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Cœur : bruits assourdis. T. 10/6.
Examen négatif des poumons, du foie et de la rate.
Pas d’autres signes de paralysie diphtérique.
Urines, taux des urines : 300 cmc. Gros disque d’albumine.
Examen microscopique. — Nombreux globules rouges et blancs, pas de cylindres.
Sérum : 5o cmc. intramusculaire.
6 mai. — Le malade a reçu depuis l’entrée 220 eme. de sérum ; l’état local s’est amélioré sous l'influence de cette thérapeutique. Il n’y a plus de fausses membranes dans la gorge. L’adénopathie a en partie disparue. Amélioration relative de l’état général, Température : 38°. On constate au cœur un rythme à trois temps, qui résulte de la non perception du deuxième bruit du second couple d’un rythme couplé. T. : 8/5. Le malade est assoupi, il faut insister pour le réveiller. Urines : 950 cmc. Albumine : 1 gr. 20. Examen cytologique : cylindres granuleux et granulo-épithéliaux, cylindres épithéliaux et cellules de desquamation du bassinet et de la vessie. Nombreux globules blancs et rouges. Urée dans le sang : 2 gr. 4o pour 1.000.
7 mai. — L'’attention est attirée par une bradycardie à 31, avec inter valles inégaux entre les pulsations (on a parfois 1 ou 3 pulsations relativement rapprochées), surtout au moment des grands mouvements respiratoires. Il est impossible de par la simple inspection des jugulaires de préciser s'il y a ou non des contractions ventriculaires plus nombreuses que les contractions auriculaires ; on ne voit que des soulèvements correspondant à la contraction cardiaque.
T. 6 1/2-3 1/2, Le rythme respiratoire est lent (14 à la mi-
ANGEL, 9 ER nute) avec respiration de faible applitude habituellement ; de temps à autre, se produit une inspiration très ample suivie d’une expiration brève, une pause respiratoire assez étendue leur succède. Il n’y a pas de Cheyne-Stockes vrai.
Le facies est pâle, les yeux sont excavés. Le malade somnolent a vomi son lait cette nuit. La paralysie du voile ne s'est pas modifiée. On note aussi une diminution des réflexes rotuliens des deux côtés et aux yeux un léger myosis.
Température : 3895.
Analyse des urines de 24 heures:
Volume : 750 emc.
Urée: 19 gr. 72 pour 1.000 — 14 emc. en 24 heures.
Chlorures : 0 gr. 58 par litre — 0,43 par 24 heures.
Albumine : 1 gr. 5o.
Coefficient azotique : 0,83.
Urée dans le sang : 2 gr. 80 pour 1.000.
Le malade prend 1 litre de lait par jour et 1 litre d’eau lactosée à 40 Y.
8 mai. — Aggravation rapide de l’état général dans la matinée. Pouls très ralenti et très hypotendu. Le rythme respiratoire s’est accusé dans l’après-midi, le malade agité, présente quelques convulsions des membres et meurt dans la
soirée.
OBSERVATION V (Mouriquand) Maladie de Little chez une hérédo-syphilitique probable.
Diphtérie grave. Grosse albuminurie.Néphrite azotémique:
Mort.
D... Marie, âgée de 8 ans.
Cette enfant était en traitement pour une maladie de Little
typique. Malgré une réaction de Wassermann négative comme on avait des doutes sur une syphilis héréditaire, on institue un traitement mercuriel.
Pas d’albuminurie pendant ce traitement.
Deux jours après la fin de ce traitement, l’enfant présente un exsudat diphtéroïde. La culture montre la présence d’un bacille de Loeffler. Elle passe dans le service des angines. Le 28 octobre, à l'entrée: état général mauvais, pâleur de la face. Coryza bilatéral séro-purulent. A la gorge très large fausse membrane, occupant les amygdales, le voile et les piliers.
Adénopathies. — Sous-maxillaire et carotidienne, volumineuse à droite. Rien à noter aux poumons.
Au cœur, les bruits rapides sont normaux.
. Urines : gros disque d’albumine : oligurie.
Traitement.— 6o cmc. de sérum intramusculaire,et 20 eme. intraveineux.
29 octobre. — Aggravation de l’état général.
Enfant très agitée et très pâle.
Amélioration légère de l’état local, fausse membrane moins abondante et moins adhérente, ni gros foie, ni grosse rate. |
Urines : grosse albuminurie, oligurie.
Traitement. — fo cmc. de sérum intramusculaire.
Le 30 octobre, état général de plus en plus grave, lèvres sèches, fendillées, haleine fétide. Eruption purpurique de l’abdomen et des cuisses. Au cœur, un rythme pendulaire très rapide, l’adynamie est très prononcée. Mouvements convulsifs très légers de la face et des membres.
Urines : disque d’albumine très épais.
MS fo
En raison des convulsions légères, on pratique une ponction lombaire et le dosage de l'urée dans le liquide C.-R. montre 2 gr. 20 par litre.
La mort survient dans la soirée.
Autopsie. — Rien à noter à l'examen du cœur, des poumons et de la rate. Foie infectieux. Les deux reins sont de volume inégal. Le droit étant 5 fois plus petit que le gauche : tous deux présentent des signes de néphrite aiguë.
Inégalité volumétrique des surrénales; pas de lésion
macroscopique.
OBSERVATION VI (Sabrazès et Piloz)
Laurence T..., 38 ans, sans profession.
Le 15 octobre 1919, elle se sent courbaturée ; le lendemain au réveil, la déglutition est douloureuse, en même temps que la respiration et la parole sont embarrassées. Il existe de la céphalée, de l’anorexie, mais pas de constipation.
Antécédents personnels. — La malade n’a jamais été bien souffrante Depuis sa jeunesse, elle accuse des palpitations. Elle est mère de trois enfants ; depuis la naissance du dernier, elle a eu deux fausses couches à 2 et3 mois.
Antécédents héréditaires. — Le père est vivant, la mère morte, âgée, d’une affection cardiaque. Depuis huït jours, la malade soigne sa fille, qui est atteinte d'une diphtérie maligne (qui ultérieurement entraîna la mort).
Elle est à l'entrée très amaigrie et ne peut pas respirer par le nez. La déglutition est pénible, la voix nasonnée. L’amyg-
dale gauche petite est recouverte d'un enduit membraneux ;
en 20
di
la droite, énorme, atteint la luette et rend le voile du palais asymétrique. Elle présente quelques points ulcérés, recouverts d’une fausse-membrane.
La respiration est soufflante dans l’étendue des deux poumons.
Le pouls est à 80. On entend dans toute la région précordiale, un souffle à maximum apexien se propageant dans l’aisselle, présystolique et systolique. A la palpation, un léger frémissement (maladie mitrale).
Pas d’albumine. Température 38°. Un frottis fait avec des fausses membranes montre des bacilles longs.
Traitement. — Sérum 80 cmc. le premier jour — 4o cmc. les 3 jours suivants.
La température retombe à la normale, le pouls retombe à 60, la respiration à 16.
25 octobre. — Six jours après son entrée, la malade présente une paralysie vélopalatine. Les fausses membranes ne sont pas entiérement détachées. L'examen bactériologique montre encore des bacilles longs, mais en moins grande quantité que la'première fois. La température oscille entre 362 et 36°9. Le pouls ne dépasse pas 50.
30 octobre. — Comme la gorge n’est pas débarrassée de ses fausses membranes, en raison aussi de la paralysie du voile qui gêne considérablement la déglutition, on décide un nouveau traitement sérothérapique.
A la suite d’une première injection antianaphylactique de 1 cmc. faite à 13h. 30, la malade présente 1/4 d'heure après, de la pâleur, puis une syncope.
Cependant, on note un refroidissement et de la cyanose
des lèvres. .
NS ne EG
Le pouls est imperceptible au Pachon.
Les pupilles sont dilatées, inégales et paresseuses : la respiration superficielle et légèrement accélérée (21 à la miaute).
Une injection sous-cutanée de r mmg. d’adrénaline rend le pouls perceptible.
Une heure après la première injection de sérum on en fait une nouvelle de 1 centimètre cube diluée dans 10 centimètres cubes de sérum physiologique, cette dernière bien tolérée.
Une nouvelle heure après cette dernière,on injecte 10 emc.
À 21 heures, la malade est redevenue progressivement lipothymique avec pouls incomptable. L'auscultation cardiaque révèle un souffle mitral systolique un dédoublement du deuxième bruit, uné arythmie en salves.
Une injection intra-veineuse de XXV gouttes d'une solution de digitaline à 1 pour 1.000 ne déclanche aucune amé-
lioration. La malade meurt le 31 octobre.
OBSERVATION VII (Sabrazes et Piloz).
Diphtérie avec grosse albuminurie au début.
Louis O .…., 19 ans, électricien, est hospitalisé pour une angine diphtérique diagnostiquée bactériologiquement (bacilles courts).
Antécédents héréditaires. — Le père du malade serait mort à 35 ans de tuberculose. La mère est bien portante. Antécédents personnels. — Nuls.
Le malade est souffrant depuis le 23 octobre, se plaignant de dysphagie, de céphalée et de douleurs lombaires. | J. Bédouret | 3
A l'entrée, la dysphagie a bien diminué, mais la gorge est rouge et l’amygdale droite recouverte de fausses membranes. Température 396,
Traitement. — Désinfection du pharynx. Sérum antidiphtérique à raison de 5 cmc. par jour pendant 5 jours.
26 octobre. — Avant l'injection de sérum, on fait une première analyse d'urine qui décèle la présence de 5 grammes d’albumine par litre. Le facies est bouffi, les selles diarrhéiques, la gorge nette ; un examen bactériologique ne signale plus de bacilles de Loeffler. La quantité des urines est presque normale 1200 cmc. Centrifugées, elles donnent un culot composé de cylindres hyalins et granuleux de quelques leu-
cocytes et de cellules de l’épithélium vésical. Le malade est mis au régime lacté absolu.
29 octobre. — L’albuminurie est tombée à 3 grammes par litre. Le taux des urines par 24 heures est remonté à 1500 cmc. Le premier novembre, on note :
Albuminurie : o gr. 30 par litre.
Puis la convalescence suit son cours et le 11 novembre les amygdales restent un peu grosses, l’albumine urinaire est indosable, Le retour progressif à un régime normal est au-
torisé..