‹ Contribution à l'étude de la néphrite hérédo-syphilitique du nourrissonChapitre 11 sur 29 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Cliniquement, la syphilis rénale précoce a une physionomie disparate et il importe d’abord de classer les faits.

19 Mort-nés. — Dans bien des cas, le nouveau-né, le plus souvent prématuré, n’a pas vécu et les lésions rénales sont des découvertes d’autopsie, associées à des désordres anatomiques multiples. Ces cas, malgré leur fréquence, n’ont pour ainsi dire pas d’existence clinique.

20 Formes associées où masquées. — Parmi les nouveau-nés ayant vécu un temps appréciable, il faut encore distinguer. Très souvent, en effet, la scène clinique est occupée par un tableau d’hérédosyphilis généralisée dans lequel on voit prédominer, selon les circonstances, soit la syphilis cutanéo-muqueuse, soit la syphilis osseuse, soit la syphilis hépatique, soit’ une splénomégalie. Si on les recherche avec soin, on peut, chez ces petits malades, trouver des signes d’altération rénale : de l’albuminurie, de la cylindrurie, une hématurie, souvent même des œdèmes. Maïs dans ce cas la syphilis du rein n’est qu’un détail dans le complexe d’ensemble : elle n’a pas d'existence autonome, il ne s’agit pas à proprement parler de néphrite syphilitique.

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30 La néphrite syphilitique précoce isolée. — Nous voulons envisager surtout les cas où la néphrite est le fait clinique prédominant, voire même isolé. C’est seulement dans ces cas que le syndrome rénal s’individualise vraiment d’une manière autonome.

La forme avec œdèmes en est l’aspect le plus caractéristique. Elle reproduit sensiblement le tableau de la néphrite syphilitique acquise telle qu’on l’observe au cours de la période secondaire de l'adulte.

Elle n’apparaît généralement pas dès la naissance. C’est vers la 2e-3e semaine, parfois vers le 3e mois, que le nourrisson est amené au médecin, le plus souvent pour des œdèmes, ou bien des vomissements où même des convulsions.

À l'examen, les œdèmes frappent tout d’abord. Ils peuvent être très marqués, et constituer une véritable anasarque, comme dans les observations de d’Astros, d’Hutinel et dans la nôtre. C’est un œdème blanc, qui infiltre les membres inférieurs, la région sus-pubienne, les grandes lèvres ou le scrotum ; il est mou, dépressible, gardant facilement l'empreinte du doigt. De là, il remonte à la région lombaire, au tronc où les téguments sont plus fermes, plus tendus, et à la face où il est perceptible aux paupières.

Les urines paraissent diminuées ; l’anurie a été observée (d'Astros) ; il n’y a pas de polyurie. Toutefois, l'impossibilité de recueillir les urines de 24 heures ne permet généralement pas d’en préciser la quantité exacte. Elles sont plus foncées que normalement. Elles contiennent une grande quantité d’albumine,

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