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CHAPITRE Il

LES POLYNÉVRITES MELITOCOCCIQUES

Elles sont assez rares. Trois cas seulement à notre connaissance ont été publiés, et tous par des auteurs montpelliérains. Nous rapportons ici deux observations encore inédites :

Un de nos malades (abs. IT), présente au dixième mois d’une fièvre de Malte sévère, un syndrome polynévritique des membres inférieurs, du type sensitivo-moteur; une paraplégie flasque, rapidement complète, avec hypotonie, paresthésies, douleurs vives à la pression des masses musculaires, hypoesthésie aux trois modes, amyotrophie, æœdème des jambes.

Un traitement à la gonacrine, influence l’évolution du syndrome qui régresse progressivement; trois mois après le début, la guérison était complète.

Chez l’autre malade (obs. IIT), il s’agit d’une quadraplégie polynévritique, prédominant au niveau des membres inférieurs. - .

Au quatrième mois d’une mélitococcie, apparition d’une paraplégie flasque, plus marquée du côté gauche, avec aréflexie tendineuse, paresthésies, douleur à la pression des muscles, amyotrophie, dégénérescence partielle du

CORRE “ æ crural et du sciatique gauches, sans trouble objectif de la sensibilité, et d’une diplégie relative des membres supérieurs, avec abolition des réflexes à l’exception du bicipital aroit. | Un mois après, l'amélioration s’amorce; quelques mois après, la guérison était complète.

DATE D’APPARITION. — Habituellement, elles apparaissent comme une complication relativement tardive de la maladie (du troisième au sixième mois en moyenne). Il est exceptionnel, qu’elles fassent partie de la période de début.

Erupg CLINIQUE. — La polynévrite mélitococcique réalise en général le éableau sensitivo-moteur classique avec paralysie plus ou moins complète, abolition des réflexes tenüineux, douleurs vives spontanées et surtout provoquée: par la pression des troncs nerveux et des masses musculaires, paresthésies à type de fourmillements et d’engourdissements, hypoesthésie à tous les modes, parfois même anesthésie complète (obs. IT et IT).

Mais dans certains cas elle peut être à prédominance rmettement motrice; les manifestations sensitives étant réduites à leur minimum à quelques douleurs, à quelques sensations paresthésiques passagères; la paralysie est alors le plus souvent localisée et frappe surtout le sciatique poplité externe ou le crural (obs. 9).

Exceptionnellement, elle revêt la forme « pseudo-tabétique » décrite par Déjerine; les troubles de la sensibilité subjective (douleurs, paresthésies) et surtout de la sensibilité objective (anesthésie) sont alors au premier plan de la scène neurologique, et conditionnent des troubles moteurs importants du type ataxique avec talonnement,. balancement des jambes en avant et en dehors, perte même de l’équilibre (obs. 10).

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Comme dans tout syndrome polynévritique, à ces manifestations sensitivo-motrices s'associent des froubles trophiques importants: habituellement de l’atrophie musculaire, toujours localisée au muscle frappé d’impotence, parfois des œdèmes angioneurotiques considérables siégeant bilatéralement à l’extrémité des membres inférieurs ou remontant même jusqu’à mi-cuisse (obs. IT, 10 et 12).

Habituellement localisée aux membres inférieurs, la polynévrite a pu, dans un de nos cas (obs. IIT), s'étendre aux membres supérieurs et réaliser une quadriplégie.

EXAMEN ÉLECTRIQUE. — Les modifications des réactions électriques sont habituelles. Elles se caractérisent en général par de l’hypoexcitabilité galvanique et faradique des nerfs et de leur territoire musculaire; mais les réactions de dégénérescence sont loin d’être exceptionnelles.

EvozurTion. — L’évolution de ces polynévrites, malgré la gravité de certains états, avec impotence complète, a toujours été favorable. Elles régressent en général au bout de quelques mois spontanément ou plus rapidement en quelques semaines, sous l'influence d’un traitement électrique et aboutissent à une complète guérison. Il persiste simplement dans quelques cas de l’aréflexie tendineuse.

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