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Les crises survenaient tantôt brusquement, tantôt après quelques symptômes prémonitoires, consistant en pesanteur stomacale ou en migraine ophthalmique. Enfin elles étaient fréquentes, lorsque le malade était épuisé par un flux hémorrhoïdaire abondant.
OBSERVATION XXXIIL. Neuwrasthenie. Forme à accès. Impulsions génitales. (LEVILLAIN.)
Lar. Eng. avoué. 34 ans.
Souffre des symptômes classiques de la neurasthénie depuis 5 ans. Céphalée (lourdeur et vide) presque constante, impuissance intelleztuelle, hypomnésie très accusée, insomnies fréquentes avec cauchemars et rêves génitaux, troubles gastriques (crampes et ballonnement), amyosthénie très intense le matin au point d’être obligé de s'asseoir pour faire sa toilette, diminution de l’énergie morale, abattement, irritabilité, etc.
Mais ces phénomènes se produisent ou redoublent d'intensité sous forme de véritables accès en général provoqués par une émotion morale: C'est ainsi que ce malade qui est un génital, avoue que s’il désire une femme et la poursuit sans résultat, il entre bientôt dans un de ces accès vraiment aigus qui l’empêchent de continuer ses occupations pendant quelques jours.
OBSERVATION XXXIV. Neurasthénie, Troubles mentaux. Obs. due à Pobligeance de M. ORRILLARD, interne des hôpitaux.
X..., 84 ans. Vint, il y a dix ans environ à Paris Il prend une maitresse dont il a un enfant,ce qui Lui occasionne des ennuis du côte de sa famille. I est alors obligé de se suffire seul avec son faible traitement de clerc de notaire.
Bientôt il commence à se plaindre de phénomènes du côté du cœur, analogues aux fausses attaques d’angine de poitrine, accès de palpitations qui le forçaient, disait-il à s’aliter. Il vit à ce moment de nombreux médecins, qui tous s’accordaient pour ne rien lui trouver. On lui conseilla les douches et la distraction.
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Get état persiste plusieurs années pendant lesquelles les phénomènes ne firent que s’accentuer : insomnies, maux de tête, idées noires, accès de découragement ; puis les phénomènes changèrent de caractère. Il fut pris de douleurs de reins, engourdissement dans les jambes, comme s’il eut été atteint d’une maladie de la moëlle. Il consulta toutes les célébrités médicales dont il exigeait des certificats. Les médecins ne voyaient en lui qu'un neurasthénique. « C'est pour me tranquilliser, disait-il, qu'on me donne des certificats, mais je sens bien mon mal » et de luimême, il se fait appliquer de chaque côté de la colonne vertébrale, une série de cautères à la pâte de Vienne, larges comme une pièce de cinq francs et part à Lamalon, faire une saison. Là-bas, il voit des ataxiques, cause avec eux, tant et si bien qu'à son retour il ressent tous les symptômes du tabes dorsalis; l’incoordination des mouvements, la sensation de tapis, les douleurs fulgurantes, n'avaient plus rien d’inconnu pour lui. Malgré tous ces symptômes, dont il se plaignaitsurtout lorsqu'il était livré à lui-même, qu’il oubliait lorsqu'on savait le distraire, il fournissaitencore une somme très suffisante de travail et il devint premier clerc dans une des grandes études de Paris.
Peu à peu les phénomènes d’ataxie disparurent de son imagination et son attention se tourna vers l’appareil respiratoire : il se crut tuberculeux. Il faisait, chaque jour, examiner ses crachats, il fut pris d'étoufftements, de toux quinteuses, surtout le matin, d’extinctions de voix, de sueurs nocturnes, de points de côté, (etc). En plein été, vêtu de fourrures, de gilets de laine; venait-on, à lui parler il ne répondait qu'à voix basse, parlait la main au niveau du larynx, comme quelqu'un que la parole fatigue, puis au cours de la conversation, si il s’animait peu à peu, il oubliait tout et causait très bien une heure ou deux sans fatigue ; la discussion venait-elle à languir, il s’attendrissait sur son sort, disant : « J'ai tort de causer tant, je paierai cela demain ».
Il vit alors une nouvelle série de médecins et aucun ne lui trouva même un râle dans la poitrine.
Malgré cela, il exigea d’un de ses amis, étudiant en médecine, qu'il lui mit des pointes de feu. Il ne les trouvait jamais ni assez abondantes, ni assez profondes. Il se couchait à neuf heures, se levait à huit, mangeait de très bon appétit et fournissait dix heures de travail à son étude, tout
en se trouvant très malade. Bientôt, il passe des journées entières au lit, buvant des tisanes ; on lui offre une place de clerc principal, car on lereconnaissait très intelligent, et très versé dans le droit, il refuse à cause de son faible état de santé; il quitte même la place qu’il a pour aller dans le midi avec sa maîtresse et son enfant, vivre d’une petite pension que lui fait sa famille.
Sa maitresse devint à son tour neurasthénique et malade imaginaire. Elle aussi se crut atteinte de tuberculose et une de ses amies ayanteu une salpingite, elle en ressentit tous les symptômes et entra à l'hôpital où il fallut lui faire un simulacre d'opération sous le chloroforme.
OBSERVATION XXXV. Accidents neurasthéniques. Cancer du fore. Obs. due à l’obligeance de notre ami M.Caurru, interne des hôpitaux.
F... industriel. Toujours bien portant jusqu'en 1889, malgré un grand surmenage intellectuel et surtout physique.
En 1889 F... est pris de douleurs lombaires revenant par accès. Cette douleur, quelquefois intolérable, le rend triste et agacé. Ilne dort plus la nuit et comme il maigrit un peu, que ses forces viriles diminuent beaucoup, il s'inquiète et vient consulter à Paris. L'absence de tout phénomène du côté des organes, foie, reins, poumons, cœur la conservation des réflexes, la présence de la rachialgie, de l'amyosthénie, de l'insomnie persistante et l’état mental particulier font penser à la neurasthénie.
En 1891, l’état s’est aggravé, il y a dilatation légère de l'estomac et vomissements surtout nocturnes.
Un nouvel examen négatif, pratiqué par deux médecins des hôpitaux fait confirmer le diagnostic de neurasthénie grave. M. F... est envoyé à Royat, tant pour le distraire, que pour lui faire suivre un traitement électro et hydro thérapique.
Sous l'influence du séjour à Royat, des douches électriques, de la distraction, l'état mental s'améliore. F... est moins sombre ilsouffre moins, il dort un peu mieux, mais il maigrit de trente livres en 2 jours. Il revient à Paris, est examiné à nouveau et l’on ne trouve aucune lésion organe ; le foie ne déborde pas les fausses côtes, les autres organes sons sains également.
Au mois de septembre de la même année 1891, c'est-à-dire trois mois après, F. meurt d’un cancer du foie. Au milieu de septembre le foie débordait les fausses côtes d’un travers de main. ilétait marronné :et l’on sentait cette fois très nettement les nodosités de sa surface.
OBSERVATION XXXVI. (Personnelle) Neurasthénie. — Amélioration . par broinure de potassium.
Mine L. W..., souffre pendant l'hiver d'engelures très douloureuses, en dehors de cette période, elle accuse des sensations de chatonillementtrès pénibles dans les pieds. Obsédée par ces souffrances continuelles, ne pouvant ni sortir, ni aller dans aucune réunion, forcée de porter continuellementdes pantoufles et de garder la chambre, elle se frappe de son état, ets’en altriste beaucoup, elle tombe pientôt la Ctat neurasthénie.
Elle se plaint de vide cérébral et de palpitations, elle a de la torpeur intellectuelle et de la faiblesse musculaire. Bientôt elle accuse des troubles gastriques. Gastralgie, flatulente et inappétence.
L'état d'hypocondrie s’accuse de plus en plus, elle se croit destinée à vivre continuellement dans l'état où elle se trouve. Elle a consulté beaucoup de médecins qui n’ont pu la soulager.
Un traitement au bromure depotassinm (4 grammes par jour pendant 2 mois) unealimentation tonique etreconstituante,amènent une amélioration rapide et font disparaître promptement ce début de neurasthénie.