LA
C'était la déformation de la rétraction des fléchisseurs. Le pouce était peu touché; l'enfant n’arrivait pas à l'étendre complètement quand le poignet était maintenu en extension, mais il s'en fallait de très peu.
La flexion des quatre derniers doigts s'exagérait notablement quand on étendait le poignet. Au contraire, lorsque le poignet était fléchi, l'enfant pouvait augmenter l'extension des doigts ; c'était bien le syndrome de Volkmann. |
Quand le poignet était maintenu en rectitude, on arrivait mécaniquement, par une traction forte, à étendre les premières phalanges, mais on ne pouvait faire dépasser aux secondes l'angle droit. La supination était très limitée, la main ne pouvait être tournée au delà du plan antéro-postérieur.
Il existait, en outre, des troubles sensitifs et des troubles trophiques. Les interosseux et l’'éminence hypothénar étaient manifestement atrophiés.
La sensibilité était complètement abolie à la face ;
—” 90 SE 1 | rer Gé E rt palmaire de l'index et du médius. Elle était partiellement conservée dans les deux derniers doigts et intacte sur le pouce. |
L'examen électrique fait M. Zimmern à donné les résultats suivants : « Le nerf médian est touché dans 4 sa distribution thénare, où l'on trouve la réaction de dégénérescence complète sur tous les museles. Le domaine médian antibrachial est respecté. Pour le nerf cubital om-irouve une. réaction de dégénérescence, com- | plète dans le démaine hypothénar et interossseux. » |
Les muscles de Favant-bras ne présentaient pas de TES modifications de leur réactions électriques. Aussi est-il difficile de dire si la lésion nerveuse était pour quelque chose dans la production de la rétraction: l | ù
Permettez-mot d'attirer votre attention sur un autre | point. Les nerfs médian et cubital étaient altérés au mi-
veau de la partie inférieure du bras et du coude ; or la ©: . parulvsie motrice ainsi que les modifications électri- LS ques étaient localisées à la main. | ;
La possibilité de grandes irrégularités dans la distri- Ps PE
bution des troubles paralvtiques consécutifs à la stric- Eu
tion des nerfs par du tissu fibreux est fort intéressante.
bans les cas de luxation de l'épaule, elle peut conduire
à localiser du côté des racines des lésions qui rer EDS réalité dans l'aisselle. | | er FR J'ai commencé chez la petite file par libérer Je mé- À
dian et le cubital. L'opération fui pratiquée le 1° août
1git. FL MR À H ny avait à l'avant-bras aucune induration. Les
masses musculaires étaient souples. D'autre part, la
fracture n'était pas réduite ; le fragment supérieur de
l'humérus faisait une grosse saillie en avant: le cal.
était volumineux et irrégulier. Bien que la paralysie fût localisée à la main, pour les raisons. que’ je viens de
vous dire, je fis porter mon intervention sur ‘la région de Ha fracture. .
. Une incision oblique menée à la face interne de Ja partie inférieure du bras, me permit de découvrir et de suivre le médian et le cubital. Ce dernier était sain audessus de la gouttière épitrochléo-olécrâänienne, mais au niveau de la gouttière, il était englobé dans du tissu libreux très vasculaire. Je le libéfai: d'abord et fis cn suite des débridéments longitudinaux du mévrilemme dans toute la portion serrée.
Le médian était englobé dans du tissu fibreux au niveau du cal. Je le libérai de même faéon, puis je réséquai au ciseau et au maillet l'extrémité inférieure du. . fragment supérieur de l'humérus dont la saïilie pouvait contusionner le nerf el qui format, en outre, ‘une cale à gênant la flexion de lavant-bras. ! !
La sensibilité se rétablit assez vite. Au mois d'octobre, les zônes autre 018 anesthésiées étaient légèrement
® hyperesthésiques. : Aujourd'hui la sensibilité est redeve-
nue normale, : \
Les muscles dégénérés reprirent progressivement leurs fonctions. Actuellement Ja réparation est complète de ce côté. | | HAN
Dès que les fils furent enlevés, je-fis commencer des manœuvres d’éxtension mécanique des doigts.
Actuellement, Penfant se sert de sa maiñ sans aucune difficulté pour tous les usages journaliers el, CONTE je vous l'ai dit, elle joue du piano. Pa
Mais si le résultat est satisfaisant, il n'est-pas parfaii.
La supination est redevenue normale. Mais l'enfant ne peut maintenir vrlontairen:ent lea doigts étendus que si le poignet, est très Kgèrement fléchi. Le degré de flexion du poignet compatible avec l'es tension des
— 98 — a] doigts est insignifiant. Mais, enfin, ce n’est pas la reclitude absolue. :
Quand on maintient le poigner en rectitude, l'enfant arrive encore avec effort à étendre complètement les doigts. Dès qu'on met le poignet en extension, les pe se fléchissent. |
Passivement l'extension simultanée des doigts et du poignet est possible sans douleur. Ceci est un progrès récent. L'enfant est toujours mobilisée, elle fait ellemême des exercices et l'amélioration continue.
En somme, l'amplitude des mouvements des doigts
n’est pas normale: Mais ces mouvements ont toute leur
force, et leur étendue est suffisante pour qu'on ne s’aperçoive même pas dans la vie ordinaire qu'ils sont limités.
Je me garderai bien de dire qu'on doive arriver à un résultat semblable dans tous les cas de rétraction des fléchisseurs ; mais, pour ma part, je ne me croirais pas autorisé à faire la double résection radio-cubitale avant d’avoir fait l'épreuve patiente du traitement mécanique bien dirigé.
Ed