VALUE TIR
12 novembre. — Température en baisse. Urines plus abondantes, toujours albumineuses.
Amélioration progressive des symptômes jusqu’au 25 novembre. On refait ce jour là 20 cmc. de sérum à cause de la paralysie ; le soir, état syncopal, pouls petit, irrégulier à 60 : la température est à 4o°, Urines rares, avec de nouveau grosse albuminurie. |
Jusqu'au 28 décembre, persistance des signes d'atteinte rénale, malgré un traitement sévère ; l’albuminurie n’est
plus trouvée à partir de ce jour.
OBSERVATION III (Chalier).
P... Victor, 15 ans, entre à l'hôpital de la Croix-Rousse avec le diagnostic d'angine diphtérique, le 23 mars 1925.
Malade sans antécédents personnels. L'affection actuelle a débuté, le 17, par des frissons, de la céphalée, de la gêne de la déglutition. {1 n'a pas été pratiqué d'injection de sérum avant l’entrée à l’hôpital. |
A l'entrée : malade pâle, avec une voix faible mais pas nasonnée, bien que l’enfant se plaigne de ce que les liquides absorbés refluent par le nez. :
A la gorge : fétidité de l’haleine. Les amygdales sont très hypertrophiées, surtout du côté gauche, où l’amygdale apparaît rouge ulcérée, creusée d’un grand cratère. Un enduit gris sale, adhérent à la muqueuse, qui saigne facilement, les recouvre. Adénopathie volumineuse et douloureuse sous-
angulo-maxillaire et carotidienne à gauche, petits ganglions
à droite,
Examen négatif des autre organes.
Culture : Loeffler longs. Fuso-spirilles.
Urines : gros disque d’albumine caillebotée. Globules blancs, mais pas de cylindres.
Sérum : 50 cmc.
Pas d’œdèmes de la face et des membres inférieurs.
On fait une numération globulaire en raison de la pâleur.
Globules rouges : 6.138.000.
Globules blancs : 25.000.
25 mars. — Dans la nuit, on est obligé de faire poser des ventouses scarifiées dans la région lombaire, parce que le malade n’a uriné que 20 cmc. depuis midi. Le matin, vers 9 heures, il a émis, à la suite de cette thérapeutique un demi-litre d’urine trouble.
Le malade se plaint de douleurs lombaires, surtout du côté gauche. T. 3905. Sérum 50 cmc.
26 mars. — Le malade présente un état général alarmant où le sympiôme prédominant est l’asthénie. L'examen montre que l'on se trouve en présence d’une népbhrite. Les urines renferment 18 grammes d'albumine par litre.
Volume : 5oo cmc.
Urée : 41 gr. pour 1.000.
Chlorures : 19 grammes pour 1.000,
Albumine : 18 grammes pour 1.000.
Azote total : 25 gr. 38.
Coefficient azoturique : o gr. 95.
Urée dans le sang : 2 gr. 61 pour 1.000.
Analyse faite avec les urines du 25.
Pas d'œdèmes. Pas de myosis. Respiration un peu irrégu-
lière, mais sans rythme de Cheynes-Stockes. Mais l'enfant
ArTAce
Ds
est somnolent et ne veut pas manger. On le soumet pendant 48 heures à la diète hydrolactée stricte, en même temps que l'on continue la révulsion lombaire et qu’on ordonne un lavement purgatif. Sérum 4o eme.
27 mars. — Quantité d'urine émise : 4oo emc. Albumine : 18 grammes.
Urée dans le sang : 3 gr. 40. Etat général toujours aussi mauvais. Sérum : 40 cmc.
28 mars. — Augmentation du taux des urines : 1.500 cmc. Albumine : 17 grammes. Urée sanguine : 3 gr. 90. On essaie de faire une saignée plus copieuse, mais la faible tension, et l’hyperviscosité sanguine apparente, rendent cette opération difficile. On ne retire quer5ocmc. desang environ.
L'examen répété de la gorge, associé à l'examen bactérioiogique semble indiquer qu’à la diphtérie était jointe une ulcération du type Vincent, siégeant sur l’amygdale gauche. Disparition des fausses-membranes, sous l’action du traitement sérothérapique. Des badigeonnages de néosalvarsan, faits sur l’ulcération, amènent sa guérison.
30 mars. — Etat général amélioré. Gorge complètement détergée. L'examen somatique du malade est à peu près négatif. Il ne présente plus qu’une légère somnolence et de l’'anorexie. Au cœur, quelques extra-systoles, revenant assez régulièrement toutes les 4 ou 5 contractions cardiaques. Urines : 1.500 cmc, Albumine : 1 gr. 50. Urée sanguine : 2 gr. 20.
31 mars. — Depuis hier soir, le malade a des vomissements qui se reproduisent assez souvent le matin. Au cœur, exira-systoles comme hier. Urines : 1.450 cmc. Albumine :
a gr. 90, Urée sanguine : 2 gr. 20.
PMR EC 1e" avril. Allorythmie très nette, une extra-systole toutes les 4 pulsations. Plus de vomissements. Urines : 1.300 emc. Albumine : 3 grammes par litre. Urée : 1 gr. 28. 2 avril. — Pâleur toujours très marquée. Somnolence légère. Le pouls est toujours faible, mais il n’est pas plus mou que les jours précédents. Mort subite à 12 h, 30. Urée sanguine : 1 gr. 36.
Le régime avait été le suivant : du 23 au 26 mars, 3/4 litre de lait. A partir du 26 : 2 litres d’eau lactosée à 40 % par jour et 1/2 litre de sérum glucosé. On y avait adjoint à partir du 30 mars, 30 grammes de gelée de fruits et 25 grammes de beurre et, à partir du 2 avril, une pomme de terre à l’eau.
Autopsie. — Poumons : congestion légère des deux poumons ; on trouve dans la portion juxta-scissurale du poumon droit, un îlot de broncho-pneumonie, gros comme un œuf de poule.
Cœur : 300 grammes paraît hypertrophié au niveau des deux cavités ventriculaires ; le myocarde est dur et résistant, il n'ÿ a sûrement pas eu de dilatation cardiaque. Rien à signaler du côté valvulaire.
Foie : 1.730 grammes, très congestionné.
Reins : 160 grammes, gros, congestionnés aux pôles supérieurs. Pas d’hémorragie interstitielle visible ; la capsule est mince et le rein se décortique bien. Il y a simplement de petites adhérences insignifiantes au niveau de la partie supérieure du rein, qui n'empêchent d’ailleurs pas la décapsulation. En résumé. néphrite aiguë typique.
Surrénales : hématome de la grosseur d’une noisette du
pôle supérieur de la surrénale gauche, de date récente.
OU
En résumé, la lésion pulmonaire n’a rien eu à voir dans l’évolution de la maladie qui était avant tout constituée par une néphrite aiguë signée par la congestion des deux reins. L’hémorragie du pôle supérieur de la surrénale gauche. explique la mort brusque. |
Examen microscopique. — Des fragments des différents organes avaient été faits en vue de l’examen microscopique. Un accident malheureux survenu. à une étuve, a provoqué la perte des pièces et empêché ainsi le contrôle
microscopique des lésions.
OBSERVATION IV (Chalier).
T... Louis, 18 ans, maçon.
Pas d’antécédents, sauf oreillons dans le jeune âge.
L’affection actuelle a débuté le 28 avril 1925, par l’apparition d’un malaise général, de céphalée, de courbature avec vomissements bilienx abondants. Signes d’angine : déglutition douloureuse ; gêne de la parole.
Le malade entre dans le service des angines le 2 mai, il est délirant, Température à 39°. A l’examen de la gorge, fausses membranes abondantes au niveau de la face interne des deux amygdales et sur le pharynx, de coloration gris sale, très épaisses et très adhérentes. Haleine tétide. Adénopathie sous-maxillaire bilatérale, moyennement accusée. Paralysie du voile se traduisant par de la gêne de la parole dans la prononciation des consonnes, reflux des liquides par le nez.
Loefiler long, court et moyen, dans la culture.
DS
Cœur : bruits assourdis, T. 10/6.
Examen négatif des poumons, du foie et de la rate.
Pas d’autres signes de paralysie diphtérique.
Urines, taux des urines : 300 cmc. Gros disque d’albumine.
Examen microscopique. — Nombreux globules rouges et blancs, pas de cylindres.
Sérum : 5o cmc. intramusculaire.
6 mai. — Le malade a reçu depuis l'entrée 220 cmc. de sérum ; l’état local s’est amélioré sous l'influence de cette thérapeutique. Il n’y a plus de fausses membranes dans la gorge. L’adénopathie a en partie disparue Amélioration relative de l’état général. Température : 38°. On constate au cœur un rythme à trois temps, qui résulte de la non perception du deuxième bruit du second couple d’un rythme couplé. T. : 8/5. Le malade est assoupi, il faut insister pour le réveiller, Urines : 750 cmc. Albumine : 1 gr. 20. Examen cytologique : cylindres granuleux et granulo-épithéliaus, cylindres épithéliaux et cellules de desquamation du bassinet et de la vessie. Nombreux globules blancs et rouges. Urée dans le sang : 2 gr. 4o pour 1.000.
7 mai. — L'attention est attirée par une bradycardie à 31, avec inter valles inégaux entre les pulsations (on a parfois 1 ou 3 pulsations relativement rapprochées), surtout au moment des grands mouvemenis respiratoires. Il est impossible de par la simple inspection des jugulaires de préciser sil y a ou non des contractions ventriculaires plus nombreuses que les contractions auriculaires ; on ne voit que des soulèvements correspondant à la contraction cardiaque.
T. 6 1/2-3 1/2, Le rythme respiratoire est lent (14 à la mi-