TRAITEMENT
L’arsénothérapie est incontestablement la méthode la plus active, mais elle ne peut être employée avec le maximum d'efficacité et le minimum de risques qu’à condition que le médecin observe fidèlement un certain nombre de règles capitales que Milian surtout a eu le grand mérite de bien préciser, et que nous ne pouvons que résumer ici.
1° Ne jamais commencer le traitement par le novarsénobenzol : l’hérédo-syphilis du nouveau-né est une infection à lésions surtout viscérales, déjà anciennes, remontant en général au début même de la gestation, toutes conditions éminemment propices aux réactivations dangereuses. La méconnaissance de ce principe est la source principale des déboires de certains médecins et de leurs accusations injustifiées contre le novarsenobenzol. Le traitement arsenical doit être précédé d’une longue cure mercurielle : liqueur de Van Swieten, solution de lactate mercurique de Marfan, injections de biiodure. Parmi les sels solubles de mercure, il faut réserver une place de choix au cyanure de mercure, dont l’action diurétique montrée par Milian est particulièrement utile en cas d’œdème. Chez le
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nourrisson on peut l’utiliser en injections intra-sinusales de 1/10 à 1/4 de centigramme par Kgr., en surveillant prudemment les réactions du malade. Chez les nourrissons, les frictions mercurielles sont une méthode particulièrement active, les sels de bismuth sont peu en faveur.
20 Après ce temps préparatoire mercuriel, le traitement arsenical doit être commencé à doses faibles, et progressivement augmenté de façon à atteindre la dose active de 1 cgr. 1/2 à 2 centigrammes par kilo, par injection. Chaque injection doit être faite à intervalle de 5 jours, pour assurer l'élimination médicamenteuse.
30 Chez le nourrisson la voie veineuse n’a pas les avantages décisifs qu’elle a chez l’adulte ; la dose active peut être injectée sous la peau sans aucun inconvénient. De même la voie digestive (hectine, stovarsol) n’est pas à dédaigner.
49 Le plus délicat est de préciser la durée du traitement. Pour cela il faut se souvenir que l’hérédosyphilis est essentiellement une syphilis viscérale. Le traitement sera donc toujours de longue haleine. Aucune des armes de l’arsenal antisyphilitique ne sera inutile et on devra, pendant trois ans au minimum, procéder par longues séries alternées, mais ininterrompues, les divers médicaments : mercure, arsenic, bismuth, iodure de potassium, cette alternance ayant pour but d'éviter l’accoutumance médicamenteuse. La surveillance sérologique s’imposera parallèlement, sans oublier cependant. qu'une