‹ Contribution à l'étude de la Myosite rétractile des Muscles fléchisseurs des doigts et pronateursChapitre 30 sur 41 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

ge de l'index droit, une brûlure du troisième degré, heureusement peu étendue. : PAU 6 janvier 1898. — Les mouvements du coude ont gagné notablement ; ils s'étendent maintenant de 80° à 165°. La supination complète est toujours impossible ; la main et l'avant-bras sont dans le même état. = Nous revoyons l'enfant le 4 juillet. L'état du coude n'a-pas changé. La sensibilité est complètement revenue sur les deux faces des doigts et sur le dos de la main : en revanche, les troubles moteurs ne se sont pas modifiés. Les muscles externes et les muscles internes de l'avant-bras sont très atrophiés ; les tendons des palmaires et des fléchisseurs sont rélractés et forment des cordes saillantes sous la peau du poignet, la main est Héchie fortement sur Favant-bras, presque à angle droit: les doigts, surtout l'index et le médius sont fléchis fortement dans la paume ; le pouce est accolé à l'index et, non opposable. Atrophie considérable des éminences thénar et hypothénar et des muscles interosseux. La névrite du médian et du cubital s'est donc accusée surtout par des phénomènes de contratture qui ont abouti à une rétraction définitive, impossible à vaincre. L'examen électrique montre que lexcitabilité électrique est diminuée dans les muscles palmaires et fléchisseur commun ; il y a réaction de dégénérescence dans les museles thénar, hypothénar, et le muscle cubital antérieur. | QE L'excitation du nerf à l'avant-bras fournit quelques contractions dans lopposant et le court fléchisseur. du ? ”

pouce. | Le

Dans le domaine du radial, il y a diminution de l’excitabilité électrique surtout dans les radiaux et les muscles propres du pouce et de l'index, qui avaient présenté la réaction de dégénérescence, mais qui ne la présentent plus à l’héure actuelle.

- a commencé à marcher à 4 mois.

dé la mère, à 1904.

Le pronostie doit être, en somme, très réservé ; il parail peu vraisemblable que la névrite des nerfs médian el cubital soit susceptible de s'améliorer, depuis un an qu'elle est stationnaire, et lon conçoit l'impotence foncthionnelle, qui résulte de ce fait, au gnembre droit surtout.

OBSERVATION JT

{Observation 40 de La thèse de M. Berger, observation due à MM. Albert Mouchet et Abel Gy)

M... Marius, âgé de 9 ans, w’offre aucun point intéressant dans ses antécédents héréditaires. Son père est:un homme robuste, qui n'a jamais été malade. Quant à sa mère, sauf quelques symptômes relevant d'habitudes éthyliques, elle jouit d'une santé florissante : elle a eu quatre enfants, qu'elle à nourris elle-même et qui sont bien portants. | : F

C'est le plus jeune, qui fait l'objet de cette communication. Après avoir été élevé, au sein, jusqu'à 20 mois, il à été sevré; aucun fait à retenir, sauf une rougeole normale à l'âge de 4 ans. Ajoutons que ce jeune garçon Le début de Faffection actuelle remonterait, au dire. Au mois de mai de celte année, l’enfant tomba du haut d’une voiture et tout le poids porta sur Je bras gauche. Dans les jours qui suivirent, apparut à la face postérieure de ce membre une ecchymose assez étendue, mais le médecin consulté ne constata ni fracture ni disjonction épiphysaire.

L'enfant ne cessa jamais de se servir de son bras, et le traumatisme était oublié -depuis longtemps, lorsqu’en

septembre 1904, c'est-à-dire quatre mois après l'accident, à mère remarquæ chez son garçon l'attitude fléchie des doigts de la main gauche. Inquiète, elle consulla plusieurs miédecins qui conseillèrent de légers massages, l'application de liniments, mais ce fut en vain : attitude vicieuse persistait, C'est dans ces conditions que l'un de nous vit cet enfant ct, surpris par Fattitude vicieuse de ses doigts, l'adressa à M. le professeur Brissaud, qui pérta le diagnostic de briévelé du groupe des fléchisseurs des doigts.

Eors de notre examen pratiqué le 0 novembre rg08, nous nous trouvons en présence d’un garçon un: peu malingre, FÉES de quelques stigmates de dégénérescence, léger prognatisme, implantation oblique des

dents, cariées en grand nombre, et développement exagéré des incisives. La voûte palatine est ogivale ; le front Hombé, le pavillon de l'oreille large, décollé, et le lobule adhérent. Enfin le crâne est très développé suivant l'axe occipito-mentonnier, Pas de chapelet costal ; aucune déforimation de nature rachitique au niveau des membres inférieurs. Ajoutons que le testicule droit ne paraît pas descendu dans les bourses : il est resté à l'anneau inguinal. Tous les viscères sont sains.

Notre attention est attirée tout de suite par l'attitude que prennent les doigts de là main gauche : quand celleci.est étendue sur l’avant-bras, les phalanges des quatre derniers doigts, et plus particulièrement celles du médius et de l'annuaire sont fléchies les unes sur les’ autres, et les doipts eux- -mômes sont légèrement inclinés sur les métacarpiéns correspondants, sans que la phalange unguéale vienne au contact de la paume de la main.

. Quant,au pouce, sa dernière phalange est un peu fléclie,sur la première, et celle-ci est en extension normale sur le métacarpien..

Veut- on essayer id éténdre les doigts s, on est aussitôt

\ Parme,

arrêté par une résistance spéciale qui pourrait faire songer à une bride, à une rétraction de laponévrose palmaire, mais aucun froncement n'apparaît dans la paume de la main, et il semble que le défaut d'extension tienne bien à une modification apportée dans la longueur des fléchisseurs.

Cette attitude vicieuse n'existe, à proprement parler,

que pour le médius et l'annulaire. L'index en effet, ainsi . que le cinquième doigt, mais l'index surtout, peuvent, la main étant en extension, s'étendre eux-mêmes, facilement. Si ces doigts prennent l'attitude de flexion, c’est qu'ils y sont incités par ce fait même que les autres doigts se fléchissent.

Si on tente de vaincre cette résistance à l'extension, on échoue complètement : tout au plus détermine-t-on une hyperextension de la main, d'où exagération de la déformation que l’on veut combattre.

Si maintenant le petit malade fléchit la main, le tableau change : les doigts peuvent s'étendre ou se fléchir spontanément: les mouvements sont aisés et non cCon- Wariés. Il semble évidént que la flexion préalable de Ia Main, rapprochant les points d'insertion des muscles fléchisseurs, permette ainsi le jeu normal des doigts.

Ajoutons que malgré cette attitude des doigts, l’enfant se sert facilement de sa main gauche. Celle-ci n'offre pas d'autre déformation ; les articulations -inter-phalangiennes et métacarpo-phalangiennes sont souples ; la peau n'est le siège d'aucune cicatrice, d'aucun -pli anormal, Aucun trouble de sensibilité subjective ou objective ne peut être relevé ; pas davantage de trouble

trophique : les éminences thénar et hypothénar ont. leur.

volume habituel. \

Les mêmes constatations sont faites en ce qui concerne l’avant-bras gauche : aucune déformation n’est à re-

lever ni dans le squelette, ni dans les différents groupes

musculaires qui paraissent avoir leur tonicité normale. La circonférence de l’avant-bras prise à 8 centimètres du sommet de l'olécrane, est de 15 centimètres tant à gauche qu'à droite. ù

Enfin, les réactions électriques ‘des muscles fléchisseurs n'ont jamais présenté de modifications susceptibles d'être rapportées.

Il nous parait donc indéniable que l'attitude vicieuse des doigts présentée par cet enfant tient uniquement à une disposition musculaire anormale, à une briéveté d'origine congénitale des fléchisseurs des doigts DA et annulaire, | ñ

Comme il arrive si souvent dans bon nombre d'affections où la congénitalité ne saurait être mise en doute, l'attitude vicieuse des doigts n’est devenue apparente qu'un certain temps après la naissance, à l’âge de 4 aps, quatre mois après un traumatisme.

Nous ne croyons pas que celui-ci ait eu la moindre part dans la genèse dé la difformité ; après sa chute, l'enfant n'a jamais cessé de se servir de son bras, le médecin qui a été appelé à le voir n'a constaté aucune fracture ou luxation. ne ; | À

Actuellement, d'ailleurs, l'examen elinique le plus attéentif ne nous révèle aucune modification, si minime soit-elle, du squelette du membre. À tel point qu'il nous a paru absolument superflu de faire pratiquer une radio- graphie. Au surplus comment expliquer la difformité

des doigts si le traumatisme était en çause ? Ce ne serait pas par le mécanisme d’une lésion nerveuse, puisque la réaction électrique des muscles fléchisseurs est absolument normale. Ce ne serait pas d'avantage par le mécanisme de l'ischémie causée par un appareil contentif trop serré, ischémie amenant à sa suite une rétraction des muscles improprement nommée paralysie ou con-. tracture ischémique de Volkmann. Il n’y à pas eu d’ap-

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plication d'appareil chez notre petit malade, puisqu'on croyait seulement à de Ja contusion, et que l'usage du. membre a toujours été conservé ; or, dans l'affection dé’ crite par Volkmann, limpotence et la rétraction muscuaire apparaissent précocement et simultanément.

Rien de semblable ici, et vraiment le traumatième paraît bien avoir eu pour seul rôle d'attirer l'attention des. parents sur le membre supérieur gauche de leur "Es La rétraction des tendons ne peut être due, selon nous, qu'à une briév eté congénitale ; et nous’ répétons que ce cas doit être exceptionnel, puisque nous n'en avons pas trouvé de semblable dans la littérature médicale. |

Deux interventions ha sicalés. ont été employées tour à tour dans les cas\de rétraction tendineuse analogue, quoique dé nature différente : l’une consiste à réséquer les os de Favant bras, sans toucher aux tendons, l'autre consiste À allonger les tendons par ténoplastie. Chez notre petit malade, c'est à la dernière opération que nous donnerions la préférence, parce que tous les fléchisseurs ne’sont pas, raccourcis, mais seulement ceux | du médius et de l’annulaire, et que l'allongement de ces

derniers tendons constituerait une opération plus .par- :

cimonieuse et cependant suffisante.

D'ailleurs nous n'avons guère eu à nous préoccuper

du traitement opératoire de la malformation ; les, pa-. { s

rents n'ont pas jugé le trouble fonctionnel de la main de leur enfant suflisant*pour légitimer une opération.

Note, — Le docteur Mouchet à fait allusion à ces deux. observations dans la discussion du rapport de M. Denucé, au »° Congrès français d'Orthopédie, 8 octobre. 1920.

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