CHIRURGIEN DE L'HOPITAL GÉNÉRAL
En témoignage de mon affectueuse reconnaissance.
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Introduction
L'entrée dans le service de mon maître M. le docteur Dayot, d’une fillette, atteinte de myosite rétractile des muscles fléchisseurs des doigts m'a fourni et l'occasion et l’idée d'entreprendre ce travail.
Au deuxième Congrès de la Société française d'Or-
thopédie, le syndrome de Volkmann venait d’être, à la suite d’un rapport de M. le professeur Denucé, l'objet d'une discussion particulièrement intéres-
sante. M. le docteur Albert Mouchet, chirurgien de : l'hôpital Saint-Louis, secrétaire de la Société, me fit,
dans son service, l'honneur d’une belle leçon clinique et me communiqua tous les documents nouveaux relatifs à la question.
M. le docteur Legal-Lassalle, Chef de Clinique à l'Ecole de Médecine de Rennes, n'a prodigué ses judicieux conseils.
Que mes maîtres, M. le docteur Albert Mouchet et M. le docteur Legal-Lassale, me permettent de leur
exprimer, ici, toute ma reconnaissance.
Définition
Le déficit anatomo-physiologique, représenté à l'avant-bras par la myosite rétractile des fléchisseurs des doigts, peut être défini : "4
Un raccourcissement permanent ‘et déjinitif, de degré v variable, des muscles fléchisseurs des doigts et. pronateurs, la rétraction musculaire étant limitée à
ce groupe de muscles, sans aucune participation des
autres groupes musculaires de l'avant-bras et des au tres groupes musculaires de l'organisme.
Certains auteurs (Mouchet, Forgue, Trocello, Tanton) insistent avec raïson sur le fait que dans la terminologie, employée pour désigner cette affection. seul le mot de rétraction eët juste. Il ne peut être question de paralysie, puisque les « muscles sont raccourcis el quelquefois simultanément encore contractiles, et qu'il suffit souvent d'une intervention chirurgicale (raccourcissement du squelette de l’avant-bras, ou allongement des tendons tléchisseurs) pour que la flexion active des doigts devienne, de nouveau possible » (Trocello). Il ne s’agit pas davantage de contracture, puisque, sous l'influence de la narcose, toute contracture réelle disparaît totale-
Le
lement, tandis que la rétraction ne subit, dans ces 3 conditions-là, aucune modification. Enfin, il n'est pas, non plus, plausible d'employer le qualificatif « ischémique » (paralysie, pseudo-paralysie, contracture ischémique), car il ressort des théories actuelles que, dans Ja pathogénie de la myosite rétractile des fléchisseurs des doigts, l’ischémie ne joue pas le rôle primordial qu'on lui attribuait autrefois.
. Nous nous efforcerons, préciséinent, de montrer comment se sont modifiées, sous l'influence des travaux et des recherches de la guerre, les idées concernant l’étiologie et surtout la pathogénie de cette curieuse affection. PAG? «
C'est à Volkmann (in Traité de Chirurgie de Pitha et Billroth — 1869) que nous devons, concernant l'affection qui nous occupe,.et qui porte son nom, la première description vraiment exacte. Jusque-là, el-. le avait été confondue « avec’toutes sortes de paralysies et de contractures traumatiques » (Stromeyer, Larrey, Guérin, Busch).
En 1881, dans le Centralblatt für Chirurgie, Volkmann complétait la première description quil en avait donnée, et, depuis cette époque, en Allemagne surtout, les travaux se sont multipliés à son sujet : Citons seulement quelques noms : Leser, Mannkopf, Chvostek, Bardenheuer, Lapinsky, Henle, Hildebrand, Hoffmann.
A peu près à la même époque, en Angleterre, Wallis et Littlewood (1901) insistaient sur un point parliculier de la pathogénie de l'affection et Robert Jones (1903) faisait connaître son « appareil à liens ri-
oides ».
Plus tardivement, en France, on s'occupe de la
© © ‘4 La $ question. Rappelons les articles de M. Nové-Josserand, du professeur Denucé, du professeur Kirmis-