TRAVAUX DE PRIANISCHNIKOW SUR L’EXCRÉTION DE NH
Mais on ne peut quitter cette question sans aborder les travaux de PRIANISCHNIKOW quoique ceux-ci soient relatifs aux végétaux supérieurs.
PRIANISCHNIKOW (46 à 51) a observé à plusieurs reprises l’excrétion d’ammoniaque par les racines des plantes en expérience et il a précisé quelques-unes des conditions qui président au phénomène.
Il résulte de ses plus récents travaux (PRIANISCHNIKOW et IvANOvA) (52 et 53) que cette «sortie » se produit dans les cas suivants :
1°) quand les plantes (pois, lupin) sont placées dans une solution fortement acide (pH 2 à 3).
2°) quand on utilise comme source d’'N, un sel physiologi-
Pre
quement acide, ce qui entraine une acidification du milieu (cf. cas précédent).
3°) en présence des anesthésiques,
1°) par l’inanition, ce qui amène la disparition des glucides (étiolement),
5°) quand il y a disproportion entre l’afflux d’azote (sous forme de NH* ou de NO) et l’apport des glucides.
Tous ces faits s'expliquent suivant PRIANISCHNIKOW par un mécanisme unique qu’il a longuement étudié.
a) Pour PRIANISCHNIKOW l’NH* qui est le point de départ de la synthèse protéique se comporte néanmoins comme un toxique pour la cellule végétale ;
b) celle-ci est capable de neutraliser l’ammoniaque soit par neutralisation au moyen d’acides organiques, soit par formation d’amides, la plus courante étant l’asparagine.
Mais les molécules hydro-carbonnées qui sont utilisées pour la & détoxication » de NH* proviennent en dernière analyse de la dégradation des glucides. Si ceux-ci manquent ou sont en quantité insuffisante (cas 4 et 5), la cellule ne peut éliminer NH qui s’accumule dès lors dans la cellule et ne peut que se déverser dans le milieu extérieur.
Dans les cas 1 et 2 la forte acidité du milieu extérieur troublant le métabolisme de l’azote empêche la formation des amides et conduit à un même résultat (d’après MEvIus).
«Les acides, disent MEVIUS et ENGEL, se comportent comme des anesthésiques suspendant toutes les réactions de synthèse et notamment la formation des amino-acides et de l’asparagine».
6° HYPOTHÈSES DE MEVIUS.
MEVIUS a eu le mérite de donner une explication physicochimique du phénomène qui paraît général et s’applique à tous les cas connus (38 à 40).
L’ammoniaque présente dans la cellule (libre ou à l’état de sel d’origine exogène ou endogène), y prend un état de dissociation réglé par le pH cellulaire (suc cellulaire ou protoplasme).
D’après ce que nous savons le suc cellulaire a une réaction neutre où légèrement acide, Dans un tel milieu une portion rela-
Ne
tivement élevée de NH° existe à l’état de NH*OH, non ionisé, par suite du phénomène d’hydrolyse. Si le milieu extérieur est très acide, comme dans les deux premiers cas étudiés par PRIANISCH- NIKOW la concentration de NH à l’état moléculaire y est nulle. Comme la molécule NH#OH (ou mieux NH) passe très vite à travers les pores de l’ultra filtre que constitue la membrane, l'équilibre entre le milieu extérieur et intérieur tendra à se rétablir par passage du NH intérieur vers la solution.
Le mouvement de NH* dans ce sens s’observera même si la concentration globale en NH (salifiée et libre) est la même des deux côtés. Il continuera tant que le produit NH4 X OH est plus élevé dans la cellule qu’à l'extérieur.