‹ Contribution à l'étude de la néphrite diphtériqueChapitre 10 sur 16 · LATTES · texte numérisé non relu

LATTES

L'oligurie de la période d’état devra être distinguée par l'examen clinique de l'oligurie cardiaque. Ces urines sont de coloration foncée, bouillon de

bœuf, épaisses et troubles.

2 Albuminurie

Son taux est variable, elle peut être massive, et monter jusqu'à 40 ou 52 grammes (quatre cas dans la thèse de Michaux). Mais le fait important est qu’elle ne s'accompagne d'aucune rétention hydro-chlorurée

et d’aucun syndrome azotémique.

3° Cylologie urinaire

L'albuminurie est associée à une cylindrurie granuleuse ou hématite. Les hématuries microscopiques sont relativement fréquentes alors que les hématuries macroscopiques sont l’exception, même dans les diphtéries hémorragiques.

Ces faits sont la traduction du substratum anatomi que de la néphrite.

EvoLzuTion

Trois éventualités sont possibles.

C’est tout d’abord la diminution de l’albuminurie avec augmentation de volume des urines, guérison, et reslitutio ad intégrum totale.

Dans d’autres cas, le tableau clinique s'aggrave, l’oligurie rapidement croissante aboutit à l’anurie. C’est alors que peut apparaître une azotémie, mais cette der-

nière reste le plus souvent discrète.

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Enfin, et ce sont les cas les plus intéressants, l’évolution est très lente, l’albuminurie persistante et l’on est en présence de séquelles rénales. Il importe alors de préciser la nature de ces troubles, afin de formuler un pronostic : c’est ainsi qu'une albuminurie orthostatique fixe et stable est favorable, alors qu'une albuminurie variable traduit l'existence d’une néphrite chronique évolutive, avec poussées, sensible aux infections intercurrentes et de pronostic beaucoup plus fâcheux.

Néphrite hydrochlorurémique

Caractérisée par la rétention des chlorureset de l'eau, elle se manifeste par les œdèmes qui présentent tous les degrés, ils peuvent être légers et localisés à la face avec paupières bouffies et infiltrées ou graves et généralisés, réalisant un véritable anasarque avec infiltration séreuse des membres, de l’abdomen et des viscères.

Son installation est également très variable : elle peut être lente et progressive ; brutale et alors souvent nocturne ; mais dans tous les cas, elle est d'apparition précoce.

Elle s'accompagne d’une augmentation du poids avec oligurie, albuminurieet présence de cylindres granulo-épithéliaux dans le sédiment urinaire.

Chez l'enfant, l’œdème cortico-cérébral se traduit souvent par l'existence d’un syndrome d’excitation avec convulsions plus ou moins généralisées, aboutis-

PEVPON Le

sant souvent à un sub-coma et précédant généralement de peu la mort. Cette forme œdémateuse, peut se présenter soit sous un aspect chlorurémique pur, soit chloruro-azotémique.

Le diagnostic de ces œdèmes est à faire avec les

œædèmes sériques qui sont d'apparition beaucoup plus .

tardive, à la convalescence, sont localisés et durs, sans godet d'æœdème et résistant au régime déchloruré Ils sont d'ailleurs le plus souvent associés à des accidents

sériques : éruptions cutanées, arthrites, adénites.

Néphrite azotémique

C'est pour Nobécourt la forme la plus rare chez l'enfant. « L'absence du syndrome azotémique est très caractéristique » (Aviragnet).

Pour Chalier et Mollon, cette forme esttrès fréquente dans les diphtéries malignes où l'atteinte rénale revêt presque toujours le type azotémique. Elle est caractérisée cliniquement par le syndrome urémique ; chimiquement par une rétention élevée d'azote dans le sang.

Le syndrome dépressif est sa caractéristique dominante, c'est la somnolence progressive, d'intensité variable allant de la simple torpeur au sub-coma ; elle est permanente ou plus souvent entrecoupée de période d’excitation.

Elle s'associe à des phénomènes parétiques, hémiplégiques et à des troubles psychiques : apathie, diminution de la lucidité, délire tranquille.

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Les troubles du rythme respiratoire sont très variables, tel malade peut avoir un rythme régulier mais lent, tel autre irrégulier et rapide par dyspnée toxique ; tel autre enfin, peut présenter un rythme vrai de Cheyne-Stockes.

Pour Chalier et Brochier « l'azotémie semble relever de deux facteurs : l’imperméabilité rénale d’une part, la désintégration cellulaire et la désassimilation exagérées d'autre part ».

J. Bédouret 2

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