‹ Contribution à l'étude de la néphrite hérédo-syphilitique précoceChapitre 11 sur 14 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L'alimentation du nourrisson doit être réglée très soi- £gneusement; toutes les fois que ce sera possible, la mère devra allaiter son enfant. Comme on ne peut confier l'hérédo-syphilitique à une nourrice, ce n’est que, forcé par la nécessité, qu'on aura recours à l'allaitement artificiel. Aussi d’Astros, parlant de l'influence de l’allaitement maternel chez les nourrissons hérédo, conclut par ces paroles: « Le sein leur eût été, puis-je dire, plus utile que le mercure. »

Dans notre observation, M. le Professeur Mouriquand a d’abord essayé de voir si, avec une alimentation bien réglée, le nourrisson étant nourri par sa mère, la maladie tendait à s'améliorer. Mais il n’en fut rien: les œdèmes ne diminuèrent pas et la quantité d’albumine resta stationnaire de 2 g. 50 à 3 g. par litre.

M. Mouriquand essaya alors le traitement spécifique le plus simple: le Hg, employé en frictions, à la dose de 4 g. d'onguent napolitain: Ces frictions furent bien supportées ; mais, dans une observation (Ill), elles ont provoqué une éruption assez intense pour les faire suspendre. Le Hg peut aussi être donné en ingestion: liqueur de Van Swieten, XXXVI gouttes par jour (Obs. VII}.

Lorsque la mère nourrit son enfant, elle peut prendre

LOYIBDTE du sirop de Gibert (Obs. VIT) : une partie s'élimine avec le lait et est absorbée par le nourrisson.

Dans l'observation de Bradley (I), la maladie de l'enfant fut nettement améliorée par le traitement mercuriel; mais il faut savoir que les reins, déjà altérés, présentent une susceptibilité particulière pour le mercure. MM. Mouriquand, Morel et Policard, étudiant le tropisme du Hg et des arséno-aromatiques pour différents viscères, trouvèrent que le Hg est néphrotrope, tandis que les arséno-aromatiques sont hépatotropes et ils donnèrent les conclusions thérapeutiques suivantes : les arséno-aromatiques étant hépatotropes et faiblement néphrotropes, par contre, le Hg étant nettement néphrotrope, les premiers paraissent préférables au second dans le traitement des néphrites spécifiques. Aussi, le traitement mercuriel chez notre petit malade fut-il surveillé de très près: l’œdème diminua mais la quantité d'albumine des urines ayant augmenté, passant de 2 g. 50 à 4 et 5 g., les frictions furent arrêtées.

La médication mercurielle ayant échoué, M. Mouriquand se servit de novarsénobenzol, et, pour la facilité de ladministration, l’employa en injectiôns intra-musculaires à la dose de 1 cg. par jour.

Mais, bien que le néo-salvarsan soit, théoriquement, moins nocif pour le rein que le Hg, la quantité d'albumine ayant encore augmenté (jusqu'à 8 g. par litre), des injections de néo furent supprimées.

Le traitement se borna à l’administration de KI, en suppositoires, à la dose de 5 cg par jour. La quantité d’albumine contenue dans les urines diminua et oscilla

de nouveau entre 3 et 4 g.

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