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joindrons trois cas personnels, dont deux absolument inédits et un précédemment publié avec notre Maître, le Professeur L. Rimbaud :
Chez notre pr emier malade (obs. VIT), on a affaire à une méningo-myélite à type de tabes dorsal spasmodique.
Un an après le début d’une fièvre de Malte, sérologiquement démontrée (séro au 1/320°), s’installe, progressivement, une paraplégie spasmodique des membres inférieurs : contracture, hyperréflectivité, Bechterew-Mendel bilatéral, sans Babinski, troubles sphinctériens intermittents, sans raodification de la sensibilité objective. -
Apparaît également une hypoacousie Diana d’ori-. gine labyrinthique.
Réaction méningée importante, avec formule de dissoetation albumino-cytologique (3 gr. 2 d’ albumine, 1 seul élément).
Quatre ans après le début de la paraplégie, le malade, auoique considérablement amélioré, présente toujours une démarche spastique et un B.-Mendel bilatéral. |
C’est également une méningo-myélite dorsale que nous observâmes chez notre deuxième malade (obs. VIII).
Dès le début d’une fièvre de Malte, sérologiquement confirmée, apparition de violentes radiculalgies dorsolombaires, et enraidissement considérable du rachis.
Quelques mois plus tard s’installe progressivement une paraplégie spasmodique quasi-complète, avec troubles de la sensibilité objective et importante modification du liquide céphalo-rachidien: 2 gr. 10, 2 gr. 70 d’albumine, sans réaction cellulaire concomitente.
À cette époque, une radiographie de la colonne se révèle normale; deux mois plus tard ,un nouvel examen radio- RE met en évidence d'importantes lésions d’ ostéoarthrite ver tébrale, un mal de Pott mélitococcique.
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Cette paraplégie immuable pendant quatre mois, at cours desquels le malade présenta de légers troubles psychiques, à tendance dépressive et des phénomènes méningés cliniques discrets, rétrocéda progressivement par la suite, en même temps que les images radiologiques disparaissaient.
Un an environ après le début des manifestations médullaires, la guérison était complète, et le malade avait repris, comme. par le passé, le dur labeur des champs.
Dans notre dernier cas (obs. IX), il s’agit d’un syndrome quadraplégique, apparu précocément dès les premières ondes thermiques d’une mélitococcie (séro de Wright positif au 1/600°).
En deux mois et demi, la quadraplégie était complète et ce présentait comme suit: diplégie flasque complète des membres supérieurs, avec phénomènes douloureux du type radiculaire; paraplégie spasmodique absolue, avec syndrome pyramidal important, anesthésie à tous les modes remontant jusqu’à l’ombilie, troubles sphinctériens et ‘escarre sacrée. Ve
Accompagnant cet ensemble, une ee élevée, un état général très déficient, quelques troubles psychiques.
Aprè ès une période d'état de quatre mois, les symptômes neurologiques rétrocèdent progressivement et, un an environ après le début des troubles moteurs, la guérison était complète.
Erune crinique. — Date d'apparition. — De l’étude de ces quelques cas, il ressort que cette myélite, apparaît en général à une période assez fardive de l’évolution de la maladie: au deuxième mois, au quatrième, au cinquième, au septième, au douzième, plus d’un an même après le début de l’affection causale,
Le plus souvent, les troubles moteurs s'installent en pleine phase fébrile de la fièvre de Malte (obs. 7 et 8). Par contre, il n’est pas exceptionnel de les voir survenir après une assez longue phase d'apyrexie, alors que le malade est considéré comme convalescent ou même complètement œuéri.
C’est en effet, deux mois après la fin de toute poussée fébrile que s’installât la parésie chez le malade de Roziés (obs. 24). Dans l'observation 25, le malade, également apyrétique depuis quatre mois, avait même repris ses travaux agricoles lorsqu'il accusa ses premiers troubles moteurs.
Chose curieuse, cette complication nerveuse s’installe en général sans grand fracas; il est rare de la voir coïncider avec une recrudescence ou une reprise des phénomènes infectieux, en particulier de la fièvre.
Le début est quelque peu variable. D'’ordinaire, le déficit moteur s’installe progressivement. Léger au début, il se manifeste par une certaine faiblesse dans les membres inférieurs, une légère gêne de la marche et peut même rester compatible avec des occupations peu fatigantes.
Ce n’est qu’au bout de quelques semaines, parfois de quelques mois, que l’impotence arrive à son degré maximum, contraignant alors le malade à s’aliter.
Cependant, dans le cas de Lauze (vbs. 23), le début a été d’une surprenante brutalité. C’est tout à peine dans l’espace d’une nuit que le malade devint complètement paraplégique, après seulement une semaine de fourmillements et de vagues douleurs au niveau des membres inférieurs.
Il est rare que la phase préparalytique, soit marquée de phénomènes douloureux nettement caractérisés. Cependant le malade de Barbier (obs. 26), accusa des crampes et des
douleurs intenses dans ses membres inférieurs. Un de nos malades, également (obs. VIIT), présenta de violentes radiculalgies dorso- lombaires avec irradiations dans les cuisses pendant de longues semaines avant que n'apparaissent les premiers signes d’atteinte médullaire. |
Habituellement, on ne trouve que quelques vagues $ensations paresthésiques, précédant de quelques j Jours à peine l’apparition des troubles moteurs.
Il y a lieu, en outre, de faire remarquer, que contrairement au syndrome radiculo-névritique, à cette période de début des myélites mélitococciques, on n’observe aucune manifestation angio-spasmodique cérébrale et d’atteinte des nerfs craniens. Cependant dans notre cas (obs. VID), on note une hypoacousie persistante.
SYMPTOMATOLOGIE, — La paralysie est variable dans son intensité. Tantôt elle est absolument complète (obs. ); le malade confiné au lit ne peut effectuer le moindre mouvement. Tantôt elle est incomplète et les malades pour lesquels la marche ou la station debout sont impossibles, mobilisent cependant avec assez de facilité leurs membres sur le plan du lit.
Parfois, il ne s’agit tout au plus, que d’une parésie assez légère permettant des marches même assez longues (obs. 22).
D'ailleurs, cette différence dans l’intensité des troubles moteurs se retrouve également chez un même sujet quand on compare les deux membres atteints. C’est ainsi que tel malade décolle parfaitement son talon droit du plan du lit, alors que son membre inférieur gauche demeure absolunent inerte (obs. 23).
Dans tous les cas, les signes de spasmodicité sont très importants. Is se traduisent par de la contracture, une
démarche spastique, enraidie, de l’exagération des réflexes tendineux, du clonus de la rotule, de la trépidation épileptoïde du pied, souvent inépuisables. Le réflexe plantaire se fait en extension par les différentes manœuvres de Babinski, d'Oppenheim, de Gordon, de Schaeffer. Le Bechterew-Mendel est assez souvent positif. Chez un de nos malades même, nous avions un réflexe euboïdien bilatéral, sans le moindre signe de Babinski associé (obs. VIT).
Les réflexes crémastériens et abdominaux sont généralement absents.
La sensibilité objective est considérablement intéressée dans la majorité des cas: hypoesthésie manifeste ou anesthésie complète à tous les modes, portant sur la totalité des membres inférieurs et la partie inférieure du tronc jusqu’au voisinage de l’ombilic.
Par contre, les troubles de la sensibilité subjective sont à peu près constamment inexistants. Cependant dans de rares cas, ils peuvent atteindre une certaine intensité et sont alors sous la dépendance de lésions radiculaires, évoluant concurremment à la localisation médullaire.
Les troubles trophiques font rarement défaut. Is présentent toutefois, une intensité variable suivant les cas, depuis la tendance à l’escarre (obs. 26) jusqu’à l’escarre de décubitus importante, profondément creusée (obs. 23).
En outre, il existe d’ordinaire de l’amyotrophie de tout
le train postérieur: atrophie musculaire nullement loca-
lisée, diffuse, intéressant également l’ensemble de la musculature des membres inférieurs. |
Le sphincter vésical est presque toujours troublé, soit sous forme de rétention complète d’urine nécessitant de fréquents cathétérismes (obs. 27) soit de simple dysurie. De plus, la constipation opiniâtre est la règle. Du côté génital enfin; c’est très Souvent le silence absolu.
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Les membres supérieurs restent en général indemnes. Cependant dans les deux cas de Barbier (obs. 26 et 27), et chez un. de nos malades (obs. IX), une diplégie flasque des membres supérieurs d’origine radiculo-névritique relative dans deux cas, absolument complète dans l’autre, évolue à peu près concurremment à la paraplégie spasmoque, réalisant un véritable syndrome quadraplégique.
Le rachis, dans les cas de myélite pure, reste souple et absolument indolore. L’examen radiographique de Ia COlonne demeure également négatif.
Toutefois, il peut en être différ emment lorsque se surajoutent à l’atteinte médullaire des lésions radiculaires, voire même exceptionnellement les lésions d’ostéo-arthrite vertébrale associées comme dans un de nos cas (obs, VIIT).
LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN, — Ces myélites mélitococciques ne s’accompagnent pas de la même réaction méningée rencontrée au cours des radiculo-névrites.
L'examen du liquide céphalo-rachidien effectué dans 7 cas sur 10 a donné des résultats très variables. Absolument normal dans trois observations (obs. 22, 24, 28), il ne révéla qu’une discrète réaction cyto-albumineuse: 0 gr. 45 d’albumine et 6 lymphocytes chez un malade de Roger (obs. 25). Par contre, dans les trois autres cas on note d'importantes modifications du type dissociation albuminocylologique: cette dissociation ne peut être qué relative avec 1 gr. 20 d’albuminé pour 20 lymphocytes (obs. 26) de Barbier, on absolument complète avec 2 gr. 70 d’albumine pour 2 lymphocytes dans notre observation VIIT et 3 gr. 20 d’albumine alors que le chiffre cytologique n’est que de 1 dans notre observation! VIT.
Le liquide est en outre généralement clair, parfaitement eau de roche, Toutefois, dans nos deux cas fortement
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hyperalbumineux, il existait une teinte xanthochromique des plus caractéristiques. :
La tension rachidienne s’est montrée d'ordinaire normale ou légèrement augmentée (obs. 28).
L'épreuve de Queckenstedt n’a été pratiquée qu’une seule fois (obs. 25). Elle démontra une parfaite liberté des espaces sous-arachnoïdiens: 28 après compression des jugulaires pour une tension initiale de 20.
Signalons enfin l’agglutination nette du melitensis chez un malade de Roger (obs. 25) par la méthode de Ranque et Sénez (dilution directe de la culture microbienne dans partie égale de L. C. R.). É
FORMES CLINIQUES. — Il découle de l’étude de ses observations qu’on peut à côté de la forme habituelle, où il y a atteinte des cordons postérieurs et latéraux, envisager deux autres formes atypiques:
1° Le fabès dorsal spasmodique mélitococcique, que nous avons décrit avec notre Meuse le Professeur Rimbaud, et Anselme Martin;
2° La forme associée à une diplégie flasque des membres supérieurs, résultant d’une atteinte radiculaire (obs. IX).
Evozurion. — Ces myélites évoluent habituellement avec une désespérante lenteur. La période d’état se prolonge pendant de longs mois, deux mois et six mois en sont les limites extrêmes. Puis, progressivement, mais lentement, on assiste à une régression des symptômes, mais alors que certains malades, au bout d’un an à un an et demi, sont absolument guéris de leur impotence sans la moindre séquelle, d’autres quoique considérablement ainéliorés fonctionnellement, présentent encore une eertaine
ASS parésie avec signes évidents de spasmodicité, entraînant une gêne assez marquée de la marche.
Un seul cas fait exception à cette évolution, somme toute favorable. 11 concerne le malade de Roziés (obs. 24), qui, cinq ans après le début de sa paraplégie restait encore un très grand impotent sans la moindre amélioration de son état neurologique. Dans ce cas, comme dans ceux où l’amélioration quoique évidente demeure stationnaire pendant de longs mois, il semble qu’on ait affaire à peu près certainement, à des troubles fonctionnels durables sans grand espoir de régression ultérieure. Des scléroses secondaires définitives survivant vraisemblablement à la suppression du processus infectieux originel (obs. VII). ,