N .., OBSERVATION IV
(Nové-Josserand. Pseudo-paralysie ischémique de Volk-,
mann. Malade présenté pur M. Mafféi, à la Société des
Sciences médicales de Lyon, le 25 mars 1914).
L... Jean, 5-ans +, entre à la Charité le 20 mars. Le 3 février, l'enfant est tombé de sa hauteur sur le coude. Le médecin, venu le lendemain de l'accident, fit un plàtre du coude à anglé droit, après avoir diagnostiqué une fracture ; mais la main se tuméfiant, devenant violette, un autre médecin fat ‘appelé quelques jours après ; il corstata que le plâtre était bien trop serré, l’enleva, en mit un autre, et revint voir lenfant. quelques ‘jours après. [Il vit alors que la main s'était mise /en grifle, semblait paralysée et envoya de suite le petit malade à la Charité. j D
A l'examen, on constaté en effet une pseudo-paralysie ischémique de Volkmann typique. La main est en flexion de 45° sur l'avant-bras, et ne peut être relevée ni activement, ni passivement: tous les doigts sont repliés vers la paume de la/main, de telle sorte que la pulpe des doigts se trouve en face des tètes métacarpiennes, et Féspace qui les en sépare est de » centimètres environ. à
De même que pour la main les doigts ne peuvent être étendus en les redressant : ils se fléchissent au contraire davantage et comme autoniatiquement quand on tend à relever la main sur le poignet, tandis que lorsqu'on exagère la flexion de la main ils se défléchissent au point qu'à la flexion maxima de la main correspond l’extension maxima des doigts, qui est alors presque complète. Tous les muscles de lavant-bras sont d’une dureté ligneuse et même sur le bras, dans son tiers inférieure, on constate le mêmé phénomène ; il faut re-
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inonter au tiers moyen du bras pour retrouver au biceps la sensation élastique normale du muscle. Le cou-de est fléchi à angle droit et, de même .que la main ne peut être étendue ne serait-ce que de quelques degrés, au contraire, sa flexion est priesque complète.
Mais il n'y à pas à proprement parler paralysie, et lorsque l’on fait une flexion maxima de la main, on voit que l'enfant peut alors étendre et fléchir ses doigts volontairement. C'est dire que les mouvements d'extension sont paralysés beaucoup plus par rétraction des muscles fléchisseurs que par paralysie propre de leurs muscles, ce qui est le propre de la paralysie ischémique de Volkmann. Au point de vue sensitif, on constate les troubles suivants : anesthésie totale dans des régions innervées par le cubital, hypoesthésie dans le domaine du radial, anesthésie totale dans le domaine du médias: au niveau des doigts et hyperesthésie au contraire très marquée au niveau de la paume de la main. Sensibilité au chaud et au froid abolie au niveau des doigts, conservés à la main.