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OBSERVATION XXII. Neurasthénie. Peurs morbides. Traitement par le bromure de potassium, amélioration.Obs. due à l’obligeance de notre
ami CAUTRU, interne des Hopitaùx.
C R. 51 ans, négociant.
Mère morte de cancer du sein, père mort de vieillesse. Deux frères à intelligence peu développée. Deux sœurs nerveuses; a eu quatre fils, tous nerveux.
Rien du côté des antécédents pathologiques.
A la tête d’une grande maison de commerce de Paris, C... a toujours vu ses affaires prospérer et jouit d’une belle fortune. Tout allait bien, quand il y a quatre ans, il vint à éprouver une perte d'argent considérable ; la grande émotion qu'il en éprouva mit C. dans un état mental tout particulier.
Il devint sombre, éprouva des céphalgies intenses avec douleurs constrictives et térébrantes au niveau du frontal gauche; ces douleurs s’accompagnaientde peurs morbides. Il avait peur d'être compromis dans des affaires politiques, peur du feu, faisait à chaque instant visiter sa maison, reviser ses polices d'assurance.
Insomnies, rêves pénibles, réveil en sursaut. Le séjour à la campagne avec la chasse et la pêche pour distractions, amékora beaucoup son état. Revenu à Paris, les troubles mentaux reparaissent avec plus ou moins d'intensité, mais cependant atténués.
C... prend tousles jours 4 ou 5 grammes de bromure de potassium et depuis il s’est produit une amélioration considérable de tous les symptômes,
OBSERVATION XXII. Neurasthénie, Peurs morbides. (LEVILLAIN)
Mne T... 40 ans.
Début de la neurasthénie quelques années après son mariage — préoccupations d’affaires — ennui de ne pas avoir d'enfants. Vive inquiétude à la suite d’une bronchite ayant duré plusieurs mois. Contrariétés assez vives avec son mari, hérédité névropathique et arthritique.
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Céphalée légère d'habitude mais accès de migraine à la suite d'émotions pénibles. Insomnie habituelle, amyosthénie matntinalel'obligeantà garder la chaise longue. Troubles gastriques, rougeurs du visage, ballonnement après les repas, rachialgie intense, syncopes nocturnes laréveillant en sursaut avec peur de la mort. Etat mental hypocondriaque, tristesses, larmes, irritabilité et colères, appétence exagérée pour l’éther et les stimulants en général... aucune lésion organique.
OBSERVATION XXIV. (Personnelle). Newrasthénie. Peurs morbides.
D. C. qui a rempli les fonctions les plus diverses, vient du service du Dr Ballet à Saint-Antoine, où il a été traité comme alcoolique.
C’est un individu intelligent, lettré, parlanttrois langues, qui, à 16 ans, commença à souffrir moralement et physiquement à la suite de revers de fortune.A 18 ans, apparaissentles premiers symptômes dela maladie. Il a dela céphalalgie, en casque, des douleurs fulgurantes dans le bras gauche, des vertiges, des crises de gastralgie, affaiblissement musculaire, il devient timide, n'ose plus parler dans la crainte du ridicule.
Ennuyé de voir sa famille dans la misère il vient à Paris, se place employé de commerce, sa situation s'améliore, son état de santé s'en ressent et la plupart des symptômes disparaissent, ilne reste qu'un peu d’insomnie et de temps à autres, des crises de gastralgie. Il a cependant toujours cette peur du ridicule qui l'empêche de parler; il craint qu'on ne se moque de lui parce qu'il bégaye.
En 1870, il s'engage et assiste au siège de Paris ; malgré la fatigue, les privations, sa santé s’est complètement rétablie, tous les symptômes ont disparu. Après la guerre,-il se place comme gérant d’une maison de bijouterie et l’état de santé reste satisfaisant pendant deux ans, mais à cette époque surviennent des revers de fortune qui le replongent dans la misère la plus noire. IL ne peut trouver aucuae place, il végéte, vivant au jour le jour et n'ayant pas toujours de quoi manger.
Les symptômes neurasthéniques sont réapparus dans toute leur inten« sité ; les crises de gastralgie sont presque permanentes; pas de sommeil des rêves affreux, une incapacité complète de travail physique ou intel-
d'ores
lectuel, la mémoire a diminué ; céphalalgie et rachialgie intenses : appétit presque complètement perdu, amaigrissement considérable. C'est dans cet état que le malade entre à l'hôpital Saint-Louis.
OBSERVATION XX V. (Personnelle). Neurasthénie. Agoraphobie.
J... B.. Toujours bien portant jusqu'en 4878 où il eut la fièvre: typhoïde, étant au régiment.
Au mois de juin 1886, à la suite de travaux excessifs et de chagrins de famille, B. éprouve des symptômes de neurasthénie : douleur, à la nuque ; incapacité intellectuelle, le malade ne peut écrire une lettre, si ce n’est sous la dictée. Agoraphobie. Vertiges.
Traité en Angleterre pour tout autre chose que la neurasthénie, le malade revient en France et la fatigue du voyage occasionna chez lui une grande surrexcitabilité cérébrale, Traité alors à La Rochelle par le bromure et les douches, il est rétabli au bout de deux mois et acheve sa convalescence à la campagne.
Revenu à Paris, il installe un commerce, qui ne réussit guère, éprouve des déceptions et en juillet 89 retombe malade (prostration et abattement). Il entre alors à Cochin, auservice de M. Dujardin-Baumetz, où il se rétablit après quatre mois de traitement.
Une fois guéri, notre malade se lançe dans le journalisme, où il se surmène outre mesure. Nouvelle attaque de neurasthénie traitée à Beaujon par le Dr Hirtz qui diagnostique « Neurasthénie » et administre le bromure et les douches. De Beaujon, le malade passa à la Pitié, chez le Dr Gilbert qui porta le même diagnostic « Neurasthénie » et lui fait prendre du bromure de potassium et du sirop d’opium.
Rétabli après quelques mois de traitement le malade a repris sa vie habituelle et est devenu beaucoup plus calmeet moins excitable, il parait pour le moment complètement guéri.
L'agoraphobie que ce malade accusa à une certaine période de sa maladie, présente cela de particulier, c'est que ce n’était pas une impulsion comme celle qu'on observe dansles psychoses. Le malade le dit lui-même :
& J'étais d'une faiblesse extrême, j'avais peur d'aller dans la rue, au restaurant, de traverser une voie, craignant de ne pas y arriver » en un mot, il raisonnait sa peur.
OBSERVATION XXIV. Due au Dr LevizLain. Newrasthénie. Monophobie.
Spri.42 ans grand cominerçant à Boston.Célibataire, pas d’excès sexuels ni alcooliques, pas d'antécédents héréditaires, parents encore vivants et très-sains, homme d'apparence robuste, était à la tête de grande industrie avec associé : or celui-ci tombe malade et on doit l’enfermer. M. Spi. est d’abord très frappé par la maladie de son associé dont la brusque disparition laisse toute la responsabilité de la maison entre les mains de M. Spi.: d’où surmenage d'affaires et vives préoccupations.
Peu à peu il sent son énergie diminuer, le courage lui manquer pour son entreprise : il est de plus en plus au-dessous de la tâche qui lui est incombée : ses préoccupations et ses soucis redoublent. Un beau jour il est à bout de forces et quitte les affaires pour se reposer pendant quelques mois : puis il s’y remet et peu à peu apparaissent les symptômes de la neurasthénie.
Céphalée : sensation de vide dans toute la tête, pesanteur sur le vertex, impossibilité de travailler sans augmenter cette céphalée.
Troubles gastriques légers : inappétence, gonflement et renvois après les repas, constipation habituelle.
Asthénie générale : n’a pas le courage de faire ses courses se fatigue très vite, amyosthénie matutinale.
Sommeil, insomnie au début, puis réveilsensursaut avec sensations d'angoisseet frayeur d'être seul, la monophobie est ici très accusée, au point que le malade a dù faire venir son frère de Boston pour lui tenir compagnie pendant sacure de Royat : cet américain aux grandes entreprises, a besoin d’être gardé la nuit comme un enfant.
Etai mental:enoutre de la monophobie, instabilité de caractère colères, impatiences, tristesse, émotivité exagérée, larmes très faciles.
Absence complète de désirs sexuels, pas d’érection ni de pollution.
Amélioration notable par la franklinisation et une cure thermale de 3 semaines complétée par une cure d'altitude à 700m.
OBSERVATION XX VII. Neurasthénie-Hypochondrie. Obs. due à M. Durournier. interne des hôpitaux.
X. entreà la charité dansle service de M. Constantin Paul'il est atteint d'un herpès rebel du gland et dépense tout ce qu'il peut en consultations médicales et produits pharmaceutiques.
Cet homme est neurasthénique, il a de la céphalalgie, de l'hyperesthésie du cuir chevelu, des rêves pénibles, de la difficulté du travail et de l'attention, il est en proie au découragement, se figurant qu'il ne survivra jamais à son affection. Tous ces symptômes ne sont apparu que depuis qu'il est atteint de cet herpès du gland dont il s’affecte beaucoup.
OBSERVATION XXVIII. Neurasthénie Hypochondrie. Due à M. DurouRNIER, interne des hôpitaux.
X. pharmacien qui n’a jamais présenté aucuns troubles morbides, se croit depuis quelques années syphilitique. Poursuivi par cette idée, il attribue à cette maladie tous les symptômes qu'il éprouve.
Il est sujet aux migraines, aux douleurs dela nuque, éprouve des crises de gastralgie et accuse surtout un affaiblissement général qui fait qu'il ne peut supporter la moindre fatigue ; il est devenu mélancolique.
Cessymptômes quirelèvent dela neurasthénie, il les attribue à lasyphilis et ne veut suivre aucun autre traitement que le traitement antisyphili lique ; cependant on n’a pu jamais trouver chez lui la moindre trace de syphilis pas plus dans ses antécédents que sur son corps.
OBSERVATION XXIX. Neurasthénie, arthritisme, hypochondrie , LEVILLAIN.
Mme Rch. 31 ans, Martiniquaise. père névropathe, mère arthritique, très bien portante jusqu’à 28 ans, époque à laquelle un de ses enfants fait une fièvre typhoïde grave, inqrétudes très vives el nuits passées au chevet du malade.