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CHAPITRE PREMIER

LES NÉVRITES MÉLITOCOCCIQUES

Les manifestations nerveuses de la mélitococcie les plus anciennement connues sont les algies.

La douleur revient, en effet, comme un Leit- M à la lecture et à l’examen de la majorité des cas cliniques de mélitococcie. Associée aux sueurs abondantes, à l’asthénie physique, elle constitue le cortège symptomatique, désormais classique, qui accompagne la fièvre, manifestation majeure de l’infection. Sous cette appellation générale de douleurs se groupent pêle-mêle, des lésions diverses disséminées aux quatre coins de l’organisme; selon leur topographie on les considère comme musculaires, articulaires, osseuses, nerveuses. De ces déterminations algiques, nous ne retiendrons, bien entendu que les manifestations nettement névralgiques.

À, — LA SCIATIQUE MÉLITOCOCCIQUE

Parmi les algies périphériques liées à la fièvre ondulante, la sciatique apparaît indiscutablement de beaucoup la plus fréquente, Aussi, nous paraît-il indispensable d’en donner une étude clinique assez complète.

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Fréquence. — Eyre, dans un travail d’ensemble sur la mélitococcie paru en 1908, en Angleterre, mentionne une courte phase sciatalgique aiguë de quelques jours à peine de durée, à laquelle fait suite une évolution chronique, entrecoupée de poussées aiguës, en rapport avec lès modifications atmosphériques.

Cantaloube dans sa remarquable et si complète monographie sur la fièvre'de Malte, basée sur 152 cas, signale la souffrance du nerf sciatique vingt-cinq fois, alors qu’il ’a rencontré la névralgie intercostale que onze fois, la névralgie faciale six fois, la névralgie occipitale six fois. I] a même l’impression que ce nombre de vingt-cinq cas est inférieur à la réalité et ne donne de la fréquence de la sciatalgie méditerranéenne qu’une idée trompeuse; celle-ci a souvent manqué de contours précis et n’a présenté que rarement la netteté de la « névralgie rhumatismale » banale, le processus douloureux débordant fréquemment le territoire du sciatique pour s’étendre à la totalité du membre inférieur. Aussi n’hésite-t-il pas d’ajouter à ces 25 cas, 26 névralgies globales du membre inférieur (21 o bilatérales, 3 fois droites, 2 fois gauches).

Dargein, dans un article consacré à l’étude clinique dé la mélitococcie, paru en 1920 dans les («Archives de Médecine et de Pharmacie navale », cite dans une phrase laconique, au paragraphe traitant des douleurs en général, les névralgies intercostales et les algies sur le trajet du sciatique. [1 n’en indique ni la fréquence ni les caractères.

Duran de Cottes se borne à mentionner la fréquence de : la sciatique sans donner de détails plus précis. S

Goiny (de Pignan), signale cette même sciatique 6 fois sur 36 cas de mélitococcie qu'il a eu l’occasion de rencontrer dans sa clientèle en six ans.

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Mais si tous ces auteurs ont attiré l’attention sur l’exis- tence et la fréquence relative de cette manifestation mélitococcique, peu en ont fait une étude même succincte. Ce n’est que tout dernièrement, en 1929, par un artiele très documenté du « Marseille-Médical », que le professeur H. Roger, comble cette lacune.

Nous rapportons plus loin un cas particulièrement démonstratif de sciatique mélitococcique que nous avons observé dans le service de notre Maître, M. le Professeur L. Rimbaud.

Au deuxième mois FE mélitococcié, cliniquerent et sérologiquement démontrée, apparition d’une sacro-coxite gauche à laquelle fait suite trois semaines plus tard, un syndrome sciatalgique homolatéral d’une.surprenante acuité. Après un mois de phase aiguë cette sciatalgie s’amende, cependant que s’installe une violente lombalgie avec raideur vertébrale importante, immuable pendant deux mois. Par la suite les divers symptômes rétrocèdent et au onzième mois de la maladie, le malade complètement guéri ne présente comme toute séquelle, qu "une aréflexie bilatérale (obs. 1).

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