‹ Contribution à l'Étude de la Neuro-MélitococcieChapitre 30 sur 53 · A AP RER · texte numérisé non relu

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particulière gravité et évoluer comme une méningite de la base, en moins d’une semaine vers la mort (Cantaloube, Lemanski). Il est très regrettable que ces cas incomplètement analysés, ne comportent pas de ponction lombaire nous privant ainsi d’un renseignement précieux.

L’hémorragie méningée au cours de la mélitococcie apparaît comme une éventualité tout à fait exceptionnelle. Deux cas seulement sont signalés dans la littérature. Celui de Souleyre paru en 1910 et un plus récent de Roziès, que

mentionne H. Roger dans le «Journal Médical Francais » de mai 1929.

Chez ces deux malades qui présentaient un syndrome méningé clinique nettement caractérisé, le diagnostic d’hémorragie méningée fut révélé par la ponction lombaire qui ramena un liquide franchement hémorragique.

Dans l’observation de Souleyre, après une complication myélitique, l’évolution se fit vers la guérison. Par contre, dans le cas de Roziès, le malade suecomba rapidement au dix-septième jour de la maladie, au Cours d’une crise convulsive.

B. —— RÉACTIONS MÉNINGÉES MÉLITOCOCCIQUES

Contrairement à ces véritables méningites, les réactions méningées mélitococciques ne se traduisent que par un syndrome liquidien isolé avec hyperalbuminose et hypercytose très souvent intenses, alors que les symptômes d'atteinte méningée, sont cliniquement très discrets ou même absents.

Elles se rencontrent au cours des localisations mélito- cocciques nerveuses, comme nous l'avons vu précédem-

inent et au cours des localisations osseuses; elles peuvent apparaître même isolément.

a) Au cours des localisations nerveuses. — Cette éventualité nous est parfaitement connue. Nous avons signalé leur importance dans la méningo-radiculo-névrite où associée à une paraplégie flasque périphérique, elle réalise une entité syndromique spéciale, rappelant le syndrome radiculo-névritique de Guillain et Barré.

Nous avons vu également qu’elle constitue avec les spasmes vasculaires cérébraux et la surdité, le trépied symptomatique du syndrome méningo-encéphalique, si caractéristique de la mélitococcie. Nous avons constaté en outre, mais d’une facon moins constante et avec un degré d'intensité souvent moindre qu’elles accompagnent quelques cas de myélite, de névrite périphérique (sciatique en particulier). |

Ces réactions méningées s’apparentent imdiscutablement aux arachnoïdites adhésives. Certains de leurs caractères, en effet: la xanthochromie, l’hyperalbuminose en général, plus importante que la réaction cytologique concomitante, plaident en faveur d’un blocage rachidien.

Ce cloisonnement méningé que l’examen physique et chimique du L. C. R. permet à lui seul de suspecter à pu être précisé par la manœuvre de Queckenstedt, les ponctions lombaires étagées, et en dernier lieu objectivé radiologiquement par le lipiodo-diagnostic intra-rachidien.

Le Professeur H. Roger, pratiquant ces épreuves chez quelques-uns de ses malades atteints de radiculo-névrites, a pu conclure chaque fois à l’existence de brides méningées créant des cloisonnements multiples mais incomplets des espaces sous-arachnoïdiens.

Les ponctions lombaires étagées (obs. 13) montrèrent une hyperalbuminose du liquide inférieur plus importante

GPAOO Le que celle du liquide supérieur. Il est même très vraisemblable que des ponctions plus hautes, comme le fait remarquer H. Roger, auraient révélé des différences encore plus nettes.

L'étude tensionnelle au manomètre de Claude montra dans un cas (obs. 12) une pression originelle basse (8 cm.), s’élevant graduellement de quelques chiffres à peine après compression des jugulaires avec chute minime ou sans chute consécutive. Dans un autre cas (obs. 15) si la différence entre la tension initiale et la tension obtenue après compression des jugulaires est normale, l’ascension et la descente du niveau liquidien se révèlent par contre d’une très grande lenteur.

L'épreuve lipiodolée fut également très démonstrative. Le lipiodol injecté par voie sous-arachnoïdienne au niveau de la région dorsale inférieure descendit lentement jusqu’à Ja partie terminale du rachis, mais demeura en grande partie égrené sur toute la région lombaire.

Dans ie cas que nous rapportons (obs. IV) les renseignements fournis sont encore plus caractéristiques. Ils révèlent une .sténose rachidienne complète, siégeant au niveau de la deuxième vertèbre lombaire.

Signalons que dans notre cas de syndrome méningoencéphalique une injection de lipiodol sous-occipital nous permit d’arriver aux mêmes conclusions (voir page 83). Une autre preuve de la nature cloisonnée de ces proces-

sus méningés est fournie par la rapide guérison survenue après une simple trépanation décompressive chez un mélitococcique de Roger atteint d’un syndrome grave d’hypertension de la fosse cérébelleuse grave (obs. 61).

En présence d'arguments aussi décisifs, le caractère plus ou moins sténosant de ces réactions méningées mélitococciques ne nous paraît pas douteux. Cette notion nous

100 << permettra de solutionner de la façon la plus rationnelle le problème pathogénique des principaux syndromes neuro-. mélitococciques.

Faisons remarquer maintenant, comme très spécial à la fièvre de Malte, que ces méningites adhésives ne se traduisent que très rarement par la dissociation albumino-cytologique habituelle ; sans doute l’hyperalbuminose l’emporte le plus souvent sur l’hypereytose, mais celle-ci est fréquemment intense. Semblable constatation ne saurait être en contradiction avec la notion d’un blocage arachnoïdien. Elle ne fait, somme toute, que préciser sa nature particu-" lièrement inflammatoire.

b) Au cours des localisations osseuses. — On peut observer des réactions méningées plus discrètes au cours des manifestations vertébrales (spondylite), traduisant la shnple irritation des méninges par un processus extraméningé localisé, en général peu actif.

Ces spondylites de siège presque exclusivement Lane | se présentent actuellement sous deux aspects: le premier individualisé par H. Roger et ses élèves, est présentement parfaitement connu. Il se traduit cliniquement par des «ouleurs Jombaires spontanées ou irradiées dans les membres inférieurs, de la rigidité vertébrale avec contracture bilatérale des muscles spinaux. L’examen radiologique est en général négatif; il ne révèle qu’exceptionnellement un léger aplatissement des disques intervertébraux toujours sans lésion osseuse évidente. L’exploration neurologique montre par contre assez souvent, non seulement des signes d’irritation douloureuse des funiculi sacrolombaires avec algies sciatiques ou crurales symptomatiques, mais encore quelques discrets symptômes d’irritation pyramidale (hyperréflectivité, léger déficit moteur). C’est à peu près exclusivement dans ces cas avee manifes-

tations nerveuses associées que la rachicentèse permet de déceler une réaction albumino-lymphocytaire. Celle-ci, exceptionnellement parallèle et très souvent dissociée (1 gr., 1 gr. 25 d’albumine pour 1 à 5 éléments cellulaires), est la formule rachidienne le plus communément rencontrée. Des taux d’albumine inférieurs sont fréquemment observés.

Le second type de ces localisations vertébrales, de description toute récente à été étudié par notre maître, le Professeur L. Rimbaud et le Professeur P. Lamarque et dénommé « mal de Pott mélitococcique > en raison de sa remarquable similitude clinique et radiologique avec le mal de Pott tuberculeux: écrasement et disparition du disque intervertébral, ostéite manifeste des corps vertébraux en sont les caractères radiographiques dominants ; Il ne s’en distingue que par l’évolution relativement rapide vers la guérison.

Cette ostéo-arthrite mélitococcique peut s'accompagner également de modifications du liquide céphalo-rachidien du type dissociation albumino-cytologique. Dans le cas princeps publié, on retrouve, malgré la ponction lombaire tardive, effectuée-en pleine convalescence,une légère hyperalbuminose (0 gr. 50). Dans un autre cas encore inédit que nous suivons dans le service du Professeur L. Rimbaud, et qui fera incessamment l’objet d’une publication, la ponction lombaire révéla un liquide xanthochromique très albumineux (2 gr. 20), alors que la cytologie ne montrait que 9 éléments.

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