomètre ne donne presque aucun résultat. La flexion de l’avant-bras sur le bras ne peut presque plus se faire.
4° Membre supérieur gauche. — Les mêmes phénomènes existent dans le membre supérieur gauche, un peu moins accusés cependant.
Exploralion de la sensibilité. — La sensibilité cutanée est intacte, les piqûres occasionnent de l’hyperesthésie. Le tact est en partie amoindri dans les doigts. La chaleur et le froid sont très bien perçus.
Examen électrique. — 1° Sensibilité cutanée. — La sensibilité cutanée existe dans tous les membres, un peu moins cependant dans le membre inférieur droit.
2° Sensibilité musculaire, — La sensibilité musculaire est affaiblie dans le membre supérieur droit et dans le membre inférieur du même côté, surtout sur le dos du pied, au niveau des malléoles.
3° Contractilité musculaire. — La contractilité musculaire est presque abolie dans le côté droit du corps, tandis qu’elle subsiste en partie dans le côté gauche Nous remarquons dans le membre supérieur gauche, quelques contractures du biceps, des muscles extenseurs et fléchisseurs des
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doigts. Dans le membre inférieur gauche, il existe quelques contractures dans le triceps crural, dans l’extenseur commun des orteils et dans l’extenseur propre du gros orteil.
Mouvements réflexes. — Les réflexes tendineux sont supprimés dans les membres inférieurs, mais ils sont conservés dans le membre supérieur gauche.
Le 25,le malade est atteint d’un œdème non douloureux de la jambe gauche. Le membre supérieur droit est paralysé complètement.
Le 26. — L'appétit est conservé; le malade éprouve de la douleur derrière le cou et on remarque un œdème non douloureux de la jambe gauche.
Le 27. — Les mouvements de flexion de l’avant-bras sur le bras sont diminués, les muscles de la main gauche se contractent moins vigoureusement et il tient les objets avec moins de force; nous constatons l’atrophie des éminences thénar et hypothénar, celle des muscles interosseux. Les mouvements de flexion de la tête sur la poitrine reparaissent en partie.
Le 28. — Les mouvements réftexes se produisent plus faiblement dans le membre supérieur gauche. L’avant-bras gauche ne se fléchit plus sur le bras. La flexion et l'extension des doigts de la main gauche sont presque complètement abolies. L’œdème de la jambe droite a un peu disparu et il existe une tuméfaction de l'articulation du genou. Il apparaît des troubles génésiques.
Le 2 mars. -- Nous constatons que la paralysie s’est arrêtée dans sa marche ascendante. Il se produit quelques mouvements dans le membre supérieur droit: abiluction, élévation et abaissement de l'épaule, flexion légère des doigts. Les mêmes mouvements existent dans les membres supérieurs gauches.
Le 4. — Le malade nous dit que les élancements des orteils sont moins douloureux. Le sphincter anal est moins affaibli.
Le 6. — Il prend 1 gr. 50 d’iodure de potassium par jour. La flexion de la tête sur la poitrine est plus appréciable,
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Le 7.— La paralysie rétrograde, la douleur qu'ilressentait derrière le cou a disparu. Les mouvements de rotation des cuisses en dehors et en dedans reparaissent un peu.
L'ichtyose disparaît en partie aux membres inférieurs.
Le 9. — Les nuits sont plus calmes, le sommeil est meilleur.
Le 12. — Il prend 2 grammes d’iodure de potassium par jour.
Le 16. — Les mouvements de flexion de l’avant-bras sur le bras reparaissent dans le membre supérieur gauche ; le malade peut fléchir le bras par une série de mouvements de reptation.
Le 18. — Il parvient à porter l’avant-bras gauche jusqu'à sa bouche. Ilexécute quelques mouvements de reptation avec l’avant-bras droit.
Le 19. — Les élancements disparaissent dans les doigts de la main droite. Le sphincter anal n’est plus paralysé.
Le 23. — Le malade parvient à fléchir l’avant-bras sans prendre de point d'appui sur le thorax. Il se fait transporter chez lui ; nous continuons néanmoins à nous informer de son
état.
Le 31. — Les mouvements ont reparu dans les bras; il parvient à fléchir les doigts et à manger sans l’aide de personne. La flexion et l’extension sont revenues dans les membres inférieurs où les élancements sont aussi moins sensibles; ilne les éprouve plus que pendant quelques heures.
Le 5 avril, le malade peut se lever et rester assis une partie de la journée.
Le 15. — Il entre en convalescence. Aujourd’hui 15 juin, le malade qui a beaucoup engraissé a récupéré a peu près complètement l'usage de ses membres.
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OBSERVATION II (résumée)
(Raymonp : Revue de Médecine, 1895, p. 652.)
Dothiénentérie. — Pendant la convalescence. — Symptômes de myélite ascendante subaiguë, accidents paralytiques.— Guérison.
La nommée Catherine Eug..., âgée de trente-deux ans, née à Thons (Vosges), domestique, est entrée le 27 juillet 1878 à l'hôpital Beaujon, salle Saint-Paul, n° 10, dans le service du D' Moutard-Martin suppléé par M. le D' Raymond. Elle en est sortie le 11 novembre de la même année ; son séjour à l'hôpital a été de cent sept jours.
Histoire de la maladie. — La malade qui a toujours joui d'une bonne santé, quin’est pas hystérique, ni syphilitique, et qui n’est soumise à l'influence d'aucune diathèse, entre le 27 juillet 1858 à l'hôpital. Sa température atteint 40°. Elle éprouve une céphalalgie intense, des vertiges, des bourdonnements dans les oreilles, de la courbature et elle a plusieurs épistaxis dans la journée.
L'appétit est perdu, la langue est sèche et la soif très vive. Nous constatons qu'elle ressent à la pression une douleur assez forte dans la fosse iliaque droite où l’on entend des gargouillements. À l'auscultation, on percoit nettement des râles de bronchite, et on trouve un peu de congestion pulmonaire.
La malade prend deux verres d’eau de Sedlitz et 1 gr. 5o de sulfate de quinine, ainsi que du bouillon et de la limonade vineuse.
Le 4 août apparaissent des taches roséo-lenticulaires à la base du thorax.
Le 10 août, la stupeur et le délire sont moins intenses ; la température est tombée à 38’; la fièvre décroit jusqu'au 14 août ; la température redevient normale et la malade entre en convalescence.