‹ Contribution À L'étude De La NeurasthénieChapitre 16 sur 22 · PES · texte numérisé non relu

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OBSERVATION XVIIL Neurasthénie. Accès d’angine de poitrine : obs. due à notre ami M. CauTRu, interne des hôpitaux.

C. industriel, 50 ans Arthritique, rien à signaler dans l’enfance. Dans l’âge adulte : migraines fréquentes, hémorrhoïdes, eczéma, constipation opiniâtre.

Malgré un travail physique très dur, des voyages répétés, des veilles prolongées, nécessités par une industrie pénible. C. a toujours joui d’une bonne santé etétait d'une gaité remarquée de tous. Les affaires allaient bien, C. voyait sa fortune prospérer.

Mais il y a 10 ans à La suite d’ennuis prolongés, de pertes d'argent, C. devint triste en pensant que ses enfants pourraient en souffrir. Il eut dès cette époque une idée fixe: la crainte de la ruine. C. passe une partie des nuits assis sur son lit, livré à des idées noires.Jamais il nedort plus de 3 heures chaque nuit.

Après des alternatives de gaité et de tristesse sombres coïncidant toujours avec l’état de son industrie. C., à, la suite de nouveaux ennuis fut pris, au mois de décembre 1890, ettout à coup,de crises de fausse angine de poitrine qui se répétaient 2 à 3 fois par jour. Les crises débutaient par une sensation de constriction au niveau des poignets puis le long des bras èt enfin une douleur violente, atroce, au niveau de la région cardiaque s'irradiant jusque dans la région épigastrique. Cette douleur s’accompagnait de pâleur du visage, arrêt presque complet dela respiration, sueurs froides, et quelques minutes après, tout était fini. Ces crises durèrent 15 jours à 8 semaines. En même temps un amaigrissement notable commença, C. perdit 33 livres en quelques mois.

Insomnie, cauchemars avec réveils brusques. C. se préoccupe alors de son amaigrissement, il se croit atteint d'une maladie grave, craint la mort surtout pour les siens. Il vient consulter le prof. Hayem qui ne lui trouve rien.

En même temps la virilité diminue.

Cet état d’amaigrissement, ces insomnies, ces céphalées, ces cauchemars, cette amyosthénie, cet affaiblissement du sens génital, durèrent six mois environ avec des périodes de calme et des rechutes.

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Puis lessoucis ayant presque complètement cessé, C. retrouve le calme et sa santé s'améliore peu à peu.

Aucun des phénomènes précités ne persiste sauf un état d'inquiétude qui s'exaspère quand C. éraint pour sa fortune.

L'état général est bon aujourd'hui et C. ne ressemble en rien à ce qu’il était pendant sa période de neurasthénie.

OBSERVATION XIX. Neurasthénie. Obsessions professionnelles. (Dr LEVILLAIN.)

Rouss. 87, grand industriel.

Hérédité névrosique,mère hystérique et arthritique,oncle goutteux. Surmenage intellectuel très manifeste ayant, dès l’âge de 20 ans, déterminé des céphalées passagères (douleurs sourdes de pression, avec incapacité de tout travail intellectuel) ; à 81 ans vives préoccupations d’affaires, gros soucis d'intérêts et c’est alors qu'apparaissent les troubles gastriques longtemps considérés comme primitifset «pourtant, disaiilemalade,quand je suis tranquille, sans préoccupations ni soucis, je mange bien et digère parfaitement ». Autrement, gonflement très pénible après les repas, renvois, gaz intestinaux et constipation. Depuis ont apparu successivement une râchialgie intense qui a fait mettre des pointes de feu, une amyosthénie surtout accusée dans les membres inférieurs, des insomnies fréquentes avec obsessions professionnelles, une diminution notable de mémoire, de l'impuissance génitale, des vertiges presque continuels que le malade attribue à de grands soucis d’affaires qui les ont précédés, une hyperexci” tabilité sensorielle et mentale très intense, avec incapacité de travail l’ay° antobligé à quitter ses affaires, de l’irritabilité du caractère avec indécision, violences, découragement, émotivité. Ces phénomènes multiples ontété considérablement atténués par la cure climatérique therma e et franklinique: les vertiges, l’amyosthénie et la céphalée sont disparus : le caractère s’est notablement amélioré.

OBSERVATION XX. Nourusthénie, Anth'opophobie. Troubles Gastriques. (HERZOG.) (1)

M... barbier; rien du côté de ses antécédents héréditaires. Aurait déjà souffert de l'estomac avant 1883.

Douleur, renvois, pyrosis, malaises et vomissements qui se produisent de temps en temps: ces troubles réapparaissent à intervalles éloigués. Le malade attribue son état à des chagrins considérables (amour contrarié, suicide d'un de ses parents), il s’effraie facilement, a une sensation d'angoisse dans la rue, en présence de la foule, souvent une sensation de boule à l’estomac et des chatouillements au front, comme si une mouche s'y promenait.

Appétit capricieux, langue chargée : alternatives de diarrhéeetde constipation. Renvois, sensation vague dans la région de l'estomac, mauvais woût dans la bouche. Le malade donne l'impression d’un homme rangé et on peut le croire quand il affirme qu'il n'a jamais fait d’excès. On ne trouve aucune lésion organique.

Examen : Réactions de coloration

Pas de réaction de l'acide lactique, Acidité totale 2,94.

Motricité. — Au bout de deux heures, l'estomac n'a éliminé qne 53 gr.

45 d'huile sur 100 grammes.

OBSERVATION XXI. (Personnelle). Newrasthenie. Nosophobie.

A. H. X... employé. Père robuste, sanguin, alcoolique, mort d’hémorrhagie cérébrale à 60 ans.

Mère vit encore, 62 ans, bonne santé.

A. P. Rougeole à 3 ans, onanisme dès l'enfance. A 18 ans, excès sexuels; à ce moment violente contrariélé, son pére l’ayant forcé malgré lui à prendre le métier de charpentier. — Névralgies, palpitations de cœur, idées de persécution, il se figure que son père veut le torturer ; angoisses, fausse angine de poitrine.

(4) Th. Monnier. T. Paris 1890.

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À 33 ans, il quitte son métier de charpentier pour reprendre ses études mais il constate que sa mémoire est fortement affaiblie. À 27 ansil demande une jeune fille en mariage etcomine il fait des pertes d'argent sérieuses, les parents de la jeune fille s'opposent à cette union, dès ce moment, son état s'aggrave, il est pris de phobies, en particulier de la peur des maladies. Malgré son caractère doux, il s’impatiente facilement, devient très sénsible à la joie comme à la douleur, est très agité au moment de ses examens, pense toujours à l’avenir et craint continuellement de tomber malade. Alors, il a de l'insomnie, de l’'amyosthénie, des mouvements fibrillaires des muscles, de la céphalée frontale qu'il compare à un cercle de fer lui étreignant la tête. Il est sujet à l'embarras gastrique ; son ventre se ballonne, il a des alternatives de diarrhée et de constipation, langue sale, etc., puis douleurs rhumatoïdes.

A la suitede nouveaux ennuis à l'occasion de la perte d’une propriété, les phénomènes s’accentuent,le sommeil devient de plus en plus léger,troublé par des cauchemars. Impuissance. Plaques d’hyperesthésie cutanée, ce qui fait qu'à certains moments, il ne peut plus même supporter Le poids de ses draps. — Les digestions sont pénibles, sa figure rougit après les repas, tremblement accusé de la langue, perte de la suite de ses idées pendantlaconversation,troublessex uelstrès prononcés,-—-spermatorrhée.

OBSERVATION XXII. Neurasthénte. Claustrophobie. LEVILLAIN.

Sir. 44 ans, s. p. — À. ÆZ et P. arthritiques.

Bien portant jusqu'à 30 ans. Alors, émotion vive, (mort rapide de son frère), début par rachialgie et paresse des membres inférieurs puis apparaît la céphalée, les insomnies, l’irritabilité, l’émotivité du caractère, la pathophobie d’une myélite, la claustrophobie (n’a jamais pu monter à la tour Eiffel à cause de l’étroitesse des cages de l’ascenseur; 10 fois y est entré, 10 fois en est sorti) quelques vertiges, des troubles gastriques légers et intermittents (inappétence,ballonnement), de l'impuissance sexuelle et un état de découragement profond et d’asthénie générale qui lui donnent des idées de suicide, mais il avoue n'avoir pas le courage nécessaire pour les mettre à exécution.

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